Martine Aubry © TF1/LCI 
> Fraudes : opération déminage
Initialement prévue pour préparer le scrutin du 1er octobre, où les militants seront invités à valider les propositions sur l'organisation de primaires, la réunion du conseil national du PS samedi a, semble-t-il, largement pâti des soupçons de fraudes lors de l'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire du Parti socialiste.
Ainsi, à la Mutualité, au coeur de Paris, les remous provoqués par le livre "Hold-uPS, arnaques et trahisons" sur les fraudes présumées lors du choix de Martine Aubry, fin 2008, étaient dans tous les esprits censés se concentrer sur sa rénovation du PS. La maire de Lille a bien essayé de passer outre la polémique mais elle a surtout dû mettre en garde ceux qui voudraient "abîmer" le parti. "Je voudrais vous dire à l'occasion cette année du 150e anniversaire de Jaurès, je ne laisserai pas abîmer ce parti, je ne laisserai pas abîmer le Parti socialiste de l'intérieur, je ne laisserai pas le Parti socialiste insulté de l'extérieur. Sachez-le, mes chers camarades", a-t-elle lancé. Elle a ajouté que les futures primaires du PS devraient être "indiscutables et irréprochables".
Martine Aubry a évoqué la mise en place pour juin 2010 d'un fichier national des adhérents pour qu'il n'y ait "plus de vote qui puisse prêter à contestation". "Bien évidemment qu'il faut sanctionner les fraudeurs, là où il y a fraude", a-t-elle encore déclaré, "on n'avait pas les outils techniques pour contrôler les militants, l'existence ou pas des militants sur un grand fichier au niveau national". Ce fichier "permettra aux gens d'adhérer directement au Parti socialiste". "Tout cela nous ne l'avions pas. Nous votons encore de manière assez archaïque. (...) Nous allons faire en sorte qu'en juin tout soit prêt pour qu'il n'y ait plus de vote qui puisse prêter à contestation".
"Nettoyer les écuries d'Augias"
Ségolène Royal, qui s'était présentée contre Martine Aubry pour prendre la tête du PS, doit faire mardi une "déclaration solennelle", et pourrait envisager des poursuites judiciaires. Cependant, au sein du parti, beaucoup appellent à l'apaisement. "Refaire le match Ségolène Royal-Martine Aubry c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire", a estimé à la Mutualité le député Manuel Valls, qui défendait l'ancienne candidate à la présidentielle lors de l'élection interne de novembre et avait réclamé alors un nouveau vote des militants socialistes. Jean-Louis Bianco, un proche de Ségolène Royal, a demandé lui la création d'une "commission impartiale, indépendante, incontestable pour établir des règles qui seront soumises au vote des militants, pour que plus jamais ne se produise ce qui s'est produit au congrès de Reims".
Jean-Luc Mélenchon, qui a quitté le PS pour former le Parti de gauche, a décidé quant à lui d'enfoncer le clou. Ces "tricheries" ne sont pas nouvelles, affirme-t-il. "Tous les congrès, j'ai protesté contre ça, tous les congrès on m'a traité de mauvais perdant, on s'est moqué de moi, on m'a même humilié une fois en m'imposant le résultat d'un vote absolument bidonné", a-t-il dit sur France Inter. Pire, à ses yeux, ces accusations remettent en cause les primaires envisagées à gauche en vue de l'élection présidentielle de 2012. "Je suis pour nettoyer les écuries d'Augias ça c'est clair, pas question de remettre sur tout ça un petit voile protecteur", a-t-il dit. "Leurs histoires de tricheries, ça nous concerne tous parce qu'ils prétendent organiser des primaires. Si c'est avec des méthodes pareilles, les primaires (...) ils peuvent se les garder pour eux."
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