Ségolène Royal, à Montpellier pour fêter la fraternité, le 19 septembre 2009 © Ségolène Royal, à Montpellier pour fêter la fraternité, le 19 septembre 2009Il y a un an, ses partisans rassemblés au Zénith reprenaient en choeur le désormais fameux "Fra-ter-ni-té". Ségolène Royal réunissait ce samedi ses troupes, de nouveau à l'occasion de la Fête de la fraternité. Une fête qu'elle a célébrée cette fois à Montpellier. Accueillie comme l'an dernier telle une rock star par quelque 2.000 participants, la présidente de Poitou-Charentes s'est frayée un chemin dans la foule, sous les applaudissements et les cris de "Ségolène présidente", "Tu es la meilleure !", "On t'aime !".
Point de concert cette année, de paillettes zénithales, de "one woman show". Cette fois un discours plus classique, en extérieur, avec sur l'estrade autour d'elle des partisans. Bref, sobriété au menu. Voilà pour le changement de décor et de style. Mais pas de reniement non plus, car, ironise fièrement Ségolène Royal, après les moqueries sur "cette première fête de la Fraternité qui fit couler tellement d'encre", depuis un an "le mot fraternité s'est invité partout, dans toutes les discussions, tous les discours, toutes les déclarations !" Le public applaudit et lance comme l'an dernier plusieurs "Fra-ter-ni-té" (voir la vidéo ci-dessous). Côté bilan, "quel chemin parcouru depuis l'année dernière. Nous avons, depuis un an, avancé à pas de géant (...) Désirs d'avenir a construit des bases de réflexion pour l'avenir."
Au-delà du PS
D'ailleurs, Ségolène Royal a immédiatement donné le ton. "Je ne me sens pas seule", lance-t-elle, saluant "votre courage d'être là aujourd'hui" pour "avancer ensembles" et dénonçant le "microcosme parisien dérouté par son refus des codes, des conditions" et les "notables de la politique", pour lui opposer "vous ici, vous êtes heureux, vous êtes la France qu'on aime". La socialiste rejette le terme de "solitude" qui lui est souvent attribué, l'attribuant plutôt aux Français modestes bientôt soumis à une nouvelle "taxe, même si on lui appose le mot verte" à côté, pendant que "les vrais privilégiés prospèrent". Argument pour appeler "des milliers d'autres à nous rejoindre pour avancer".
En clair, Ségolène Royal, de plus en plus à la marge du PS, joue la base contre le parti. Pas question toutefois de créer un autre parti ou de quitter le PS, selon ses proches, mais d'y contribuer à sa manière. C'est-à-dire par le "dépassement du Parti socialiste", en créant "un mouvement puissant et accueillant que tout le pays attend".
"On ne peut pas ouvrir à gauche et gouverner à droite"
Fraternité donc. Le maître mot, la star de ce discours, valeur "qui dépasse toutes nos différences". "Dans ce monde qui devient de plus en plus une jungle (...) qui s'empoisonne, la fraternité doit devenir un puissant contre poison." Ségolène Royal cite alors le monde de l'entreprise, la "connivence" dans les milieux bancaires, la France métissée. Et martèle "mobilisons-nous pour peser", "C'est à vous de peser pour qu'il en soit autrement", "la gauche compte sur vous, la France compte sur vous".
Voilà pour le PS, mais le gouvernement et le président, qu'elle critique copieusement tout au long de ces 50 minutes de discours, ne sont pas en reste. "On ne peut pas ouvrir à gauche et gouverner à droite", lance-t-elle en pique à Nicolas Sarkozy, qu'elle appelle à "accorder un peu ses belles déclarations d'intention à des décisions politiques réelles" notamment au G20 dont "l'agenda est si mince", préconisant de supprimer les bonus et d'interdire aux banques de spéculer avec les ménages. Elle finit par la liste des nouveautés et ambitions de Désirs d'avenir (comités locaux, site participatif, etc), "une nouvelle manière de faire de la politique", d'"agir contre les faux consensus, comme je l'ai fait pour la taxe carbone en brisant ce mur de la convergence".
Extrait du discours - Royal : la fraternité "depuis un an s'est invitée partout" :
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