© AFP / N. MagniezElle s'était déjà réjouie dimanche du changement de position du PS sur la taxe carbone, estimant avoir suscité cette évolution. A l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle, elle avait dénoncé un impôt "injuste" et "insupportable", qui va "assommer" des familles qui "n'ont pas le libre choix de rouler propre", s'attirant les critiques acerbes de Daniel Cohn-Bendit - avant de voir ses arguments repris par Martine Aubry dans son discours de clôture. Désormais, Ségolène Royal triomphe. "Toutes ces réactions excessives prouvent bien que j'ai raison", a-t-elle lancé mardi sur l'antenne de RTL. "Il s'agit d'un impôt de plus sur l'essence, le gazole, le fioul". Rien à voir, selon elle, avec la volonté de protéger l'environnement : "Non, ce n'est pas la fiscalité écologique. Une fiscalité écologique, c'est une fiscalité qui permet aux gens de changer de comportement. Est-ce que, oui ou non, vous pouvez changer votre voiture pour une voiture électrique, non-polluante ? La réponse est non".
L'ex-candidate à la présidentielle peaufine donc sa position. "Pourquoi est-ce que ça dérange ce que je dis ? Parce qu'il y avait un consensus mou de toute la classe politique, y compris d'ailleurs de Noël Mamère et des socialistes pour dire : on va se repeindre en Vert, on va se donner bonne conscience en adhérant à un impôt". Elle n'a, assure-t-elle, "jamais été contre le principe" d'une fiscalité écologique, mais c'est uniquement "lorsque les gens auront la liberté de choix" que "nous pourrons nous permettre une taxe".
"C'est embêtant ce grand écart entre les discours et les actes"
Assurant avoir, par ses propos sur la taxe carbone, "rompu une certaine loi du silence", elle assure désormais : "Pourquoi je dérange ? Parce que moi j'ai joint les actes à la parole", citant son action dans sa région "première d'Europe pour l'énergie alternative et son plan photovoltaïque". Et forte de ces arguments, la présidente PS de Poitou-Charentes va jusqu'à se demander, l'air de rien, si elle ne serait pas la "meilleure candidate écologiste" dans l'optique de 2012 : "j'y réfléchis"...
Elle se veut aussi très novatrice sur le cumul des mandats. Elle regrette ainsi ouvertement la position de Martine Aubry sur le non cumul des mandats. Si la Première secrétaire du PS s'est prononcée en faveur d'une telle mesure lors de l'université d'été du PS à La Rochelle, elle a jugé qu'il était "trop tard" pour appliquer cette règles aux prochaines élections régionales de 2010.
Trop tard ? Ségolène Royal s'interroge. "C'est embêtant toujours ce grand écart entre les discours et les actes, ça fait des années qu'on fait applaudir les militants sur le non cumul des mandats donc à un moment il va bien falloir passer à l'acte parce que sinon quelle est la crédibilité de la parole politique". Et l'ex-candidate à la présidentielle propose ce soient les militants eux-mêmes qui "décident si oui ou non ce cumul sera applicable aux prochaines régionales" lors de la consultation militante organisée le 1er octobre sur la rénovation du parti.
Avec agence
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