Fillon partant ? Guéant dément

Par D.H. (avec agences), le 06 octobre 2009 à 22h02 , mis à jour le 06 octobre 2009 à 22h39

Dossier : Grand Paris, capitale sous pression - Actualités

Dans une interview balai au Figaro, le secrétaire général de l'Elysée évoque aussi le procès Clearsteam... et utilise à son tour le terme "coupables".

Claude GuéantClaude Guéant annonçant le nouveau gouvernement Fillon, le 23 juin 2009. © TF1-LCI

Fillon quittant Matignon pour gagner les sphères européennes ? Que nenni. Dans un entretien au Figaro (de mercredi), le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, assure que le départ de François Fillon de Matignon n'est "absolument pas à l'ordre du jour". "En ce qui concerne le président de la République, c'est clair, François Fillon n'est pas partant. Le président considère que leur collaboration fonctionne bien", insiste-t-il.
 
Même si François Fillon a maintes fois plaidé pour des gouvernements au long cours, la presse a récemment de nouveau évoqué une éventuelle démission prochaine du chef de gouvernement, en poste depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, en mai 2007. Claude Guéant juge d'ailleurs "absurdes" les rumeurs faisant état d'une nomination de François Fillon à un important poste européen sous peu. "Les nominations vont se faire en novembre. Les contacts sont déjà en cours entre chefs d'État et de gouvernement. Il n'y a de ce fait aucune perspective européenne pour François Fillon à court terme", précise le secrétaire général de l'Elysée. Mais alors qui la France va-t-elle proposer pour le poste de Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères ? "Bernard Kouchner ? Hubert Védrine ? Michel Barnier ?" Claude Guéant élude. Tout juste un énigmatique : "ce n'est un secret pour personne que la France proposera Michel Barnier comme commissaire européen. Reste à savoir à quelle fonction".
 
François Fillon a récemment fait face à une majorité réticente sur les derniers projets de réforme (taxe carbone, RSA Jeunes). Une grogne face à laquelle Claude Guéant affiche une sérénité à toute épreuve. Nicolas Sarkozy "ne souhaite pas une armée de godillots" et "jamais les voix de la majorité n'ont manqué au gouvernement", déclare le secrétaire général de l'Elysée, confirmant le calendrier de la réforme des collectivités territoriales. Texte qui fait grincer des dents à droite et à gauche. Le texte, actuellement au Conseil d'Etat, sera examiné le 21 octobre en Conseil des ministres et le 14 décembre au Sénat. Il n'est pas question d'étendre aux députés le mode d'élection des futurs conseillers territoriaux (scrutin uninominal à un tour pour 80% de ces conseillers, scrutin proportionnel pour les 20% restants), comme le suggère l'ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin, ajoute Claude Guéant. "Ce n'est pas du tout à l'ordre du jour aujourd'hui."
   
Guéant évoque à son tour des "coupables" de Clearstream

Claude Guéant confirme au passage que la ministre de la Santé Roselyne Bachelot ne conduira pas la liste UMP aux élections régionales de 2010 en Pays de Loire, Nicolas Sarkozy imposant aux ministres qui seront élus présidents de région de quitter le gouvernement. "Elle porte deux dossiers majeurs, la grippe H1N1 et la mise en oeuvre de la réforme hospitalière", explique-t-il. "Elle estime que c'est son devoir de continuer."

Le président Nicolas Sarkozy avait déchaîné le 23 septembre la colère des prévenus de ce procès retentissant, dont l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, en parlant lui-même de "coupables", lors d'une interview télévisée. Les "coupables" de la manipulation des fichiers de Clearstream figurent bien parmi les prévenus actuellement jugés à Paris, déclare à son tour le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, dans cette interview. "Les gens qui comparaissent ont été renvoyés par le juge d'instruction", insiste Claude Guéant. "En général, les coupables figurent parmi ceux qui sont présentés par les juges."
 
Des distances avec Mitterrand et Kouchner

Claude Guéant répond également aux objections de ceux qui, dans la majorité, reprochent au chef de l'Etat de faire la part trop belle aux personnalités d'ouverture. "Le président n'a pas l'intention de former un gouvernement de gauche", explique-t-il. "Il ne s'agit pas d'augmenter le nombre de personnalités d'ouverture mais de le maintenir. Avec les mêmes ou avec d'autres." Il n'en prend pas moins ses distances avec le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, une de ces personnalités, qui a pris la défense du cinéaste Roman Polanski, détenu en Suisse pour une affaire de moeurs remontant à 1977 aux Etats-Unis. "Chacun sait que les faits qui sont reprochés à Polanski sont évidemment condamnable. C'est à la justice américaine de décider", déclare-t-il. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, transfuge socialiste, prend aussi un coup de griffe à propos du voyage que Claude Guéant vient d'effectuer en Syrie avec le chef de la cellule diplomatique de l'Elysée, Jean-David Levitte. "Certains chefs d'Etat préfèrent voir des proches du président parce qu'ils veulent passer directement certains messages", dit le secrétaire général de l'Elysée.

A propos du débat budgétaire, lourd de tensions potentielles sur fond d'explosion des déficits, il assure que le gouvernement "est ouvert à un réexamen des niches fiscales ou sociales". Il soutient l'idée d'une fiscalisation des indemnités des accidentés du travail et rejette l'idée d'un référendum, réclamé par la gauche, sur le changement de statut de La Poste. "Juridiquement, ce référendum permettrait d'inscrire une proposition de loi au Parlement. Or, précisément, un projet de loi sur le statut de la Poste est déjà inscrit à l'ordre du jour du Parlement", explique-t-il.

Les banques auront remboursé le prêt sous peu
 
Claude Guéant assure par ailleurs que toutes les banques françaises auront remboursé "d'ici peu" les prêts accordés par l'Etat pour contrer la crise financière mondiale. Et "grâce aux intérêts, l'Etat gagnera même 500 millions d'euros. C'est le coût du plan pour la jeunesse annoncé par le président (Nicolas Sarkozy)", ajoute-t-il.
 
Nicolas Sarkozy estime qu'il existe encore un "palier" de sanctions économiques envisageable contre l'Iran, que les pays occidentaux accusent de développer un programme nucléaire militaire, affirme encore le secrétaire général de l'Elysée.

Par D.H. (avec agences) le 06 octobre 2009 à 22:02
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15 Commentaires

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  • Dodo, le 07/10/2009 à 17h30

    Et le chomage dans tout cela !!!!!!!!!!!

  • Renato, le 07/10/2009 à 14h25

    Il faudrait modifier l'article 9-1 du Code civil afin que tout prévenu ou accusé déféré par le juge d'instruction devant le tribunal correctionnel ou la Cour d'Assises soit "présumé coupable". En attendant, M. GUEANT qui ne bénéficie, lui, d'aucune protection juridique, risque d'être poursuivi par les "présumés innocents" de l'affaire Clearstream !

  • Chris, le 07/10/2009 à 14h22

    à Bruno saint jean d'angely : Quand tu sais pas tu te tais, ca t'évitera de dire des stupidités comme d'habitude

  • Jojo, le 07/10/2009 à 13h33

    Il n'y a que vous pour dire que les coupables se trouvent "toujours" parmi les prévenus, Violette...

  • Violette, le 07/10/2009 à 12h42

    NON et NON ! c'est proprement scandaleux de dire que des coupables se trouvent toujours parmi des prévenus. N'y-a-t-il jamais eu d'erreurs judiciaires ? n'y a-t-il jamais eu de vrais coupables dénoncés après que des prévenus aient été accusés à tort ? j'en passe et des meilleures. "Il y a loin de la coupe aux lèvres", vous connaissez cette expression ? alors conformez-vous y. Il est certain qu'il y a une haine plus que débordante envers de Villepin et cie. J'en profite pour dire également que BHL aurait dit concernant l'affaire Polanski que c'était "une erreur de jeunesse". Mais bien sûr !!! à l'époque M. Polanski avait 44 ans !!!

  • Guy, le 07/10/2009 à 11h42

    à Bruno : Il s'agit tout simplement du Secrétaire Général de l'Elysée. Il est donc tout à fait dans son rôle en parlant "au nom de l'Etat". C'est même une partie de sa mission.

  • Josette, le 07/10/2009 à 10h19

    En Italie, le gouvernement n'a jamais été stable et ce pays ne va pas plus mal que la France

  • Bruno, le 07/10/2009 à 10h10

    Qui c'est celui la ? Il n'est pas élu du peuple ! De quel droit se permet il de parler au nom de l'état ! C'est scandaleux !!!!

  • JGH, le 07/10/2009 à 09h18

    La France connait deux problèmes relativement graves dans le fonctionnement de la vie politique: La législation qui veut qu'un ministre ( ou chef de gouvernement ) puisse profiter d'une retraite à taux plein après seulement 6 mois de fonction au gouvernement et les habitudes détestables des chefs d'états qui pratiquent le" copinage" pour faire profiter un maximum de personnes de leurs entourage de cet avantage. Du coup nous risquons d'arriver à la situation absurde où la France pourrait devenir " ingouvernable", sont gouvernement étant "remanié" tous les 4 matins ...

  • Michel, le 07/10/2009 à 08h47

    Je suis déçu, je croyais qu'il allait nous annoncer la suppression de la CSG, plus-value, isf et autres pénalisations économiques qui bloquent notre pays. Bla bla bla.

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