© AFP/J.SagetLa vidéo lui a fait perdre 7 points de popularité dans le dernier sondage Ipsos (lire notre article). Le PS réclame sa démission. Si la Licra considère l'incident clos, le Mrap veut que l'affaire soit portée en justice. Bref, la polémique, après 4 jours de réactions multiples, s'est à peine essoufflée. Au point que le ministre de l'Intérieur, qui s'était exprimé dès jeudi soir sur la vidéo diffusée quelques heures avant dans laquelle il tient des propos ambigus à l'endroit d'un jeune militant UMP né de père algérien, a de nouveau évoqué lundi soir ce qui est devenu une affaire.
Il n'a pas exactement présenté des excuses, comme lui conseillait François Hollande (voir la vidéo), car il avait déjà exclu de demander pardon puisqu'il n'y avait pas "culpabilité ou faute", mais exprimé des "regrets". "Je suis ému de penser que, du fait d'un certain tohu-bohu médiatique, et d'une interprétation totalement inexacte, des personnes ont pu être blessées dans leur être et leurs convictions", a déclaré le ministre lors de ce dîner. "Je veux donc dire mes regrets, au delà d'une polémique inutile et injuste, j'exprime mon respect pour tous les Français, celles et ceux qui vivent sur notre sol, quelles que soient leur religion, leurs convictions", a-t-il ajouté. Selon lui, la République "doit être plus que jamais une école de tolérance et de dignité". "C'est un combat de tous les jours, et j'y veillerai", a-t-il dit. A la fin de son intervention, il a insisté sur le fait qu'il "refuse et récuse les procès d'intention et les postures".
Cela suffira-t-il ? Le lieu en tous cas avait été choisi : le ministre partageait un dîner de rupture du jeûne du ramadan avec des musulmans, comme il l'avait fait vendredi à Clermont-Ferrand. Cette fois à Paris, à l'invitation du Conseil français du culte musulman, instance représentative de l'islam de France. Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, avait assuré samedi que le ministre n'avait "eu que des paroles de respect et d'aménité pour toute la communauté musulmane de France dans (ses) contacts avec lui".
| Le président du CFCM juge les "regrets" d'Hortefeux "suffisants" |
Le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, a jugé mardi "suffisants" les "regrets" exprimés la veille par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux à propos de la "polémique" sur ses propos controversés tenus au campus de l'UMP. "Je pense que la sincérité de ses propos a touché l'ensemble de ceux qui étaient présents", a-t-il ajouté. Interrogé pour savoir si le CFCM n'attendait pas plutôt des excuses, Mohammed Moussaoui a estimé que le ministre "reste cohérent avec lui même : il n'a pas commis de faute pour demander des excuses. En revanche, ses propos, qui ont été sortis de leur contexte, ont pu peut-être blesser certains, et là il a présenté ses regrets". Selon lui, "le ministre de l'Intérieur n'est pas un homme raciste, il est injuste de le qualifier de cette qualité". Et "des éléments plaident en sa faveur", comme la manifestation, "dès sa prise de fonction", de "son engagement et son attachement à faire en sorte que l'Islam soit autant respecté que les autres religions". |
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