Brice Hortefeux à l'université d'été de l'UMP à Seignosse en septembre 2009 © Olivier LEVARDLa vidéo à l'origine de la polémique avait été vue vendredi par plus de 566.000 personnes. Et continue de provoquer moultes réactions. Interrogé à son tour sur les propos ambigus de son ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux sur un jeune militant UMP d'origine arabe, Nicolas Sarkozy a indiqué vendredi qu'il n'avait "pas de temps à perdre" avec la polémique. "Franchement, en ce moment, j'aimerais que chacun se concentre sur son travail et ne perde pas de temps dans des polémiques", a déclaré le président, en réponse à une question de la presse à l'issue d'un entretien à l'Elysée avec le président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero. "Moi, j'essaye vraiment de me concentrer sur mon travail. Je demande à chacun de le faire. Il y a tellement de réformes, tellement de difficultés... Ce que j'en pense, c'est que j'ai vraiment peu de temps de perdre avec ça", a conclu le chef de l'Etat.
Le débat continuait vendredi encore. Le gouvernement fait bloc derrière Brice Hortefeux, comme l'opposition réclame sa démission. Brice Hortefeux, lors de la visite vendredi matin d'un centre de déminage à Vénissieux, près de Lyon, est apparu en compagnie de plusieurs personnes issues de l'immigration, dont Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée des aînés. "Je ne crois pas un seul instant que Brice Hortefeux puisse tenir des propos racistes", a dit cette dernière lors de ce déplacement visant visiblement à désamorcer la polémique. Le ministre de l'intérieur s'est ensuite rendu, vendredi soir, à Clermont-Ferrand pour partager un dîner de rupture du jeûne à l'invitation de musulmans d'Auvergne, selon un communiqué du ministère. Accueilli par le président du Conseil régional du culte musulman, Erhan Gül, le ministre "a souligné son attachement à un dialogue approfondi entre l'État et les musulmans de France, sur la base des valeurs républicaines de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité", selon le texte. Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Ville, a de son côté estimé que Brice Hortefeux avait fait preuve d'humour. Et le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a reproché à la gauche d'attiser la polémique afin d'éclipser la taxe carbone, dénonçant une "opération de diversion".
Dans un entretien au Journal du dimanche, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, prend à son tour la défense du ministre. "Une conclusion s'impose : on ne peut plus faire des plaisanteries spontanées, dans un monde où tout le monde, tout le temps, est filmé", considère-t-il. "Sur le fond, je trouve très injuste qu'on accuse Brice de racisme. La seule personne qui a pu percevoir le contexte de cet échange de propos est le jeune militant auquel il s'adressait. Or il n'a pas été choqué, il ne s'est pas senti agressé", poursuit-il. "C'est toujours facile d'accuser en utilisant des propos hors de leur contexte", conclut Claude Guéant.
"Ou il démissionne, ou il s'excuse"
En face, Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, se dit "consternée" par un commentaire "absolument effrayant" et le porte-parole du PS, Benoît Hamon, demande la démission du ministre. Même réaction de la part de Razzy Hammadi, secrétaire national du PS, qui a déclaré : "Ou il démissionne, ou il s'excuse, mais s'il ne fait rien ce sera explosif et ça laissera des séquelles pour longtemps". L'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a estimé que Brice Hortefeux devait s'appliquer à lui-même "la jurisprudence" concernant le préfet Paul Girot de Langlade. Environ 200 personnes ont manifesté vendredi soir place de la République à Paris pour demander la démission de Brice Hortefeux.
Les explications de Brice Hortefeux n'ont pas convaincu les organisations de défense des droits de l'Homme, qui insistent sur la "piètre défense" du ministre de l'Intérieur assurant qu'il faisait référence au "prototype auvergnat". Seule voix discordante à gauche : celle du député PS Jean-Christophe Cambadélis. "Arrêtons, notre Brice de Nice n'est pas raciste: Seulement Brice Lagafe", estime-t-il. "Hortefeux est victime de l'anecdotisation de la politique inventée par son mentor et ami Nicolas Sarkozy", conclut le député de Paris.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




