François Bayrou, lors de son discours de clôture de l'université d'été du MoDem, le 6 septembre 2009 © TF1-LCI L'offre d'alliance aux régionales de Ségolène Royal a pris le MoDem de court. Réponse de François Bayrou : c'est non. "L'arc central" de Bayrou suscite des réactions divergentes : Royal (PS) propose au MoDem une alliance pour les régionales en Poitou-Charentes dès le 1er tour. Mais Cécile Duflot (Verts) refuse les "combinaisons au sommet". La Congrès qui se tient ce week-end à Arras doit permettre de valider un projet politique qui était très attendu par des adhérents parfois perplexes. Sera aussi évoquée l'échéance des régionales. Le président du MoDem, interviewé dans Le Figaro, appelle de ses voeux un "grand arc central" au sein du paysage politique, dans lequel se retrouveraient socialistes, écologistes et droite sociale.
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"Le but de cette université, ce sont les idées claires." Il a commencé en reprenant le terme utilisé depuis une semaine par Martine Aubry notamment, mais aussi Cécile Duflot : la "clarté", pour réclamer à François Bayrou de se positionner désormais. Le leader du MoDem a clôturé dimanche l'université d'été de son parti à la Grande Motte en répondant, comme il l'avait promis, à l'opposition, après une quarantaine de minutes sur le fond de la pensée centriste, juste interrompues par... une mouche ! "Il y a une mouche qui est tombée amoureuse de moi ?! Et qui me poursuit de ses assiduités...", a lancé François Bayrou, évoquant même une scène similaire dans la BD Astérix. Rires. Puis une réponse à une accusation : "Je lis que je serai anti-sarkozyste, je réponds : je ne suis en rien contre Nicolas Sarkozy, mais suis en tout contre ce que fait Nicolas Sarkozy pour la France."
Enfin, arrive la réponse tant attendue. "J'en viens, pour satisfaire les observateurs, aux questions brûlantes". Mais encore quelques minutes de patience, histoire d'expliquer la suite : "Il y a ceux qui se résignent à voir ce régime avec ses injustices (...) s'installer pendant 10 ans ; 2007 - 2017 ; et ceux qui ne l'acceptent pas, qui signent pour une alternance pour une société plus juste". "Le pouvoir actuel a d'immenses forces de son côté (...) Il n'est pas trop de 2 ans (...) pour faire notre devoir : construire une alternance crédible."
Après la main tendue vendredi, l'offre publique de dialogue
Et voici la proposition du leader du MoDem : "Je fais en votre nom (les militants) une offre publique de dialogue entre tous ceux qui ont la volonté d'alternance." Car, explique-t-il, "la première marche vers une alternance crédible, c'est la reconnaissance et (...) accepter que nous soyons différents les uns des autres".
Mais, deuxième étape de la réponse de François Bayrou : "J'entends la Première secrétaire du PS dire à notre endroit ‘veuillez bien dire que vous être à gauche avant'". Non, réplique-t-il. "Dans ce dialogue, chacun doit venir avec ce qu'il est", car "dialoguer ce n'est pas forcément être d'accord, c'est accepter l'idée que même les désaccords peuvent être constructifs dans le but à atteindre".
Pas d'obligation de résultat
"Tous ceux qui disent ‘je n'accepterai de parler avec vous que si vous vous ralliez', tous ceux là travaillent en fait pour que le régime actuel dure 10 ans (...) Si vous ne parlez qu'avec des gens qui sont d'accord avec vous, vous êtes sûr en politique de perdre". Et de prévenir : "Si ce dialogue se noue, il y a et il y aura des désaccords". Exemple : la proposition de Martine Aubry de "la mise sous tutelle des entreprises qui licencient est d'un autre temps".
Discutons donc, dit-il, avec ce point commun à tous, le refus des inégalités, mais sans perdre les identités de chacun. Comme un dialogue sans condition et sans obligation de résultat. "Après on verra où sont les convergences et les divergences. Quand il y aura des divergences, qui tranchera ? C'est très simple, les Français. C'est à cela que sert le premier tour des élections, le premier tour des grandes élections. C'est la démocratie". En clair, François Bayrou ne participera donc pas aux primaires de la gauche pour la présidentielle, mais ouvre une voix possible pour les régionales.
Toujours des doutes sur sa véritable place sur l'échiquier politique ? Invité dimanche du 20h de TF1, François Bayrou a précisé : "on n'a pas besoin d'être de gauche pour être contre la politique actuellement suivie en France". Et d'ajouter : "Je ne suis pas dans une démarche d'appareil à appareil. Ce n'est pas du tout la même chose de se regarder en chiens de faïence, de passer son temps à se soupçonner, et de se mettre devant les Français à parler ensemble", a-t-il ajouté, demandant "qu'on se reconnaisse et accepte, même différents" et rappelant qu'il "ne pose aucune condition".
Reprenant les termes employés au même moment par le président du MoDem, l'eurodéputé PS Vincent Peillon a prôné dimanche le "rassemblement" de l'opposition "parce qu'il faut une majorité alternative à Nicolas Sarkozy".
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