David Douillet. © LCILors du premier tour, le 11 octobre, le candidat UMP, le célébrissime David Douillet, était arrivé largement en tête. Sur fond d'abstention importante, l'ex-judoka avait réussi la première étape de son baptême électoral dans les Yvelines en remportant 44,2% des suffrages. Il paraissait d'autant mieux placé pour le second tour de ce dimanche face au candidat socialiste Frédérik Bernard. Même s'il se disait "prudent et humble" à l'approche du tour décisif : "avec 70% d'abstention, tout est possible", reconnaissait-il, lorsqu'il était interrogé sur ses réserves de voix.
Mais entretemps, la situation a quelque peu changé. Et le second tour de cette législative partielle ne manquera pas d'être analysée à la lumière d'un élément inattendu, qui s'est invité entretemps dans la campagne : la polémique sur Jean Sarkozy. Un député UMP des Yvelines, Pierre Cardo, a averti mardi d'un possible impact sur ce deuxième tour de la candidature controversée du fils cadet du chef de l'Etat à la tête du quartier d'affaires de La Défense. Nicolas Sarkozy lui-même, en pleine polémique Jean Sarkozy, a cité dans un entretien au Figaro le score de David Douillet comme une preuve que la situation politique est loin d'être aussi mauvaise que celle de ses prédécesseurs à mi-mandat.
"Tourner la page"
Ces aléas de l'actualité ne semblent toutefois pas troubler le candidat UMP. David Douillet souhaitait déjà "tourner la page" après une affaire de corruption à l'origine de cette élection, le député sortant UMP Jacques Masdeu-Arus ayant été condamné à dix ans d'inéligibilité dans une affaire de pots-de-vin. Il balaie de la même manière la polémique autour de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense (Epad) : "on ne m'en parle pas, ce n'est pas la préoccupation majeure des gens, qui me parlent de logement, de transport et d'emploi". De son côté, le socialiste Frédérik Bernard a dénoncé "une présidence monarchisée", voyant dans la candidature du sportif "le fait du prince". Et d'ajouter : "Cette élection est une occasion pour chaque citoyen de montrer leur mécontentement, les Français attendent un sursaut contre Sarkozy".
Quoi qu'il en soit, pour les deux camps, l'objectif prioritaire de ce second tour reste la mobilisation des abstentionnistes. Au lendemain du premier tour, l'équipe de campagne de David Douillet avait écarté toute "stratégie de ralliement", privilégiant une "campagne de terrain". Du côté du candidat socialiste Frédérik Bernard, maire de Poissy, qui a recueilli au premier tour 21,9%, on affiche la même volonté de mobiliser les abstentionnistes : "On va aller les chercher, faire du porte à porte". L'élu dit "y croire" et compte sur ses "nombreuses" réserves de voix "dans les quartiers où l'abstention a été très forte et qui votent habituellement pour la gauche". Il a pu compter sur le soutien dès dimanche soir des Verts, dont le candidat Alain Lipietz est arrivé troisième avec 14,8%.
Le candidat du Parti de gauche, François Delapierre (4,9%), qui estime que la solution pour battre la droite est de mener une campagne "clairement à gauche", n'a "pas appelé à voter pour Frédérik Bernard tant qu'il n'a pas dit qu'il ne sollicitait pas le soutien du MoDem". Ce dernier, Richard Bertrand, n'a pas donné de consigne de vote : "on est centriste et dans cette élection il s'agit d'un combat national entre le PS et l'UMP. On n'a donc pas à prendre part à ce genre d'élection", a-t-il expliqué.
D'après agence
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