Nicolas Sarkozy annonçant la mise en place d'une taxe carbone (10 septembre 2009) © TF1/LCIAlors que les deux-tiers des Français sont opposés à la taxe carbone, selon un sondage publié jeudi dernier, et que droite et gauche sont divisées sur le sujet, Nicolas Sarkozy a officialisé jeudi dans l'Ain la mise en place, à partir de 2010, d'une "taxe carbone", compensée "intégralement" par des baisses d'impôts et destinée encourager les Français à consommer plus propre pour lutter contre le réchauffement climatique. Un geste aussitôt salué à l'UMP, mais critiqué par ailleurs autant par les partisans d'une fiscalité écologique qui jugent la mesure trop modeste, que par les opposants à une "nouvelle taxe".
- Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts : elle s'est dite, sur France 2, "un peu déçue" par les annonces du chef de l'Etat mais "il l'a dit lui-même, c'est le service minimum". Et de s'interroger : "Je ne comprends pas, en tant qu'écologiste, pourquoi il n'y a pas les actes qui sont à la hauteur de ce qui semble être une réelle prise de conscience" des enjeux écologiques. "C'est un vrai sujet d'étonnement et d'interrogation". Selon la numéro un des Verts, "il y a un certain nombre d'avancées mais il y a surtout un vrai problème, c'est que l'électricité ne fait pas partie de ces annonces, c'est que le produit de cette taxe n'est pas affectée aux économies d'énergie". Le chef de l'Etat "est resté au milieu du torrent et quand on est au milieu du torrent, on risque d'être emporté. Il a bien parlé de la crise climatique, de l'ultimatum qui pèse sur nous et sur les générations futures, donc on a l'obligation quand on est responsable politique d'être à la hauteur de ces enjeux et c'est très dommage que Nicolas Sarkozy ait raté ce rendez-vous". Elle a appelé à "continuer la mobilisation sur ce sujet".
- Denis Baupin, adjoint Verts au maire de Paris : "Le problème, c'est que le Dr Sarkozy a fait un diagnostic juste mais que le traitement qu'il propose n'est absolument pas à la hauteur", c'est comme de soigner "une maladie grave avec de l'aspirine".
- Yannick Jadot, eurodéputé Europe-Ecologie, déplore un "rendez-vous raté entre Nicolas Sarkozy et l'écologie. Beaucoup de grands mots, de prétention à l'histoire et quelques vrais mensonges ou approximations. Prisonnier de son soutien inconditionnel au nucléaire, malgré ses dégâts écologiques et sociaux et son coût économique énorme, le président a pris le risque de casser la cohérence d'une taxe carbone déjà minimaliste".
- Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France : "Le président de la République a noyé dans un discours fleuve et fourre-tout une contribution climat énergie réduite à peau de chagrin. Une taxe à 17 euros et sans progressivité annoncée ne changera strictement rien en terme de comportement et ne stimulera ni les économies d'énergie, ni les renouvelables. Autant ne rien faire du tout".
- Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste : il a estimé que la création de la taxe carbone était une "bonne nouvelle" en dépit "d'imperfections" et d'un niveau de départ "insuffisant".
- Aurélie Filippetti, secrétaire nationale du PS : les propositions de Nicolas Sarkozy sur la taxe carbone "manquent de lisibilité, d'anticipation et de justice sociale. L'exclusion de l'électricité du champ de la taxe est regrettable et montre que le Président a cédé aux lobbies".
- Frédéric Nihous, président de CPNT, a accueilli avec "satisfaction" la "prise en compte par le pouvoir exécutif de ses revendications pour la taxe carbone en prévoyant un dispositif compensatoire, certes à définir, pour les ruraux. Les ruraux doivent bénéficier d'une discrimination positive et d'un système écologique incitatif et compensatoire et non être les boucs émissaires de la désertification rurale alors qu'ils en sont les victimes".
- Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, a dénoncé une "taxe poudre aux yeux écologique. Le gouvernement s'est mis dans le piège d'une usine à gaz inextricable : soit il étrangle les ménages, notamment les plus modestes, avec une fiscalité trop lourde, soit il redistribue l'intégralité des sommes prélevées, mais sans aucune efficacité écologique".
- Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) : "Avec Sarkozy, l'écologie est devenue une nouvelle méthode pour tondre la population aujourd'hui en lui promettant des pâquerettes pour demain. On est loin de sortir du modèle productiviste avec de telles méthodes. L'essentiel de cette taxe frappera les ménages dont les dépenses en transport individuel et en mode de chauffage sont des dépenses contraintes sans alternative".
- Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP : ils ont affirmé jeudi qu'en "annonçant la création de la taxe carbone", Nicolas Sarkozy "invite les Français à une véritable révolution des comportements". Selon eux, Nicolas Sarkozy, "à la fois courageux et pragmatique", a "fait le choix de l'honnêteté en respectant ses engagements, contrairement à Mme Royal qui fait peu de cas de sa propre signature" du pacte de Nicolas Hulot en 2007. Il a aussi "fait le choix de la clarté en disant tout aux Français et le choix de la progressivité en retenant un montant ni trop haut, ni trop bas".
- Gérard Larcher, président UMP du Sénat : "Le système choisi est équitable, progressif, il prend en compte le mode de vie des urbains et des ruraux" et "se fixe un objectif européen. En proposant une fiscalité désormais basée non seulement sur le capital et le travail mais aussi sur la pollution, le chef de l'Etat démontre sa profonde volonté d'accompagner les Français dans leurs changements de comportements".
D'après agence
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