La Présidente de la région Poitou-Charente était l'invitée du 20 heures de TF1. Elle a demandé au PS d'engager une "action" contre l'ouvrage "Hold-ups, arnaques et trahisons" et a ajouté qu'elle ne demandait pas un "nouveau vote" au parti. © TF1/LCI"Déclaration solennelle", selon la présidente de Poitou-Charentes, "déclaration de guerre faussement ingénue", selon un de ses détracteurs: mardi soir, réagissant au livre "Hold-uPS, arnaques et trahisons", Mme Royal a voulu acculer la direction du PS à trancher. Soit, a-t-elle dit, les faits relatés sont "faux", et il faut saisir la justice contre les deux auteurs pour rétablir "l'honneur" du Parti. Soit ils sont "vrais" et la direction doit "sanctionner" les fraudeurs "pour que cela ne recommence jamais". L'ex-candidate à la présidentielle s'est certes placée au dessus de la mêlée, assurant que "la page est tournée". Mais en réclamant la "vérité", et la réparation du "dommage", elle rouvre les hostilités du Congrès de Reims de novembre 2008, à l'issue duquel elle avait été battue de 102 voix seulement par la maire de Lille pour le poste de Première secrétaire.
Au PS, plusieurs se font Cassandre: "Tout ça ne sert à rien si ce n'est à abîmer Ségolène Royal elle-même et le Parti socialiste en même temps", selon le député Michel Sapin, proche de François Hollande.Jean-Christophe Cambadélis, membre de la direction, juge que "la déclaration de guerre faussement ingénue de Ségolène Royal contre Martine Aubry abîme la gauche et isole son auteur". Pour le député, "ce combat sans fin, sans raison, hors du temps, hors de propos, n'a aucun sens. Ségolène Royal doit se reprendre". Soutien de Mme Royal à Reims, Malek Boutih, prophétise "une crise terrible", "mortifère", "si personne ne veut bouger". Le "bras de fer" Royal-Aubry est "extrêmement dangereux pour l'avenir" du PS, mais opposant notoire à Mme Aubry il voit aussi une "heure de vérité" pour la patronne du PS.
"Une opération tous perdants"
L'armistice entre les deux dames avait pourtant été conclu avec l'entrée en février des "royalistes" dans la direction, avant d'être symbolisé par la photo réconciliation lors d'un meeting commun pour les européennes à Rezé (Loire-Atlantique) en juin. Après l'embellie de La Rochelle, la parution du livre a empoisonné l'atmosphère au PS, qui a lancé malgré tout samedi le chantier de sa rénovation. Le politologue Stéphane Rozès décrit "une opération tous perdants. Pour Martine Aubry, ça pollue la question de la rénovation et pour Ségolène Royal, ça l'incruste dans une posture qui la ramène au passé, dans une position victimaire et non de résolution des problèmes des Français".
Pour M. Rozès, il sera difficile à l'ex-candidate à l'Elysée d'en tirer profit "parce que le climat de crise économique et sociale rend les Français assez peu tendres avec ces affaires de pieds nickelés internes au PS". "Elle fait le pari d'une bataille de l'opinion, mais je pense que c'est un pari erroné", juge M. Rozès. "C'est une façon pour elle de continuer à exister dans l'opinion". Et le Vert Daniel Cohn-Bendit de mettre les pieds dans le plat, assurant que les deux dames "savent que ça fait maintenant trente ans qu'on triche au Parti socialiste". Ségolène Royal fait "la jeune outrée alors qu'elle-même, elle participait de ce jeu dans les mêmes élections", accuse-t-il. Quant aux auteurs du livre, Karim Rissouli et Antonin André, pressés par la direction du PS de se livrer à une "confrontation", leur éditeur a tranché : "pas question qu'ils aillent devant une sorte de tribunal rue de Solferino, avec des confrères journalistes pris comme juges".
Royal va améliorer son site internet |
Le nouveau site de Désirs d'avenir, association de Ségolène Royal, a suscité une pluie de critiques de militants et d'internautes, mais attentive à ces réactions, la présidente de Poitou-Charentes va le faire évoluer pour en faire "un vrai média". Sur fond d'écran montrant un soleil bas sur une prairie verte, le site évoque l'affiche électorale de François Mitterrand ou celle de Nicolas Sarkozy. Pas de portrait mais un titre énorme, comme un néon: "Désirs d'avenir". Un sous-titre: Ségolène Royal. "J'assume totalement l'avoir choisi sur une base de donnée gratuite d'internet parce qu'elle me plaisait", s'est justifiée mercredi soir Ségolène Royal en réponse, sur son site, au flot de reproches contre cette image. Ce site a été lancé mardi avec la "déclaration solennelle" de Mme Royal sur le livre ravivant la querelle de fraudes présumées au PS. Victime de son succès, Désirs d'avenir (DA) a été vite saturé. |
(Avec agence)
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