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| Un ministre dans la polémique |
Le ministre de la Culture est au cœur d'une violente et rapide polémique depuis mardi après les attaques de Marine Le Pen sur France 2 mais également de responsables socialistes. Quel est donc le contexte d'écriture de ce livre ? Que disent exactement les écrits quit ont déclenché la polémique ? Le livre de Frédéric Mitterrand "La mauvaise vie" est paru en 2005 sans provoquer de critiques, notamment de la classe politique. Dans ce récit à succès (190 000 exemplaires) qualifié par un critique "d'autobiographie mi-réelle, mi-rêvée", le futur ministre revisite notamment son enfance à l'ombre d'une gouvernante qu'il déteste et son adolescence hantée par les blessures que lui vaut l'homosexualité. Il décrit également son goût pour la clandestinité, l'habitude prise très tôt de payer les étreintes des garçons et ces "foires aux éphèbes" où le mépris de celui qui est payé n'a d'égal que le mépris de celui qui paye.
Parmi les scènes les plus fortes : des scènes dans des maisons closes de Thaïlande où des jeunes gens défilent devant des hommes venus du monde entier, des nuits pluvieuses à Djakarta où le narrateur cueille un "boy" aux allures de paysan athlétique. "L'argent et le sexe, je suis au coeur de mon système, celui qui fonctionne enfin, car je sais qu'on ne me refusera pas", écrit l'auteur. Je peux évaluer, imaginer, me raconter des histoires en fonction de chaque garçon; ils sont là pour ça et moi aussi. Je peux enfiin choisir. J'ai ce que je n'ai jamais eu, j'ai le choix".
"Quand les gens disent les garçons, alors on imagine toujours les petits garçons"
De quel type de "garçons" parle-t-il ? C'est dans l'émission "Culture... et dépendances" diffusée sur France 3 le 6 avril 2005 que Frédéric Mitterrand est allé le plus loin dans les explications, en prenant le temps de répondre aux questions sur la rumeur sur son attirance pour les "petits garçons" .
"Peut-être, mais c'est pas vrai. Quand les gens disent les garçons, alors on imagine toujours les petits garçons, explique Frédéric Mitterrand. Comment vous dire ?... Ca fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit, qui veut toujours noircir le tableau, compliquer le tableau. Ca n'a aucun rapport. Et évidemment, je m'expose peut-être à ce genre de dangers puisque d'une part, je parle des gaçons et des garçons que l'on cherche à droite et à gauche, et que je parle aussi de mon désir de paternité, et que de tout cela j'en parle franchement." Et lorsque Franz-Olivier Giesbert insiste sur les rumeurs qui entourent l'âge des "garçons', il lui demande d'expliciter l'ambiguïté du terme même de "garçons", mot souvent employé par les homosexuels mais qui ne signifie pas, comme dans le langage commun, enfants. Frédéric Mitterand confirme cette explication : "oui, les homoseuxels disent garçons à 60 ans, vous êtes un garçon pour moi Franz Olivier-Giesbert", sur un ton humoristique.
Avec plus de gravité, Frédéric Mitterrand conclut l'interview ainsi : "C'est un livre sur la difficulté depuis l'enfance à affronter certaines difficultés de la vie. (...) L'attirance pour son propre sexe fait partie des difficultés de l'existence, quoi qu'on dise". Interrogée jeudi, son éditrice Betty Nialet livre le témoignage suivant. "L'accueil de la presse avait été extraordinaire, unanime", se souvient-elle. "Quand on le lisait dans le corps du texte, cela n'a choqué personne. Il a été reconnu comme un vrai écrivain avec ce livre-là". Pour elle, dans cet ouvrage, Frédéric Mitterrand "ne fait pas l'apologie" du commerce des corps, "il se torture littéralement, il pose les problèmes éthiques et moraux".
(Avec agence)
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