Jean-François Copé © TF1/LCIJean-François Copé a promis d'arrêter la langue de bois. Cela donne sur Canal Plus lundi soir cette non-révélation mais qui a le mérite d'être claire : il n'aime pas Xavier Bertrand, "on bosse ensemble voilà". Mardi midi lors de son point-presse hebdomadaire, le patron du groupe UMP est questionné sur l'affaire Jean Sarkozy. Il flirte avec les limites. Lui qui se fait le garant de la liberté de parole au sein de ses troupes explique pourquoi il a abrégé le débat sur ce sujet lors de la réunion de groupe. "J'assume. J'ai suggéré qu'on n'ouvre pas un débat à l'infini sur ce sujet. Il m'a semblé que l'expression, allusive mais claire, qui avait été celle de Pierre Cardo résumait ce que peut-être un certain nombre d'autres voulaient dire. Sur ce sujet, beaucoup a été dit et il y a un moment où il faut faire la différence entre ce qui relève de l'écume de l'actualité et ce qui relève des sujets de fond".
Copé nouveau patron de l'UMP, mais plus avocat
Jean-François Copé a été officiellement désigné mercredi secrétaire général de l'UMP par le bureau politique, l'instance exécutive du parti présidentiel. Il a aussitôt annoncé qu'il abandonnait son activité d'avocat.
Publié le 17/11/2010
Ecume de l'actualité, vraiment ? "Qu'est-ce que vous-voulez qu'il dise de plus ?", confie un député UMP copéiste. A chaque fois qu'il a répondu sur le sujet, il a commencé par dire qu'il était d'autant plus libre que Jean Sarkozy lui avait souvent tappé dessus". Mais chez le maire de Meaux, rien n'est laissé au hasard... et un conflit ouvert avec l'Elysée sur le cas Jean Sarkozy serait une bombe.
"Si c'est pour dire ça, merci on le savait !"
Mais mardi, la fin de son point-presse est éclairante. Interrogé sur une éventuelle "absence de cap du gouvernement" resssentie par une partie de l'électorat de droite, Jean-François Copé commence par justifier l'action de la majorité en égrenant trop classiquement les réformes en cours : fiscalité écologique, réforme des collectivités locales, valorisation du travail, réforme à venir des retraites...
Puis, le ton plus énergique et enfin convaincu, il se met à expliquer en quoi sa priorité de la rentrée, la question de la souffrance au travail, répond d'une réflexion plus globale, celle sur "l'identité" et le vivre ensemble. "Lorsqu'une grande entreprise comme France Telecom, à laquelle les Français sont si attachés, est confrontée à de tels drames, c'est à travers ça la question de l'idendité qui est en jeu, du rapport des hommes entre eux dans le monde du travail. Les politiques n'ont pas le droit de passer à côté de ce sujet."
A-t-il quelqu'un dans le viseur à propos du manque de sens dans l'action ? La réponse arrive sans même que la question lui soit posée : "quand j'entendais ce matin le Premier ministre dire à la radio que nous étions en situation de crise, si c'est pour dire ça, merci on avait compris !". Ce tacte spontané à François Fillon de celui qui se veut le chef de la majorité en dit long sur l'incompréhension grandissante entre les deux hommes. Mais Jean-François Copé s'en moque et assume ses coups. N'est-ce pas au nom d'une promesse finalement bénite, celle d'avoir promis d'arrêter la langue de bois ? N'est-ce pas surtout de plus en plus au nom de la définition de son propre cap ? La réponse est dans la question.
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