Nicolas Sarkozy en Avignon le mardi 29 septembre"Nous avons décidé d'ouvrir le bénéfice du RSA aux travailleurs de moins de 25 ans", a déclaré à Avignon Nicolas Sarkozy, lors d'une discours sur sa politique en faveur de la jeunesse, précisant que les jeunes devraient avoir travaillé au moins deux ans pour en bénéficier. "Il est profondément anormal qu'un jeune qui a commencé à travailler tôt, n'ait pas le droit au RSA", a dit le chef de l'Etat.
Premier anniversaire en demi-teinte pour le RSA
Créé il y a un an par Martin Hirsch le Revenu de solidarité active ne compte pas autant de bénéficiaires qu'escomptés mais il aurait "permis d'amortir le choc de la crise".
Publié le 01/06/2010
C'est "un nouveau droit social pour les jeunes travailleurs de notre pays", a-t-il ajouté. "J'en attends que les jeunes considèrent qu'ils sont respectés, qu'ils ont les mêmes droits que les autres et donc qu'on pourra leur demander les mêmes devoirs que les autres", a-t-il aussi dit. Nicolas Sarkozy a précisé que son intention n'était pas d' "instaurer un RMI jeunes". Lancé le 1er juin, le RSA était jusqu'à présent réservé aux plus de 25 ans. Il permet aux personnes qui travaillent de cumuler allocation et petit salaire.
Le coût du plan en faveur de la jeunesse annoncé mardi par Nicolas Sarkozy s'élèvera à 500 millions d'euros, selon l'Elysée. Sur ce total, la moitié ira à l'extension du RSA aux moins de 25 ans, selon la même source.
"Priorité absolue" aux 16-18 ans laissés pour compte
Ce plan, qui s'inspire largement des conclusions d'une commission de concertation sur la politique de la jeunesse publiées cet été, prévoit en outre des mesures comme la création d'un service public d'orientation des jeunes regroupant tous les dispositifs existants ou d'un contrat de parcours individualisé pour les 16-18 ans qui ont quitté le système scolaire. Nicolas Sarkozy a donc décrété une "priorité absolue" serait donnée aux jeunes en rupture avec le système éducatif, perdus entre 16 et 18 ans dans un "triangle des Bermudes" administratif, puisqu'aucun processus n'est prévu pour eux.
Dénonçant "un véritable trou noir scandaleux socialement, coûteux financièrement, dramatique pour la cohésion de la société" dans lequel s'enfonce cette catégorie, au sortir de la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans, il a promis : "Nous allons mener une guerre sans merci contre le décrochage scolaire". "Je ne peux me résoudre à laisser 100.000 jeunes par an partir à la dérive", a insisté le chef de l'Etat.
Sarkozy suggère que les entreprises puissent financer les études d'un jeune
Le président a également lancé l'idée que les entreprises puissent financer les études d'un jeune dans le cadre d'un "pré-recrutement" et invité patronat et syndicats à négocier sur le sujet. "Pourquoi les pré-recrutements ne seraient-ils pas autorisés, afin que les entreprises qui le souhaitent financent les études d'un jeune en échange d'un engagement de ce dernier à travailler dans leur sein à la fin de sa formation", s'est-il interrogé. "Ça s'appelle de la fidélisation, pourquoi ne pas le permettre ?", a ajouté Nicolas Sarkozy, jugeant que "cela donnerait des ressources aux IUT et aux centres d'apprentissage". Selon le chef de l'Etat, l'avantage pour le jeune serait d'être "tranquille pendant sa formation en se disant qu'à la sortie, il a un contrat" de travail, et pour l'entreprise de pouvoir "planifier son recrutement".
L'aide pour acquérir une complémentaire santé doublée pour les jeunes
L'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS) sera doublée pour les jeunes à partir de 2010, a encore annoncé Nicolas Sarkozy. "La première politique de prévention, c'est de permettre aux jeunes d'avoir une complémentaire", a estimé le président. L'ACS est un dispositif qui vise à faciliter l'accès à une complémentaire santé (mutuelle, assurance privée, institut de prévoyance) pour les ménages qui, bien qu'ayant des revenus modestes, ne sont pas éligibles à la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Mise en place en 2005, cette aide est d'un montant différent selon l'âge des bénéficiaires. Elle est ainsi actuellement de 100 euros par an pour les moins de 25 ans, de 200 euros pour les 25-49 ans, de 350 euros pour les 50-59 ans et 500 euros pour les 60 ans et plus.
Enfin, la mise en place d'un dixième mois de bourse, annoncée dans le plan pour la jeunesse présenté mardi par le président Nicolas Sarkozy, aura pour contrepartie un "contrôle d'assiduité renforcé", a précisé à l'AFP mardi la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.
PS : un plan jeune "décevant", le RSA jeunes un "leurre"
Le Parti socialiste a rapidement réagi à ce discours, estimant que le plan "déçoit" et que son dispositif phare, l'extension du RSA aux jeunes "apparaît largement comme un leurre". "Le plan jeunes du président de la République était attendu. Il déçoit. Doté de moins de 500 millions d'euros il ne permet pas de faire face au défi de l'entrée dans la vie active des 16-25 ans", affirme dans un communiqué Marisol Touraine, secrétaire nationale du PS et membre de la Commission Hirsch pour une politique de la jeunesse.
Voir un extrait de l'intervention du président :
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