Frédéric Mitterrand, le 6 septembre 2009 à Seignosse, au campus d'été de l'UMP © Abacapress.comAprès la polémique sur son livre, Frédéric Mitterrand doit faire face à de nouvelles attaques, nées cette fois bien loin de Paris : vendredi, le Quotidien de la Réunion a révélé que le ministre de la Culture était cité en tant que témoin de moralité dans un procès d'assises en appel qui se déroulera fin octobre à la Réunion. Trois hommes doivent comparaître ; ils sont poursuivis pour le viol collectif d'une jeune fille de 16 ans. Frédéric Mitterrand avait apporté son témoignage à deux des accusés, dont l'un est son filleul, lors du premier procès devant la cour d'assises des mineurs de Saint-Denis-de-La-Réunion en mars dernier. Les trois hommes avaient été condamnés à des peines allant de 8 ans de prison à 15 ans de réclusion.
Le ministre a réagi avec virulence à l'annonce publique de son intervention dans ce procès. "Je suis indigné qu'on vienne me chercher sur cette affaire. Je le répète : c'est dégueulasse !", a-t-il lancé dans les colonnes du Journal du Dimanche, assurant "ne plus supporter ces attaques". Et de se justifier : "J'ai apporté mon témoignage sur la moralité d'une famille, celle de mon ancienne maquilleuse sur France 2 (...) Je ne suis pas parano. Il ne s'agit pas de complot mais si je m'appelais Tartempion, je ne subirais pas les mêmes indignités".
"Le ministre n'a rien à se reprocher"
Comment s'était manifestée cette action de celui qui n'était pas encore ministre de la Culture ? Par une lettre à en-tête de la Villa Médicis ; Frédéric Mitterrand y précisait "qu'en tant que directeur de l'Académie de France à Rome", il "s'engageait personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion" pour les accués. Il évoquait la possibilité de stages de formation à la Villa Médicis - des stages qui sont non rémunérés, a tenu à souligner son cabinet. Interrogé sur le fait que cette lettre était, précisément, à en-tête de la Villa Médicis, le cabinet du ministre a répondu qu'il s'agissait "de montrer qui vous êtes quand vous écrivez à un juge, sans plus". Dans cette lettre, Frédéric Mitterrand écrivait en outre à propos des deux accusés : "Ils sont assurément conscients de la gravité des faits qui leur sont reprochés".
Quant au fond de l'affaire, le cabinet du ministre a souligné : "Frédéric Mitterrand réprouve les faits qui sont d'une extrême gravité. Il s'est porté témoin de moralité pour les parents qu'il connaît de longue date et non pour leurs enfants". En tout état de cause, dans cette affaire, "le ministre n'a rien à se reprocher. Il s'est engagé simplement personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion de ces jeunes après leur condamnation (...) La seule chose qu'on pourrait lui reprocher c'est quasiment un délit d'humanité". Du côté de l'Elysée, pour l'heure, aucun commentaire.
"Quand on s'appelle Mitterrand, on n'a pas de surprise"
La révélation de ce témoignage intervient alors que le ministre, face à l'ampleur de la polémique déclenchée par le Front national sur son ouvrage La mauvaise vie, publié en 2005, est venu s'expliquer jeudi dans le journal de 20 heures sur TF1. Pour dire qu'il condamnait le "tourisme sexuel" et qu'il n'était pas un pédophile. "Depuis que je suis arrivé au Ministère de la Culture, j'agis. Il y a eu notamment la loi Hadopi. On veut sans doute me le faire payer", estime désormais auprès du JDD Frédéric Mitterrand, en affirmant aborder toutefois la semaine à venir "avec sérénité". Il observe : "La politique est un univers que l'on connaît bien. Quand on s'appelle Mitterrand, on n'a pas de surprise".
C'est donc probablement sans surprise que Frédéric Mitterrand aura appris samedi les nouvelles accusations portées contre lui par Marine Le Pen : le ministre de la Culture "témoigne", selon la vice-présidente du FN "de la moralité, du désir de réinsertion, du désir de renoncer à de mauvaises fréquentations, de l'engagement que prendraient ces criminels à ne plus commettre un quelconque délit, il s'engage à leur place sans jamais les avoir vus. C'est ce qu'on appelle un faux témoin en justice". Frédéric Mitterrand ne compte toutefois pas resterinactif face aux attaques : il a fait savoir qu'il "se réserve le droit" d'aller devant la justice pour défendre "son honneur et sa réputation" après l'article du Quotidien de la Réunion.
D'après agence
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