Nicolas Sarkozy, lors d'une conférence de presse, le 27 mars 2008, à Londres © TF1 - LCI 
> Comment, combien et pour qui ?
> Deux tiers des Français disent non
Le débat politique est et reste plus que houleux, à droite comme à gauche, les Français disent non à 66% (lire notre article)... et la position du président ne serait "pas arrêtée", dixit Cécile Duflot. Si les contours de la taxe carbone, censée être mise en place en 2010, se précisent depuis quelques jours, tout n'est pas décidé. Nicolas Sarkozy préside ce vendredi après-midi à l'Elysée une réunion interministérielle sur la future taxe carbone. Mais, selon la Verte Cécile Duflot, qui a été reçue par le président jeudi, Nicolas Sarkozy lui a affirmé que "les arbitrages sur la contribution climat énergie n'étaient pas rendus ni sur le montant ni sur les modalités de compensation". Selon la secrétaire nationale des Verts, le président a précisé que les arbitrages ne seraient "probablement pas rendus" pendant la réunion de vendredi et que "sa position n'(était) pas arrêtée".
Des déclarations qui interviennent au lendemain des précisions du Premier ministre. François Fillon assurait, dans un entretien au Figaro Magazine du week-end prochain mais rendue publique mercredi, que la taxe serait fixée initialement à 14 euros par tonne de CO2 (la commission Rocard avait proposé 32 euros), précisant qu'elle ne toucherait pas l'électricité. Seulement voilà, Nicolas Sarkozy "nous a dit qu'il n'avait pas lu" ladite interview de son Premier ministre, a assuré l'eurodéputé Jean-Paul Besset, d'Europe Ecologie et proche de Nicolas Hulot, également reçu jeudi à l'Elysée. "Ce qui veut dire très concrètement que l'interview du Premier ministre qui va être publiée dans le Figaro Magazine en fin de semaine n'est pas parole d'évangile, n'est pas inscrite dans le marbre", a-t-il ajouté, se félicitant que "tout reste ouvert et c'est dans cet esprit-là que nous voulons continuer à discuter".
Les 14 euros en grand débat
Pourtant, sur le fond, le président l'a dit jeudi matin, lors d'un déplacement dans l'Orne : "j'assume" la taxe carbone, "demain c'est trop tard, c'est aujourd'hui qu'il faut prendre des décisions". De son côté, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, a indiqué que le gouvernement "travaill(ait) actuellement à une redistribution à l'ensemble des ménages, pour éviter que ça ne constitue un nouvel impôt".
Et le débat et la cacophonie continuent en dehors du palais présidentiel... Avec cette nouvelle dissonance à gauche. Le député PS Manuel Valls, favorable à la taxe carbone, qui estime, dans La Tribune de vendredi, qu'il faut "refuser tout populisme dès qu'on touche à la fiscalité" et critique vivement Ségolène Royal dont les "déclarations étonnantes" montrent "une grave erreur d'appréciation". Autres réactrions de la journée, celle de Nicolas Hulot qui a estimé qu'arriver à la Conférence mondiale sur le climat à Copenhague "avec la tonne de CO2 à 32 euros, ça aurait de la gueule". Pour Michel Rocard, l'option de François Fillon (14 euros la tonne) est "un choix qui se comprend, mais qui a son prix". Jean-Marc Jancovici, un des promoteurs de la taxe carbone, lui, se dit "déçu" par ce montant, le comparant à de "l'eau distillée" pour soigner un cancer.
Jean-Pierre Chevènement, le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), s'est dit favorable à la taxe carbone "sous réserve qu'on rembourse les ménages défavorisés", afin que cette mesure environnementale ne devienne pas "anti-sociale". Et le président du FN, Jean-Marie Le Pen, a accusé le Premier ministre de se livrer à un "tour de bonneteau" en promettant de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires avec la taxe carbonne. "J'ai l'impression qu'on utilise un peu la thématique écologique pour faire autre chose. S'il s'agit de fiscalité écologique, parfaitement d'accord. S'il s'agit d'un impôt Sarkozy qui a d'autres finalités, pas d'accord", a pour sa part déclaré l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, en marge de l'université de rentrée du Medef.
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