Quand Juppé shoote le gouvernement

Par D.H. (avec agences), le 07 octobre 2009 à 14h20 , mis à jour le 07 octobre 2009 à 14h27

Critiquant vertement la réforme territoriale et la suppression de la taxe professionnelle, le maire UMP de Bordeaux estime que "le gouvernement cherche la provocation" et "se fout du monde".

Alain JuppéAlain Juppé, le 21 janvier 2008 © TF1-LCI

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne mâche pas ses mots. Et l'interview est à ajouter à la pile des tensions entre la majorité et le gouvernement, notamment sur le dossier de la réforme des collectivités, dont l'Elysée veut supprimer des échelons. En des termes durs, l'ex-Premier ministre Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, lynche les modalités de suppression de la taxe professionnelle et le projet de la réforme territoriale du gouvernement dans une interview au quotidien régional Sud Ouest. Ce texte, dit-il, est "encore très en retrait par rapport à ce qui était envisagé. "Ce n'est pas un bouleversement", "mais c'est toujours pareil avec Sarkozy, on vous dit que c'est une rupture avec tout ce qu'on a fait par le passé... C'est une transition".
 
Quant à la suppression de la taxe professionnelle, versée par les entreprises au profit des collectivités locales, Alain Juppé a affirmé que "le gouvernement cherche la provocation". "Le président Sarkozy avait promis une compensation euro par euro mais il avait oublié de dire pendant un an", dit-il. Il en veut pour preuve la Communauté urbaine de Bordeaux (Cub) dont il est vice-président. Le résultat serait, selon lui, que dès la deuxième année, elle perdrait "plusieurs millions. C'est tout de même se foutre du monde". Le maire de Bordeaux, qui prône une agglomération "puissante, avec un vrai exécutif communautaire", estime que "le transfert des compétences du département à l'agglo semble remis en cause", tandis que "tout ce qui devait réaffirmer la primauté de la métropole sur la commune a du plomb dans l'aile".
 
Chatel répond
 
Pour Alain Juppé, l'élection de conseillers territoriaux siégeant à la fois au département et à la région "sera un changement très profond justifié par deux motifs : le premier, quelque peu démagogique, est de diminuer le nombre d'élus ; ce qui fait toujours plaisir. Le deuxième est d'amorcer le rapprochement entre la collectivité régionale et la collectivité départementale. Mais beaucoup dépendra de la loi électorale" qui, selon lui, "n'est prévue nulle part".
 
Déjà, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a rejeté les accusations de l'ancien Premier ministre. "J'ai beaucoup de respect pour Alain Juppé mais je n'ai pas vraiment le sentiment que le président de la République se moque du monde", a-t-il déclaré mercredi lors du compte rendu du conseil des ministres. Nicolas Sarkozy "a pris deux décisions difficiles, courageuses, qui sont, l'une, de réformer en profondeur notre système d'organisation territoriale", a-t-il poursuivi. "Et deuxième décision difficile, c'est la question de la taxe professionnelle, avec un objectif : améliorer la compétitivité de notre industrie."

Par D.H. (avec agences) le 07 octobre 2009 à 14:20
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30 Commentaires

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  • ELleaiMe, le 09/10/2009 à 13h46

    Ha , j'ai l'impression que c'est une idée novatrice de quelques heures . Mr Juppé oublie les orientations de ses mandats , mises en berne par la cohabitation au niveau législatif mais rampant au niveau territoriale . La psycho-histoire ou comment les évènements s'articulent autour du passé . Séminaire acadien décuple la vision capitaliste et de crise . envoi lci le mercredi 07 octobre 2009 à 19h07 quand juppé shoote le gouvernement

  • Sam, le 08/10/2009 à 17h45

    Le fait qu'il n' y a sans doute pas meilleur que lui ne veut pas dire que Monsieur Sarkozy n'est pas mauvais... même à droite ils commencent à s'en rendre compte. le problème est la pauvreté de pensée généralisée de nos hommes politiques. Sarko ou pas ce constat ne change pas depuis des années.

  • Jean, le 08/10/2009 à 14h03

    Looky, Nanterre personne n'est en mesure de Battre Sarkozy et sa fait bien peur, pourquoi faille t'il le battre comme vous le dites ont est pas dans une cour de récré. si pour le moment y a personne ca montre au moins que Sarko est le meilleur et fort heureusement pour nous nous avons echappé a Becassine en 2007. Et quand ont voit qu'aubry sort de sa tanniere rue de solférino en quete d'idées aupres des Francais ont constate que le PS est sectaire et est loin de nos probleme d'ailleurs a part voter et voter en interne ont ne les entends sur les vrai probleme sur les réformes ca c'est dramatique, ont a une opposition en gueguerre interne permanente et qui fait croire etre proche des francais.

  • Looky, le 08/10/2009 à 11h33

    A Goufig, vous avez raison quand vous me dite "pour retrouver qui" mais il reste encore moin de 3 ans, j'espère que d'ici là un vrai candidat aura fait son apparition, car à cette heure ci, personne n'est en mesure de Battre Sarkozy et sa fait bien peur.

  • Goufig, le 08/10/2009 à 08h49

    Looky de Nanterre dit: Vivement 2012 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Pour retrouver qui ??? Royal, Aubry, Delanoé, Fabius. On les a déjà vu à l'?uvre et si ils avaient fait une chose de bien, ça se saurait. Une chose est sure, ce n'est certainement pas les 35 heures

  • Josephine, le 08/10/2009 à 03h27

    Bravo M Juppé, enfin un qui soulève les vrais problèmes . Comment faire marcher la machine si seuls les gens modestent paient, surtout avec la montée constante de chômage. Si nous avions le plein emploi. mais ce n'est pas le cas. Nous allons tous a la faillite avec les projets du gouvernement actuel.Le PS du moins sa direction actuelle n'a rien a dire a ce sujet.

  • Coluche, le 08/10/2009 à 02h55

    Plus de discipline, de sécurité et d'emplois.

  • Noémie, le 08/10/2009 à 01h41

    Il y a de nombreuses façon d'aider les entreprises : libéraliser complètement le secteur, ce qui les fait gagner énormément d'argent sur le coup, et leur permet de choisir leur propre politique (où elles investissent, qui elles forment, qui elles embauchent, etc.), ou alors contrôleur le secteur, en mettant des taxes, les mêmes, à toutes, et en leur mettant ensuite à disposition des services. Par exemple des jeunes bien formés grâce à la taxe professionnelle, des jeunes ou moins jeunes avec un bon niveau d'employabilité à leur sortie de la case ANPE (pardon, pôle emploi) car pôle emploi avec des moyens = chômeurs mieux orientés, mieux formés, mieux réembauchés, et plus rentables ensuite pour leur entreprise. Avec des taxes et des lois, on peut soit museler les entreprises, soit si elles sont bien faites, les orienter dans le bon sens (environnement, formation professionnelle qui leur est utile à long terme mais qu'elles ne souhaitent pas forcément développer car dans les politiques à court terme c'est mauvais...). Notre gouvernement choisit la libéralisation et le court terme. Ce n'est pas ce que je souhaite.

  • Robert, le 07/10/2009 à 22h41

    Reppier.de Nantes Entre temps il y a eu la crise et pas seulement en France, regardez ce que donne le régime socialiste en Espagne. Les collectivités locales doivent aussi apprendre à épargner.

  • Looky, le 07/10/2009 à 18h06

    Je suis entièrement d'accord avec Yaya1972 enfin un qui a réusi a enlever sa musoliaire, juste une chose à dire : vivment 2012.

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