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Par Axel Constantinoff, le 30 octobre 2009 à 08h57, mis à jour le 30 octobre 2009 à 21:31
Si la gauche se félicite que la justice "s'applique de la même manière pour tous", les commentaires à droite pointent "la lenteur de la justice".
Image d'archives © ABACAAprès le renvoi, les réactions affluent. Jacques Chirac devra éclaircir son rôle devant le tribunal correctionnel de Paris pour son rôle dans l'affaire des chargés de mission de la ville de Paris (lire notre article). Un renvoi déjà largement commenté dans la classe politique.
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Publié le 30/10/2009
Charles Pasqua
Le sénateur Charles Pasqua estime que le renvoi en correctionnelle de l'ancien président Jacques Chirac "ressemble à un règlement de compte", dans une interview au Journal du Dimanche à paraître samedi. "Ce système judiciaire qui juge plus de quinze ans après les faits me choque", déclare l'ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement Chirac (1986-1988) qui "trouve cela non seulement triste mais aussi un peu indigne".
Ségolène Royal
L'ex candidate à la présidence a estimé vendredi, peu avant l'annonce officielle, qu'un tel renvoi ne serait "pas bon pour l'image de la France", "même s'il le mérite". "Ce sont des affaires très anciennes" et "aujourd'hui Jacques Chirac a sans doute beaucoup de choses à se reprocher si la justice le poursuit mais en même temps il a donné beaucoup au pays", a affirmé Ségolène Royal sur Europe 1. "Aujourd'hui, c'est un homme quand même qui mérite d'être tranquille", a estimé la présidente de Poitou-Charentes. "En même temps il faut que la justice soit la même pour tous", "pour les petits comme pour les puissants", a-t-elle tempéré.
Dominique Paillé (porte-parole adjoint de l'UMP)
"Je regrette cette issue". C'est une "épreuve douloureuse" pour l'ancien président. "Jacques Chirac est un personnage que les Français aiment bien. Il est dommage qu'en sa fin de carrière personnelle, il soit renvoyé en correctionnelle", a-t-il déclaré sur France Info. Le responsable de l'UMP s'est dit "surpris dans la mesure où cela ne correspondait pas aux réquisitions". Toutefois, a-t-il souligné, "il est tout à fait logique que la justice fasse son oeuvre, nous sommes dans un pays démocratique et de droit".
Jean-Marie Le Pen (FN)
Le président du Front national (FN), Jean-Marie Le Pen, a affirmé vendredi que le renvoi de Jacques Chirac devant la justice ne dévoilait qu'une "toute petite partie de l'iceberg". "La Chiraquie, c'est un iceberg, dont on ne voit qu'une toute petite partie immergée et dont on ne voit pas l'énorme bloc, qui est toujours caché sous la mer", a-t-il déclaré.
André Vallini (député PS de l'Isère)
"Il y a une satisfaction de voir que la justice travaille de manière indépendante dans notre pays, quelles que soient lespersonnalités mises en causes. J'ai aussi un autre sentiment,qui est de penser que ça vient bien tard. On s'apercoit que l'immunité pénale dont a bénéficié Jacques Chirac pendant 12 ans a retardé considérablement les affaires dans lesquelles il était impliqué, ce qui fait que la justice passe très tardivement. Mais si elle était passée pendant qu'il était président, il y aurait eu de graves inconvénients pour l'autorité présidentielle, mais aussi pour l'image de la France à l'international."
Noël Mamère (député vert de Gironde)
"Ce n'est que justice. Quand on est dans un pays où onpratique la justice d'abattage avec les comparutions immédiates,on ne peut pas continuer plus longtemps de protéger ceux qui ont accédé au sommet du pouvoir et se sont protégés eux-mêmes. C'est l'histoire de clans au plus haut sommet du pouvoir qui sont en train de régler leurs comptes. C'est beaucoup plus facile de s'en prendre à quelqu'un qui n'est plus président de la République et qui n'est plus protégé."
Jean-François Probst (ancien conseiller spécial de Jacques Chirac)
"Il y a certains jours où on peut se poser des questions au sujet de tous ces procès d'épuration, de liquidation, vingt ans après... Je crois qu'effectivement il y a des règlements de comptes actuels, des sortes de mauvais remake de 'Règlements de compte à O.K. Corral'. Le monde entier nous regarde en pouffant de rire."
Eric Halphen (juge)
"Il n'est pas du tout anormal, pour parler sous forme d'euphémisme, qu'une fois que le président n'est plus président la justice reprenne son droit", a estimé sur France Info le juge, qui avait instruit pendant douze ans l'affaire des HLM de Paris avant d'en être dessaisi en 2001. "S'il y a eu des infractions qui ont été commises, et c'est le tribunal qui en décidera, il est normal que toute personne, fût-elle le président de la République, comparaisse en justice", a-t-il ajouté.
D'après agence
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