Brice Hortefeux à l'université d'été de l'UMP à Seignosse en septembre 2009 © Olivier LEVARDOn ne s'attendait pas à ça venant de ce côté-là. Mais Jack Lang est du genre à surprendre. Le député PS du Pas-de-Calais a apporté son soutien à Brice Hortefeux, fragilisé par la polémique sur ses propos équivoques à l'égard d'un jeune militant UMP d'origine arabe, filmés lors de l'université d'été de l'UMP à Seignosse (Landes). Selon Jack Lang, qui répondait aux questions du Parisien samedi, le ministre de l'Intérieur "n'a jamais cédé à des instincts racistes".
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L'ancien président a été filmé à Bordeaux par Canal+, mettant en doute les origines locales d'un jeune d'origine maghrébine.
Publié le 24/11/2009
Pour l'ancien ministre de la culture de François Mitterrand, fidèle appui de SOS Racisme, l'affaire de la vidéo a été montée en épingle. Pour Jack Lang est d'ailleurs catégorique : "Je le connais depuis très longtemps, c'est un homme honnête. Je ne suis pas d'accord avec la politique qu'il a menée à l'immigration, mais j'ai de la sympathie personnelle pour lui. Il n'a jamais cédé à des instincts racistes. Cet incident a été (...) probablement très mal interprété. Les choses s'emballent dans ce genre d'affaire... "
"Sur le mode de la plaisanterie"
Un peu plus logiquement, c'est le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui s'est fendu dans l'édition de samedi du Journal du Dimanche, d'un petit mot gentil pour Brice Hortefeux. Guéant "trouve injuste qu'on accuse Brice de racisme", en commentant le tollé suscité par ses propos ambigus. Dans son interview au JDD, le secrétaire de l'Elysée estime qu'il est "toujours facile d'accuser en utilisant des propos hors de leur contexte". Pour lui, "une conclusion s'impose" au regard de la polémique entourant Brice Hortefeux : "on ne peut plus faire des plaisanteries spontanées dans un monde où tout le monde, tout le temps, est filmé".
Autre soutien de taille au ministre de l'Intérieur, celui du recteur de la Grande mosquée de Paris. Dalil Boubakeur a tenu à "manifester à Brice Hortefeux tout (son) soutien personnel, tant la probité de ce ministre et son contact ont été gratifiants pour les Musulmans d'Auvergne, une région de France pour laquelle nous partageons un très grand attachement". Interrogé sur la vidéo et sur la phrase du ministre qui a déclenché la polémique, Dalil Boubakeur a déclaré qu'il n'attachait "pas d'importance à ce qui est lancé comme ça, à la cantonade, sur le mode de la plaisanterie".
"Volonté de nuire"
Enfin, et comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, c'est le ministre de l'Intérieur en personne qui a tenu à répondre aux questions de Libération. Dans cette interview exclusive, Brice Hortefeux assure être "scandalisé par l'exploitation hallucinante de cette affaire". Pour lui, ses commentaires ne visaient aucune communauté ethnique. Il ajoute avoir été "outré par cette tentative de lynchage médiatique", estimant que "ceux qui ont diffusé la vidéo ont une volonté de nuire". Au sujet d'éventuelles excuses à ceux qui auraient pu être blessés par ses paroles, le ministre de l'Intérieur est clair : "Pour qu'il y ait excuse, il faudrait qu'il y ait culpabilité ou faute", déclare-t-il.
La suite de la journée a apporté son lot de réactions samedi encore. SOS Racisme appelle samedi dans un communiqué Brice Hortefeux à revenir "sur ses propos le plus rapidement possible" et menace de "suspendre sa participation à la commission Jeunes-Police", tandis que l'Unsa-police a apporté "son soutien" au ministre de l'Intérieur et "s'interroge sur la polémique que voudraient initier certains médias suite à la vidéo diffusée" concernant "les propos supposés injurieux et racistes" du ministre "à l'égard d'un jeune issu de l'immigration".
Après le PS, les jeunes démocrates (MoDem) ont réclamé à leur tout la démission de Brice Hortefeux en évoquant "une provocation de l'autorité sur une partie de la population". L'ancien Premier secrétaire du PS, François Hollande, a estimé : "peut-être que l'explication est encore pire que l'écart de langage". Mais, a-t-il ajouté : "Quand on fait une bêtise - ça peut arriver -, la meilleure façon d'y répondre, c'est de s'excuser et c'est ce qu'il aurait dû faire pour clore une polémique qui n'aurait jamais dû naître".
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