Image d'archives © TF1/LCITous unis contre lui. Le Parti communiste, le Parti socialiste, le Parti de Gauche et le NPA ont réclamé mardi la démission du P-DG de France Télécom au lendemain du suicide d'un employé de l'entreprise publique. C'est le 24e depuis février 2008. Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a estimé pour sa part que le phénomène n'était pas spécifique à France Télécom et que l'ensemble des entreprises françaises devaient se saisir de ce "sujet de société".
Le P-DG de France Télécom Didier Lombard, qui s'est rendu lundi en Haute-Savoie où s'est produit le drame, a annoncé la fin du principe de mobilité des cadres au niveau national, systématique tous les trois ans. L'homme de 51 ans qui s'est donné la mort lundi à Alby-sur-Chéran après avoir été muté mettait en cause les pratiques de l'entreprise dans une lettre laissée à son épouse.
"Des objectifs inatteignables"
"M. Lombard devrait avoir la décence soit de démissionner soit au moins de se taire et de ne pas faire les opérations de communication qu'il est en train de faire maintenant", a déclaré Olivier Besancenot sur LCI. "Aujourd'hui, il ne s'agit pas simplement de prendre des mesures partielles sur la mobilité (...), il faut s'attaquer à la cause de la mobilité, c'est-à-dire les suppressions d'emplois, les méthodes managériales", a dit le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Les députés communistes, républicains et du Parti de Gauche ont, dans un communiqué, abondé dans le même sens.
Pour Bernard Thibault, les salariés à France Télécom et dans d'autres entreprises en France sont aujourd'hui "seuls". "Ce qui est en cause à France Télécom, comme dans beaucoup d'entreprises, c'est l'approche que l'on fait du travail et surtout du salarié, à qui l'on demande de plus en plus d'atteindre des objectifs inatteignables", a estimé le secrétaire général de la CGT sur RMC et BFM TV.
Un immeuble anti-suicides ?
Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a déclaré sur Europe 1 que cette succession de drames lui inspirait "une leçon". "C'est que plus on transforme, plus il faut mettre les gens et l'humain au centre de la transformation", a-t-il expliqué. Soulignant ne pas avoir "de leçon à donner à France Télécom", le dirigeant de la SNCF, entreprise publique, a noté une différence avec le groupe de télécommunications : "On a une médecine d'entreprise". "On a chez nous une médecine de soins qui soigne les salariés et qui prend en compte le stress, l'anxiété et les dépressions. Pour nous, c'est un point très important."
Pour l'ancien ministre des Relations sociales Xavier Bertrand, il faut que "tous les dirigeants, tous les managers soient formés à cette question du stress, de la souffrance au travail et de la prise en compte du risque de suicide". "Il faut essayer avec les partenaires sociaux, avec la direction de trouver les bonnes solutions. Ce n'est pas un sujet facile", a dit le secrétaire général de l'UMP sur France Inter. "Je ne crois pas qu'on puisse dire que c'est France Télécom exclusivement", a-t-il ajouté, jugeant que la démission de Didier Lombard n'était pas "le sujet".
Selon Europe 1, France Télécom s'apprête à ouvrir en Seine-Saint-Denis un immeuble aménagé spécialement pour prévenir les risques de suicides. La radio cite au nombre des aménagements des rehaussement de rambardes, des fenêtres condamnées. Ces 32.000 mètres carrés de bureaux sont situés à proximité du Stade de France, près de Paris, selon Europe 1.
(D'après agence)
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