Marine Le Pen, le 22 septembre 2007 © TF1/LCILa vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a estimé jeudi soir que le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand avait "menti", ajoutant : "Ce soir, plus encore qu'hier, il doit démissionner". "Frédéric Mitterrand a menti avec beaucoup d'impunité. On pouvait lui reconnaître une qualité de sincérité quand il parlait d'autobiographie (...) Mais quant à faire croire aux Français que les 'gosses' dont il parle dans son livre sont des hommes de 40 ans, il rajoute l'indignité à l'indignité", a déclaré Marine Le Pen.
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Au centre d'une polémique autour de son livre "La mauvaise vie" paru en 2005, le ministre de la Culture s'est expliqué jeudi soir longuement sur TF1 en affirmant n'avoir "jamais participé" à la pédophilie. Il a dénoncé également le tourisme sexuel "une honte". Comme on lui demandait s'il avait eu des relations sexuelles avec des mineurs, Frédéric Mitterrand a répondu: "Quand même, vous reconnaissez quelqu'un qui a 40 ans. Un boxeur de 40 ans ne ressemble pas à un mineur, enfin! Franchement !". "Ce soir, plus qu'hier encore, il doit démissionner", a ajouté Marine Le Pen, en demandant au président Nicolas Sarkozy "de le démissionner" et à "l'ensemble des élus UMP de réclamer sa démission".
"Des déclarations extrêmement claires"
Interrogé pour sa part sur RTL, au lendemain des explications télévisées du ministre de la Culture, Benoît Hamon est revenu sur ce qui l'avait choqué dans cette affaire, mettant en cause la manière dont le ministre de la Culture avait "parlé des garçons" dans son récit. Frédéric Mitterrand "a eu des déclarations extrêmement claires hier, c'est incontestable", a toutefois reconnu le porte-parole du PS. "Dont acte, c'était une déclaration qui était attendue de la part d'un ministre qui a longtemps entretenu l'ambiguïté sur ce sujet dans les déclarations qu'il avait faites autour de son livre. Il s'explique mais jusqu'ici, reconnaissons que Frédéric Mitterrand c'est un parangon d'ambiguïté". Benoît Hamon a ainsi dénoncé "l'amalgame" fait selon lui par le ministre de la Culture entre "les mots scabreux de l'extrême droite" et l'indignation de ceux "qui s'étaient exprimés contre l'exploitation sexuelle".
Autre socialiste, Manuel Valls a, comme Benoît Hamon, pris "acte" des déclarations de Frédéric Mitterrand sur ses écrits sur le tourisme sexuel en s'indignant toutefois des "accusations de populisme" lancées contre ceux qui, à gauche, avaient demandé des explications au ministre. Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation du PS, a jugé pour sa part les explications de l'intéressé "laborieuses" et "narcissiques", jugeant qu'il sera "difficile" pour le ministre de la Culture "d'assumer sérieusement sa charge".
Au sein du gouvernement, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a jugé très émouvante la défense du ministre de la Culture, jeudi soir sur TF1, et a plaidé pour une "deuxième chance" après les "fautes" d'une vie. Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a trouvé Frédéric Mitterrand "convaincant" tout en concédant que l'affaire pourrait avoir des répercussions négatives sur l'opinion publique.
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