Jean Sarkozy
La maire de Puteaux à la tête de l'Epad
Joëlle Ceccaldi-Raynaud a été élue vendredi présidente de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense, poste auquel Jean Sarkozy avait renoncé fin octobre.
Publié le 04/12/2009
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| Le commentaire de Christophe Barbier |
La montée en puissance de Jean Sarkozy dans les Hauts-de-Seine et la possiblité de son arrivée prochaine à la tête de l'Epad, l'établissement public chargé d'aménager le quartier d'affaires de La Défense, font polémique. Concerné au premier chef par l'extension de La Défense sur sa commune, le maire PCF de Nanterre, Patrick Jarry, a estimé "qu'au-delà des questions d'aménagement, il s'agit bel et bien d'assurer la pérennité du clan et de verrouiller les organes de décision de tout le secteur". Plus ironique, un élu MoDem de Puteaux, Christophe Grébert, a lancé une pétition sur internet pour demander à Jean Sarkozy de renoncer, en l'invitant à "terminer" ses "études de droit et à faire quelques stages en entreprise".
La pétition connaît un succès. Elle recueille lundi matin déjà plus de 8000 signatures. Et son promoteur commence à surfer sur la vague Jean Sarkozy en assurant que "cette nomination commence à faire le tour du monde. La presse britannique s'en donne à coeur joie et l'affaire permet même à la télévision chinoise de se moquer du népotisme français". Du coup, le conseiller municipal de Puteaux appelle Jean Sarkozy "à ne pas se laisser faire, par cette guerre entre les clans Balkany et Devedjian, qui le pousse vers une fonction qu'il n'est pas à même d'assumer". La pétition sera remise à l'intéressé avant le 4 décembre, date du conseil d'administration de l'Epad qui élira son nouveau président. Christophe Grébert espère recueillir d'ici là 10.000 à 15.000 signatures.
"Est-ce que nous sommes en République ?"
De locale, l'affaire Jean Sarkozy est donc devenue nationale, et Ségolène Royal elle-même en a profité pour tirer à boulets rouges dimanche sur le bilan "à mi-mandat" de Nicolas Sarkozy, l'accusant de "battre tous les records" en matière de création de taxes et le sommant de s'occuper "de l'intérêt général" plutôt que de "placer son fils". Si Jean Sarkozy "ne portait pas le nom qu'il porte, est-ce qu'il serait à la place à laquelle il est aujourd'hui ?", s'est interrogée la finaliste de la présidentielle de 2007 lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. "Est-ce que nous sommes en République ? La République, c'est quoi ? C'est la reconnaissance des places de chacun en fonction de ses mérites propres, pas en fonction du nom qu'il porte", a-t-elle lancé.
La présidente de Poitou-Charentes a fait allusion aux "enjeux", selon elle, de cette nomination. "Ça peut toujours servir avant une prochaine élection présidentielle, si vous voyez ce que je veux dire, de détenir ainsi des clefs et de brasser des milliards d'euros", a-t-elle lâché, sans en dire plus. "C'est beaucoup, beaucoup, pour un aussi jeune homme, mais peut-être fera-t-il ses preuves comme son papa en attend de lui ?", a encore ironisé Ségolène Royal, avant d'interpeller le chef de l'Etat : "Il faut qu'il écoute le pays (...) qu'il se ressaisisse" car "la situation du pays est très, très grave". Lundi, de Manuel Valls qui dénonce le "clan Sarkozy" à Laurent Fabius et son ironie mordante, les leaders de gauche dénoncent une possible nomination de Jean Sarkozy.
S'il devient effectivement le nouveau président de l'Epad, Jean Sarkozy, aujourd'hui jeune conseiller général UMP de Neuilly-sur-Seine mais qui a obtenu jeudi le soutien de la majorité dans les Hauts-de-Seine pour intégrer l'établissement public chargé d'aménager La Défense, aura la main sur l'urbanisation du premier quartier d'affaires d'Europe, qui accueille 2500 sièges sociaux et 150.000 salariés sur 3 millions de mètres carrés de bureaux. Vitrine économique de la France, le secteur situé sur les communes de Puteaux et Courbevoie est d'autant plus stratégique qu'à l'heure du Grand Paris cher à Nicolas Sarkozy, il devrait rapidement s'étendre au-delà de ses frontières actuelles, via la fusion de l'Epad avec un autre établissement public, l'Epasa, qui chapeaute une partie de Nanterre. Trop lourd à piloter pour un jeune homme de 23 ans ? "Moi qui ai connu Nicolas Sarkozy à 22 ans, il avait déjà beaucoup de talent. Et je peux vous dire que Jean Sarkozy, à 23 ans, a peut-être encore plus de talent que n'en avait son père à son âge", justifie pour sa part Patrick Balkany.
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D'après agences
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