Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a estimé sur LCI que le leader du MoDem avait payé sa campagne et son "pamphlet" anti-Sarkozy. © eTF1"C'est maintenant que les choses commencent". En ajoutant l'arme constitutionnelle à l'aiguillon politique, les parlementaires de la majorité UMP sont déterminés à faire valoir leurs prérogatives face à un exécutif rétif à la "coproduction" législative. Députés et sénateurs du parti présidentiel se réunissent jeudi et vendredi au Touquet (Pas-de-Calais) pour vanter "l'hyper-Parlement", expression favorite du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé. Une posture à l'unisson de ses ambitions présidentielles et de sa relation frondeuse avec Nicolas Sarkozy. En chef de la majorité aguerri aux états d'âme des élus, François Fillon a donné la réplique en rappelant les règles du jeu à des députés et sénateurs dont Jean-François Copé, un temps présenté comme le "vice-Premier ministre" par la rumeur médiatique, cultive opportunément les inclinations rebelles.
Ainsi, "tranquillement" mais d'un ton "carré" selon des députés présents, le Premier ministre a-t-il fait mardi une nouvelle mise au point devant les élus. "Le Premier ministre était très en forme", a résumé d'un trait ironique le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, plutôt avare de compliments dès qu'il s'agit de François Fillon. Le chef du gouvernement s'est irrité des commentaires de Jean-François Copé et Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, à l'adresse de leurs "amis ministres" auxquels ils conseillent de "changer de méthode de travail" à l'aune de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, qui confère des pouvoirs supplémentaires aux parlementaires notamment dans le contrôle des actes gouvernementaux. "Un bon ministre, c'est celui qui entretient des relations de confiance et de coproduction avec le Parlement", souligne Gérard Longuet. Et son homologue de l'Assemblée d'ajouter : "Il faudra un dialogue permanent avec le gouvernement pour éviter d'avoir des textes mal ficelés"."C'est maintenant que les choses commencent", prévient-il.
Un discours de Fillon vendredi
La décision du ministre de l'Immigration, Eric Besson, de nepas signer le décret d'application de la loi relative aux tests ADN pour le regroupement familial - pourtant votée à l'Assemblée et au Sénat - a de fait rallumé la mèche. Au nom de la "coproduction législative" qu'il compte bien théoriser durablement, Jean-François Copé réaffirmera au Touquet la nécessité d'un "dialogue" permanent entre le gouvernement et les parlementaires et "la volonté extrêmement forte" de ceux-ci de participer "en amont" aux réformes d'un gouvernement parfois accusé de précipitation. "La forme, en démocratie (...), c'est extrêmement important afin que chacun ait bien conscience de sa place et de son rôle", explique Gérard Longuet. Réponse de François Fillon, mardi : "Le plus important, c'est de savoir si le texte est inspiré par l'intérêt national et non pas de savoir qui en est à l'origine, s'il est d'origine gouvernementale ou parlementaire".
Le message a été relayé par le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, qui s'efforce de calmer l'ardeur des élus. "L'hyper-Parlement, ce sont des mots. Sous la Ve République, c'est l'exécutif qui décide", a-t-il dit à des journalistes. Le Premier ministre devrait réitérer son discours de la méthode vendredi, lors d'une intervention aux journées parlementaires du Touquet, à 11h00. Il aura participé la veille à une réunion publique avec des militants UMP. En retour, l'épisode Eric Besson, qui a renforcé l'union sacrée entre Assemblée et Sénat, servira désormais d'avertissement pour l'exécutif.
Un collègue - UMP - du ministre de l'Immigration veut toutefois relativiser en parlant d'une malencontreuse péripétie. "Les ministres d'ouverture se sentent peut-être plus obligés de donner des gages au chef de l'Etat", glisse-t-il. Forts du "bon exemple" de la taxe carbone, dont les modalités répondent globalement à leurs attentes, les parlementaires UMP débattront au Touquet des priorités du futur grand emprunt national et de la réforme de la taxe professionnelle, qui inquiète les élus locaux, avec l'ambition d'influer sur les arbitrages gouvernementaux.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




