© AFPLe ministre de l'Immigration Eric Besson a annoncé qu'il refuserait de signer les décrets d'application de la loi permettant le recours à des tests ADN pour vérifier la filiation de candidats à l'immigration au titre du regroupement familial. "Je ne signerai pas ce décret d'application, pour une raison simple. Je ne suis pas en mesure dans les délais impartis par la loi, le 31 décembre prochain, de respecter l'esprit et la lettre de la loi", a-t-il dit dimanche sur Europe 1.
Il a rappelé qu'avaient été promises la confidentialité et la sécurité des données recueillies dans le cadre de ces procédures, mais que l'état des moyens de la diplomatie française ne le permet pas, a-t-il dit. "Nos consulats ne sont pas équipés pour ces tests génétiques", a-t-il dit, pointant un "risque d'évaporation ou de constitution de fichier". Il appelle donc à un report d'un an ou de deux ans du délai d'expérimentation. Il a déclaré avoir averti le Premier ministre François Fillon de sa position.
Copé désapprouve
Mais lundi, Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, qui marque souvent sa différence avec Nicolas Sarkozy au sein de la majorité, a contredit le ministre de l'Immigration Eric Besson. "Il faut que chacun soit bien conscient tout de même qu'il
s'agit d'une loi votée et que lorsque la loi est votée, les gouvernements ont l'obligation de mettre en oeuvre les décrets d'application", a-t-il expliqué sur France 2.
Ecoute Jean-François Copé :
Dès les débats parlementaires en 2007, de vives critiques s'étaient exprimées de toutes parts contre cette mesure, qui a été finalement approuvée dans une loi sur la "maîtrise de l'immigration" avec de très importantes restrictions. La mesure ne pourra s'appliquer d'emblée à l'Algérie, au Maroc et à la Tunisie.
Un test génétique ne pourra être pratiqué qu'avec l'accord de la personne concernée, et devra être approuvé par un juge français. Ils ne concerneraient en outre que la filiation avec la mère, seraient gratuits et ne seraient employés que pendant une période probatoire, jusqu'en 2010. Dans ces limites, la procédure serait très limitée, mais la gauche continue de la critiquer, considérant qu'elle revient implicitement à désigner tous les candidats à l'immigration comme des fraudeurs potentiels.
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