Image d'archives © TF1/LCIPour la gauche, la démission de Didier Lombard s'impose. L'opposition estime qu'il doit quitter ses fonctions après le suicide d'un homme de 51 ans qui s'est donné la mort lundi à Alby-sur-Chéran en mettant en cause les pratiques de l'entreprise dans une lettre à son épouse. "Quand il y a eu un trou dans les caisses de la Société générale, Nicolas Sarkozy a demandé à Daniel Bouton de partir. A France Télécom, on en est à 24 morts. C'est à l'Etat actionnaire de dire à (Didier) Lombard qu'il doit démissionner", a déclaré le porte-parole du PS Benoît Hamon.
Le PDG de l'opérateur "n'est pas en cause personnellement mais la désorganisation, les cadences, le stress des employés sont des conséquences directes des décisions de ressources humaines prises par la direction du groupe", a-t-il ajouté. Le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a estimé sur LCI que "M. Lombard devrait avoir la décence soit de démissionner soit au moins de se taire et de ne pas faire les opérations de communication qu'il est en train de faire maintenant".
Copé : "c'est fou !"
Les députés communistes, républicains et du Parti de Gauche ont, dans un communiqué, abondé dans le même sens : "le management à coup d'évaluations individuelles, d'objectifs inatteignables, de mobilité forcée, voilà ce qui est en cause". Pour Bernard Thibault, les salariés à France Télécom et dans d'autres entreprises en France sont aujourd'hui "seuls". "Ce qui est en cause à France Télécom, comme dans beaucoup d'entreprises, c'est l'approche que l'on fait du travail etsurtout du salarié, à qui l'on demande de plus en plus d'atteindre des objectifs inatteignables", a estimé le secrétaire général de la CGT sur RMC et BFM TV.
Au sein de la majorité, la démission de Didier Lombard n'est pas demandée mais des sensibilités différentes s'expriment. Ainsi, lors d'un point-presse à la mi-journée, le patron des députés UMP Jean-François Copé s'est montré en pointe sur le sujet. "Ce n'est pas mon métier de démissionner les gens. Je ne suis pas là pour décréter les têtes qui doivent tomber ou ne pas tomber", a-t-il affirmé avant de souligner que les "règles intérieures" à France Télécom "sont, de premier abord, très troublantes". "Cette histoire de mobilité obligatoire au bout de trois ans, c'est troublant (...) Le management moderne, ce n'est pas un management de haut en bas. C'est fini tout ça. Et la mobilité professionnelle, c'est important mais tout est dans les modalités. Si ce qu'on nous en dit (à France Télécom) est exact, c'est fou !", a-t-il poursuivi.
Le patron de l'UMP s'est lui exprimé de manière moins forte. "Ce qui importe dans une entreprise c'est que chacun se sente respecté", a déclaré l'ex ministre du Travail et de la Santé Xavier Bertrand sur France Inter en défendant l'idée que "tous les managers soient formés à la souffrance au travail et à la prise en compte des risques de suicide" dans l'entreprise. Il faut que "les entreprises forment à la fois leurs salariés, leurs cadres à ces sujets-là". A la question de savoir si Didier Lombard devait démissionner, il a répondu que le "sujet n'est pas là".
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