© TF1-LCILe maire UMP de Senlis (Oise), Jean-Christophe Canter, a été mis en examen mercredi soir pour prise illégale d'intérêt et favoritisme dans le cadre d'une enquête sur l'attribution de marchés publics, a-t-il annoncé à l'AFP. Son adjoint chargé de l'événementiel, Bernard Zanzouri, devait être mis en examen dans la soirée pour "favoritisme", tandis que trois prestataires devaient être mis en examen pour "escroquerie, abus de confiance et complicité", selon le parquet de Senlis. Placé sous contrôle judiciaire "léger", selon ses termes, M. Canter, qui s'estime "victime de courriers calomnieux envoyés au parquet", a assuré n'avoir "aucun intérêt dans aucune société qui travaille pour la ville de Senlis". "On veut me rayer de la carte de l'Oise. Certains n'ont toujours pas digéré ma victoire aux municipales, ils font tout pour me faire tomber", a-t-il déclaré.
M. Canter a été élu maire divers droite en mars 2008 face à Christian Patria, premier adjoint du maire sortant, investi par l'UMP. Il administre depuis la cité royale de l'Oise sous l'étiquette du parti présidentiel. Jean-Christophe Canter et Bernard Zanzouri avaient été placés en garde à vue mardi par les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Picardie, basée à Amiens, qui avaient saisi des documents et des disques durs lors de perquisitions à leur domicile et à l'hôtel de ville. Le parquet de Senlis avait précisé mercredi soir que trois salariés de prestataires sélectionnés par la municipalité pour organiser les marchés de Noël et du terroir en 2008, au centre de l'enquête, étaient également gardés à vue puis déférés. Ces auditions sont destinées à "déterminer les conditions dans lesquelles les marchés publics ont été conclus avec ces sociétés", a précisé le parquet.
L'audition de Jean-Christophe Canter intervient un peu moins de trois semaines après que la mairie a déposé une plainte contre X auprès du parquet de Senlis au sujet d'éventuelles irrégularités commises dans le financement de ces marchés l'an dernier. La plainte aurait été déposée "pour éviter tout amalgame et interprétation malveillante" à la suite de l'implication dans ces manifestations d'un homme actuellement incarcéré pour escroquerie, et salarié de l'entreprise retenue par la ville pour l'organisation des festivités, avait alors indiqué M. Canter au Courrier Picard. "En l'état actuel des choses, rien ne permet d'affirmer que la ville a subi un préjudice matériel à l'occasion de ce marché de Noël", affirmait à l'époque la municipalité. L'homme incarcéré pour escroquerie et son frère, gérant d'une société événementielle, comptent parmi les déférés mercredi, selon une source proche de l'enquête. Jean-Christophe Canter, 48 ans, a été journaliste au Figaro et à France-Soir avant de travailler dans la communication pour les collectivités locales, selon son blog. Il est actuellement chargé des relations avec la presse à l'INHES (Institut national des hautes études de sécurité), rattaché au ministère de l'Intérieur.
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