Y arriveront-ils ?

Par Diane HEURTAUT (et agences), le 05 septembre 2009 à 14h18 , mis à jour le 05 septembre 2009 à 19h58

La main tendue de François Bayrou vendredi ? Importune pour l'UMP. Insuffisante pour Martine Aubry. La n°1 du PS réclame toujours de la "clarté".

François Bayrou et Martine AubryFrançois Bayrou et Martine Aubry © Abacapress/Reuters

Ils convergent l'un vers l'autre... à très petits pas. Après la photo de famille à Marseille, où la centriste Marielle de Sarnez avait répondu présente à l'appel de Vincent Peillon, tout comme Robert Hue ou encore Daniel Cohn-Bendit, Martine Aubry avait demandé une démarche de "clarté" au MoDem, lors de l'université d'été du PS à La Rochelle. Vendredi, la réponse de François Bayrou est venue à l'ouverture également de l'université d'été du MoDem à la Grande-Motte. "Si main tendue il y a eu, on a raison de tendre les mains parce qu'on ne peut pas continuer à être dans la démocratie française des forces politiques qui s'ignorent et se détruisent ou se combattent tout le temps", a-t-il dit. Des bras ouverts donc, avec ensuite une pique au PS. Ce n'est donc toujours pas assez clair pour Martine Aubry.
 
"J'ai besoin de savoir exactement ce que veut le Modem, quel projet veulent-ils construire; ils ont voté par exemple pour la présence à nouveau des troupes en Afghanistan, nous sommes contre", a déclaré la Première secrétaire du PS sur RTL. "Je demande à François Bayrou d'être clair, l'antisarkozysme ne fait pas un projet politique" a-t-elle redit. "Que va-t-il faire au régionales, va-t-il appeler non seulement à faire battre l'UMP mais aussi à voter avec la gauche pour poursuivre le travail des régions ?", a-t-elle interrogé, ajoutant : "Nous sommes les seuls aujourd'hui qui nous battons contre la crise, qui accompagnons les Français qui sont licenciés".
 
On en débat à La Grande Motte

"S'il me trouve archaïque c'est pas grave, pour moi la politique c'est d'abord la clarté, la transparence, l'honnêteté et une certaine morale" a-t-elle lancé au président du Modem. "Les démocrates et les humanistes qui le soutiennent souhaitent aussi cette clarté" et "si ce n'est pas facile au PS, cela ne l'est pas non plus au Modem", a-t-elle assuré. Martine Aubry a cependant laissé la porte ouverte : "J'essaye de mettre de la clarté, je pense qu'il aurait intérêt à faire de même et peut être alors après que la gauche soit réunie nous arriverons avec les démocrates et les humanistes à travailler pour un beau projet pour la France en 2012".
 
Pour la suite, rendez-vous dimanche. Interrogé sur l'éventualité d'une alliance électorale avec le PS, François Bayrou a dit qu'il expliquerait sa position dimanche dans son discours de clôture de l'université d'été (à suivre en direct sur LCI.fr à 12h30). Mais déjà, lors des débats de samedi à La Grande Motte, le malaise s'est fait sentir. "Ça m'a fait bondir, j'en ai pas dormi de la nuit. Moi, je suis centriste. Je veux bien que les socialistes viennent au MoDem mais je n'irai pas avec les communistes", a ainsi lancé un militant sous les applaudissements.

"Nous avions dans nos rangs, y compris quand nous étions au centre-droit, des dignitaires du PCF", a répondu François Bayrou, en citant le nom du député Maurice Leroy (NC), ancien secrétaire général du groupe communiste au Sénat, aujourd'hui membre de la majorité présidentielle, tandis que l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias, présent à Marseille, expliquait que Robert Hue ne représentait plus le parti communiste. "Il faut que nous acceptions que les gens puissent changer parce que nous même nous avons changé, parce que le monde change", a ajouté françois Bayrou. "Face à la crise, plus personne ne sait quoi penser, les ultra-libéraux sont allés chercher l'étatisme absolu. Tout le monde est paumé. Vous croyez que le PS a des solutions?. Ce qu'a proposé Martine Aubry dimanche (le cap à gauche, ndlr) marque une incroyable régression. Cela veut dire qu'ils n'ont pas les clefs", a-t-il ajouté avant de défendre son programme d'ouverture.

L'UMP accuse de "trahir l'électorat centriste"

"On aura des accords et des désaccords et c'est le peuple qui tranchera. Le premier tour des élections, c'est fait pour cela", a-t-il encore dit, confiant n'avoir pas perdu espoir "qu'un jour, dans ces mouvements qui acceptent de s'écouter, se retrouve une partie de la droite républicaine". Et s'"il y a toute une partie du champ politique à gauche qui refuse tout contact, toute idée d'échange avec nous (...) et bien cela fait la différence entre les sectaires et les autres", a-t-il estimé.
 
Quant à l'UMP, elle a critiqué dès vendredi à l'ouverture de son campus d'été à Seignosse la main tendue de François Bayrou à la gauche, l'accusant de "trahir l'électorat centriste". Le leader du MoDem "tourne le dos à l'idéal centriste", a affirmé le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, en marge des débats. "Aujourd'hui, sa course effrénée au pouvoir, ses virages successifs, ses dérapages aussi pendant la campagne passée (des Européennes) font qu'il est en train de trahir cet électorat centriste", a poursuivi Xavier Bertrand. "Celui-ci doit bien comprendre que François Bayrou le mène dans une impasse."

Sarnez et Kahn rétorquent 

Réponse de Marielle de Sarnez : les électeurs du centre veulent "le contraire de ce que fait l'UMP et le gouvernement". "Les électeurs centristes veulent un Etat impartial, une justice indépendante, ils veulent de la justice fiscale et refusent l'écrasement de toutes les charges sur les classes moyennes, comme c'est le cas avec le bouclier fiscal." Le journaliste Jean-François Kahn, qui a été tête de liste MoDem aux européennes, a pris le relai. Il a qualifié d'"absurde et de risible" la déclaration du patron de l'UMP, "un homme généralement modéré". "Car, si on reste dans sa logique, le gouvernement actuel comporterait plus de traîtres que tous les gouvernements qu'on a jamais connu". Depuis le campus d'été de l'UMP, le porte-parole adjoint du parti présidentiel, Dominique Paillé, a réagi samedi en exhortant les électeurs de François Bayrou dont il a dénoncé la "fin de trajectoire assez pitoyable", à rejoindre l'UMP.

Voilà pour les réactions politiques. Côté Français, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche (de samedi), seuls 22% des Français pensent que François Bayrou a l'étoffe d'un présidentiable, 77% étant d'un avis contraire. Pour 37% des sondés, le président du MoDem se place véritablement au centre, 28% le jugeant plus à gauche qu'à droite et 29% plus à droite qu'à gauche.

Par Diane HEURTAUT (et agences) le 05 septembre 2009 à 14:18
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38 Commentaires

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  • Goufig, le 08/09/2009 à 10h47

    Bayrou est à la droite ce que Ségolène Royal est à la gauche. Ils ont tous deux le même objectif, 2012 à tout prix

  • Goufig, le 08/09/2009 à 10h45

    Il ne faudrait pas qu'ils nous fassent des petits ces 2 la !!!!

  • Limonier, le 06/09/2009 à 17h14

    Un beau cocktail de perdants professionnels qui se raccrochent aux branches mortes...Sarko peut dormir tranquille. Bayrou est une mouche qui se tape contre tous les lampadaires et qui se fait régulièrement écraser à chaque élection, y compris dans son fief, c'est dire... Quant à Marielle DE SARNEZ elle symbolise plus les bobos du 5è arrondissement que les ouvriers de molex...

  • Ferruccio, le 06/09/2009 à 14h53

    Monsieur Bayrou est une vrai girouette un coup c'est oui un coup c'est non comment peut on faire confiance a un mec comme ça.De toute façon son virement vers les socialistes vont lui faire perdre quelques camarades car le centre a toujours eut une préférence vers la droite .Monsieur Bayrou empreinte tous les chemins qui lemmène a rien,alors celui là etait le dernier a prendre.!!!!!

  • Alpha, le 06/09/2009 à 14h43

    Je t'aime moi non plus! A force de faire des alliances et des séparations, je ne sais pas à quoi cela va ressembler au bout du compte?

  • Posidoni, le 06/09/2009 à 10h16

    Et tout ça pourquoi faire ? Etre élu ? et après ? pour mieux se déchirer ? Démagogie et "retournage de veste"...Heureusement que je ne vote plus depuis longtemps sinon en désespoir de cause je finirais par voter UMP...

  • Dom, le 06/09/2009 à 09h53

    D'accord avec Roland de Melun, j'avais le même idéal à défaut de socialisme, et finalement décue, ai voté sarko car aucune alternative et me dit que si ça avait été Bayrou je sais pas ce que l'on serait devenu. Attendons de voir la fin du mandat de Sarko mais je ne pense pas que les socialistes feront mieux à part se regarder le nombril!!!!

  • Mathegu, le 06/09/2009 à 08h53

    Faire équipe PS-MODEM c'est possible.Certaines municipalités l'ont réaliser aux dernières municipales.Il faudra que la vieille garde socialiste mette de côté son sectarisme légendaire.Conseillère municipale j'ai été l'objet de diffamation sur mon lieu de travail,de la part de certains conseillers socialistes(ça se pratique régulèrement parait-il !).J'avais été élue sur une liste ouverte à toute appartenance politique.Les candidats socialistes inscrits sur notre liste,ont été priés de rendre leur carte.Liberté,liberté chérie...!Les jeunes adultes veulent une équipe avec des compétences pour diriger l'entreprise,la municipalité ou le pays.Leur appartenance passée à un parti politique n'a qu'une importance secondaire.Quelle proportion de Français une carte à un parti ? !!!

  • Aphrodite, le 06/09/2009 à 08h28

    De Sarnez a pris la relève de son patron. Elle ne rêve que de la défaite de la Droite. Pendant que le Modem cherche alliance avec le P.S. d'une part, et les Verts en cas d'échec d'autre part, sans programme aucun, sans aucune feuille de route, rien que nuire à cette Droite "détestable" et bien cette même Droite courageuse travaille et donne le maximum d'elle-même pour la France. Peu importe les erreurs qu'elle commet, elle est là, présente, combative et avance sans problème. Bayrou se fait passer pour un "humaniste", alors moi, je me fais passer pour Dieu !!!!!!!! C'est lamentable d'observer ce Parti qui ne fait même pas pitié car ceux qui le dirigent ne pensent qu'à une seule chose : battre Sarko. Quelle pitié, vraiment, c'est affreux de vivre ça.

  • Patou, le 06/09/2009 à 02h34

    @ Roland,Melun "Le seul idéal politique que défend Bayrou c'est......lui même ", c'est certainement vrai, mais pour moi ça ressemble de plus en plus à la définition de n'importe quel personnage politique... Il y a une trentaine d'années, Coluche disait "N'oubliez jamais que quand un homme politique parle d'emploi, c'est d'abord au sien qu'il pense..." C'est toujours vrai, et avec Sarkosy, on peut y ajouter une variante en remplacant "emploi" par "pouvoir d'achat"... Plus je vieillis, et plus je me sens anar, pas dans le genre poseur de bombe, mais plutôt dans la mouvence de gens come Léo Ferre, Georges Brassens ou Jean Roger Caussimon, avec une devise qui pourrait être quelque chose comme "Mon ennemi n'est pas celui qui ne pense pas comme moi, mon ennemi, c'est celui qui veut m'obliger à penser comme lui..." J'ai 53 ans, et j'en ai assez qu'on essaie de me dire ce qui est bon pour moi et pour mon bonheur, merci, je m'en débrouille comme je peux, avec des hauts et des bas... Aucune attaque, c'est juste une réaction par rapport à votre première phrase...

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