Un "accident du travail" entre Copé et Bertrand

Par , le 24 septembre 2009 à 17h43 , mis à jour le 01 octobre 2009 à 16h29

En direct du Touquet - Le patron de l'UMP critique la manière dont le patron du groupe UMP a mis en débat la taxation des accidentés du travail. Les députés sont partagés.

[Expiré] [Expiré] Xavier Bertrand UMP © AFP

"Au nom de la RGPP (la Révision générale des politiques publiques), on peut aussi supprimer le gouvernement, ça va plus vite". Xavier Bertrand a choisi l'humour pour dire le peu de bien qu'il pense de la méthode Copé sur la taxation des accidentés du travail. Jeudi en milieu de journée, le secrétaire général de l'UMP critiquait, sans le nommer, le solo du patron des députés UMP dans cette affaire.

C'est en début de semaine que Jean-François Copé a pris l'initiative surprise de remettre au goût du jour l'idée récurrente de fiscaliser les indemnités pour accident de travail. "C'est de la coproduction  budgétaire et cela rapportera environ 150 millions d'euros", s'était-il félicité. Depuis, la gauche s'emporte bien évidemment. Plus rare, ce "coup" de Jean-François Copé passe mal au sein du groupe UMP qui conteste à la fois la forme, et le fond.

"Il faut que Copé nous parle"

La forme ?  "Il ne peut pas annoncer ses trucs sans nous en parler avant, alors qu'il plaide sans arrêt pour la coproduction", explique le député UMP Eric Raoult à LCI.fr. Le libéral Claude Goasguen évoque "une proposition qui peut être parfaitement défendue" mais regrette le cavalier seul du député-maire de Meaux : "Il faut que Copé nous parle de ses propositions avant de les faire".

Sur le fond, la critique est venue du président de l'Assemblée nationale mercredi soir sur LCI. Interrogé par Michel Field, Bernard Accoyer s'est dit "mal à l'aise" avec cette proposition d'origine parlementaire. Il trouve le moment mal choisi alors que la crise frappe les plus modestes, et donc aussi les accidentés du travail. "Il est très rare qu'il fasse entendre sa différence", confie son entourage. "Mais sur ce sujet, on touche à l'humain. Il faut une concertation avec les syndicats". Bernard Accoyer est médecin de profession. Pour sa part Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des Affaires sociales, est circonspect : "Je n'ai pas pris ma décision. J'estime que poser le problème n'est pas illogique".

"Gare à la sortie de route"

Jeudi matin, le ministre des Comptes publics Eric Woerth a tenu à préciser que sur ce dossier, il s'agissait bien "d'une initiative parlementaire". Manière de bien mettre le président du groupe UMP face à ses responsabilités.

Si Nicolas Sarkozy s'est dit mercredi soir sur TF1 favorable à la proposition de taxation des accidentés du travail, il n'a en revanche pas précisé le "besoin de concertation", laissant à Xavier Bertrand le soin de faire le boulot. Remarque d'un député copéiste sur ce dossier : "Jean-François a fait monter efficacement la pression avec les journées parlementaires, mais gare toutefois à la sortie de route".

Tollé dans l'opposition et chez les syndicats

Michel Sapin, secrétaire national du PS chargé  de l'économie, a parlé de "double peine" pour les salariés victimes d'un accident du travail. Le président du Modem, François Bayrou, a jugé la mesure foncièrement injuste : une victime d'accident du travail perd déjà, a-t-il souligné, toute la partie de sa rémunération liée à l'activité, comme les primes et heures supplémentaires. Le porte-parole du Nouveau Centre, Maurice  Leroy, a jugé le projet "indécent". Marie-George Buffet (PCF) a accusé la majorité UMP de vouloir "faire payer le plus grand nombre" en ajoutant : "Chaque fois que quelqu'un parle d'égalité à l'UMP, c'est pour rabioter un  droit". Pour la CGT, Bernard Thibault a qualifié le projet de "scandaleux et honteux". Le syndicat Solidaires a fait remarquer que l'indemnité n'était pas un salaire, et ne représentait que 60% du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours d'arrêt, puis 80% ensuite. L'Association des paralysés de France, enfin, s'est dite "consternée".

Par Renaud Pila le 24 septembre 2009 à 17:43
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27 Commentaires

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  • Sam, le 01/10/2009 à 13h13

    à Alfred, de Dijon, je suis totalement d'accord avec vous! Messieurs Copé et Bertrand, comme cireurs de pompes de Monsieur le Président chef de l'Univers et Guide bien aimé des Français (ça va, c'est assez, j'évite le procès, dites moi Madame Morano...), ils se posent là. que l'UMP soit un parti moderne, je n'en doute pas une seconde, par contre que lui et la Droite en général servent l'intérêt des Français, c'est plus discutable... quand je pense qu'il ne faudrait même pas que la Gauche soit cohérente pour laminer cette Droite brutale dans les urnes... il suffirait simplement qu'elle soit PRESENTE... mais même ça, c'est trop lui demander.

  • MARY2, le 27/09/2009 à 18h17

    On ne fait pas exprès de se faire mal au travail , quoi que les accidents du lundi matin sans témoins sont souvent litigieux , mais on ne fais pas exprès non plus d'être au chômage, mais là on déclare les indemnités chômage aux impôts. pourquoi ??????????

  • Bob02500, le 27/09/2009 à 07h02

    La france nous manipule elle veut pas laisser paser ce que lon ecrit vive la liberté bo02500

  • John Duff, le 27/09/2009 à 04h15

    Je suis Sarkoziste mais la,j'avoue ne pas comprendre pourquoi on verse une pension aux accidentes du travail si c'est pour leur en soutirer une partie ensuite.Seraient ils trop bien dedommages.Dans ce cas,faisons en sorte que cette pension soit revue a la baisse pour les prochains accidentes du travail et que les aquis de ceux qui en beneficient actuellement soient preserves.

  • Alfred, le 27/09/2009 à 03h08

    Si un jour le gouvernement taxe la conneries, le déficit public de la France serait rapidement comblé par le gourvernement et ses députés§

  • Max, le 26/09/2009 à 18h54

    Nos parlementaires pourront augmenter leur pension de retraite avec la fiscalisation des accidentés du travail.

  • Jose, le 25/09/2009 à 17h15

    Mr COPE comme tous les politiques, ne risque pas de payer des impots sur les indemnités d'accident du travail, ILS NE TRAVAILLENT PAS.

  • Philippe, le 25/09/2009 à 14h09

    Ca sent la guéguerre politicienne : Copé n'a pas digéré que l'Assemblée Nationale soit reniée par Besson alors il se venge. Et qui sont les victimes de ces jeux puériles ? Nous.

  • L, le 25/09/2009 à 13h52

    Bertrand ou Copé... j'arrive pas à choisir lequel j'aime le moins...

  • Flash31, le 25/09/2009 à 13h18

    Monsieur Copé,je penses que vous n'avez eté jamais victime d'un accident du travail comme j'ai subit les deux jambes fracturées,2 mois de fauteuil roulant ,150 scéances de kiné(dont une vingtaine en piscine pour réaprendre a marcher)sans compter une phlébite,16 mois d'incapacité de travail,et tout ça 3 ans avant de prendre la retraite,puis arrive mon relevé de carriere 16 mois en accident ,5 trimestres validés mais non cotisés !!!!!!!!!!!!!!on n'est pas imposable en accident du travail pour l l'instant mais on ne cotise pas pour la retraite...

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