Serge Dassault/Image d'archives © DRJean-Pierre Bechter, bras droit de Serge Dassault et tête de liste UMP, l'a rappelé à longueur de campagne : "Voter Bechter, c'est voter Dassault". C'est donc bel et bien sur la poursuite ou la fin de l'ère Dassault que les électeurs doivent trancher ce dimanche lors du second tour de la municipale partielle de Corbeil-Essonnes. L'élection a été provoquée par l'inéligibilité des deux finalistes de mars 2008 : Serge Dassault, maire de cette ville de l'Essonne depuis 1995, en raison de "dons d'argent" qu'il conteste, et Bruno Piriou (PCF) dont les comptes de campagne ont été invalidés.
Serge Dassault et le Parisien : ça ne se fera pas
Le groupe Dassault n'a pas l'intention de faire une offre pour le rachat du journal Le Parisien-Aujourd'hui en France, a annoncé mercredi un porte-parole.
Publié le 27/10/2010
Le 27 septembre, au premier tour, la liste Bechter était arrivée en tête en recueillant 30,75% des voix. Mais les trois listes de gauche avaient totalisé ensemble 51%, et au second tour, la gauche se présente unie derrière un candidat PCF, Michel Nouaille. Le duel s'annonce donc serré. Et Jean-Pierre Bechter ne s'est pas privé de mener une campagne violemment anti-communiste.
Un vote local au retentissement national
"Après l'ensemble de la gauche française, Kim Jong-Il, président de la Corée du Nord, Fidel Castro, dictateur depuis 50 ans, appellent à voter Michel Nouaille", a-t-il raillé dans un tract. Il réagissait à l'appel de six dirigeants nationaux de gauche, d'Olivier Besancenot (NPA) à Martine Aubry (PS) en passant par Cécile Duflot (Verts), à "mettre fin au système Dassault" et à rendre Corbeil "à ses habitants". Dans un communiqué séparé, Lutte ouvrière avait aussi appelé "à tourner la page de la gestion Dassault" et donc à "voter massivement" pour la gauche. Mais Michel Nouaille a évacué en deux adjectifs, "caricatural" et "ridicule", la rhétorique anticommuniste de Bechter. Le candidat communiste, y voit surtout un "désarroi total" à droite.
Entre les deux cours, les négociations sont allées bon train. La liste emmenée par le bras droit de Serge Dassault a fusionné avec celle, sans étiquette, de Jean-Michel Fritz (9,64%). Ce dernier, premier adjoint de Serge Dassault jusqu'à mars 2008, a choisi de ne pas figurer sur cette liste. S'il qualifiait avant le premier tour Jean-Pierre Bechter "d'homme de paille", et avait appelé sa liste "un vrai maire pour Corbeil-Essonnes", Jean-Michel Fritz affirme désormais que le responsable UMP "fera un très bon maire" et invite ses électeurs à se déterminer "en libre conscience". De son côté, Nathalie Boulay-Laurent, ex-première adjointe de Serge Dassault jusqu'à l'annulation du scrutin, dont la liste sans étiquette a obtenu 4,63% des suffrages au premier tour, n'a pas donné de consigne de vote.
Après de difficiles négociations, les trois listes de gauche sont de leur côté parvenues à trouver un accord de fusion à la proportionnelle. La liste Nouaille était en tête à gauche avec 24,33% des voix, devant Carlos Da Silva (PS, 18,98%) et Jacques Picard (Verts, 7,76%). Il y a une "vraie volonté d'ouvrir un nouvel avenir, une nouvelle page", et que Corbeil redevienne "une ville normale", estime Michel Nouaille.
D'après agence
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