Jacques Chirac © REUTERS"Le 7 janvier 2009, Nicolas Sarkozy préside la cérémonie des voeux aux parlementaires. : On dit omniprésident. Je préfère qu'on dise ça que roi fainéant. On en a connu", déclare-t-il sans citer de nom, mais en insistant par un sourire entendu. Un ami de Jacques Chirac assure que lorsqu'un collaborateur lui a montré la dépêche sur les propos de son prédecesseur, "il a haussé les épaules en signe de commisération et la commisération chez lui, cela veut dire beaucoup". Voici parmi tant d'autres, l'une des anecdotes de ce livre qui dessine par petites touches et avec humanité le portrait du Jacques Chirac d'aujourd'hui, de sa nouvelle vie, d'un homme en réalité si peu connu des Français.
Jacques Chirac épingle Nicolas Sarkozy
Dans le second tome de ses Mémoires, l'ancien président qualifie l'actuel chef de l'Etat d'homme "nerveux, impétueux ne doutant de rien et surtout pas de lui-même".
Publié le 08/06/2011
Pasqua veut "rafraîchir la mémoire" de Chirac
Le sénateur condamné dans l'affaire de l'Angolagate propose à tous les parlementaires de créer une commission habilitée à enquêter sur les affaires protégées par un secret-défense.
Publié le 07/11/2009
Chirac l'auteur, superstar même pour Hollande
Réunis par un hasard de calendrier à la Foire du Livre de Brive pour des séances de dédicaces, les deux hommes ont échangé ouvrages et éloges devant les caméras et une foule nombreuse de Corréziens.
Publié le 07/11/2009
"J'irai moi-même devant le tribunal"
Dans une interview à Europe 1, Jacques Chirac souhaite être jugé le plus vite possible pour l'affaire des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris. Le parquet de Paris ne fera pas appel du renvoi en correctionnelle de l'ex président.
Publié le 04/11/2009
Chirac prend un bain de foule
Jacques Chirac a dédicacé samedi matin le premier tome de ses mémoires, au milieu d'une foule particulièrement dense rassemblée autour du stand, à la Foire du Livre de Brive, en Corrèze.
Publié le 07/11/2009
Chirac : "la guerre n'est jamais une solution"
L'ancien peésident a remis vendredi des prix pour la prévention des conflits, en présence de Nicolas Sarkozy.
Publié le 06/11/2009
Car le prestige et la pression de la fonction présidentielle retombés reste l'homme, insaissisable. Qui se cache derrière cette formidable bête politique qui a marqué durablement l'histoire de la Ve République ? Que reste-t-il une fois que l'on a quitté son bureau de l'Elysée après avoir présidé les destinées du pays pendant douze ans ? Comment revivre "normalement" ? Pour le savoir, Frédéric Delpech et Chantal Didier sont allés à la rencontre des amis de l'ancien président, des fidèles des bons jours comme des moins bons, et dieu sait si sa longue carrière lui en a réservé.
Ce livre, sorti il y a quelques semaines, permet de mieux comprendre les mémoires de Jacques Chirac publiées ce jeudi. En effet, le peu de révélations du premier tome de Chaque pas est un but (Editions Plon) n'étonne pas de la part d'un homme présenté par les deux journalistes comme un mur de pudeur. "Le silence commandé par sa fille Claude a plutôt réussi à Jacques Chirac", expliquent de surcroit les auteurs.
"Never explain, never complain"
Au fil des pages, l'ancien président laisse entrevoir une personnalité à "la force mentale incroyable", selon les mots de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Ainsi, la période qui suit son départ de l'Elysée ne provoque pas chez lui de profonde dépression. "Il y a eu un petit trou d'air", confie aux auteurs Alain Juppé, "un mutisme maîtrisé", rapporte également le communiste Robert Hue avec qui Jacques Chirac entretient des relations amicales depuis de longues années. Mais le choc du départ porte moins à conséquence, en réalité, que son accident vasculaire cérébral survenu en septembre 2005, un épisode resté jusque là très flou et sur lequel les auteurs apportent des révélations. Durant cette période, l'homme apparaît fatigué mais comme toujours, ne se plaint pas.
"Never explain, never complain". Cette vieille devise de la monarchie britannique a été reprise à son compte par l'ancien locataire de l'Elysée, expliquent Frédéric Delpech et Chantal Didier, tout au long de sa vie. Il faut au moins l'attaque de son éternel rival, Valéry Giscard d'Estaing à propos du financement de sa campagne par Omar Bongo en 1981, pour le mettre en colère. Question d'honneur. C'était en juin dernier, la scène est racontée dans l'ouvrage. Sinon, nulle trace de commentaire de l'ancien president sur l'action de son succcesseur Nicolas Sarkozy, il s'est forcé à la retenue.
Mélange de pudeur et de flegme en toutes circonstances, Jacques Chirac garde depuis son départ de l'Elysée les mêmes qualités d'organisation. "Il ne laisse rien au hasard", expliquent les auteurs. Président de la République déjà, il ne déviait pas de ces discours et son peu de goût pour les interviews télévisées témoignait également de cette horreur de l'improvisation. Pourtant, l'homme a de la répartie, et de l'humour, mais seuls ses intimes peuvent y goûter.
Depuis deux ans, Jacques Chirac partage sa nouvelle vie entre ses bureaux parisiens de la rue de Lille, 350 mètres carrés ou sept personnes travaillent à temps plein, le grand appartement de la famille Hariri quai Voltaire et ses voyages à l'etranger. Le livre explique les liens qui unissent l'ancien chef de l'Etat et la famille libanaise.
Frédéric Delpech et Chantal Didier parviennent egalement à lever un peu le voile sur l'intimité familiale du couple Chirac, sur le rôle de Bernadette dans la seconde vie de son mari et sur l'amour qu'ils portent à leur petits-fils Martin. Dejà en cinquième au lycee parisien de Duruy, l'adolescent aime à taquiner sa grand-mère : "à treize ans, c'est deja un petit macho qui dit que les filles sont nulles ! J'ai peur que les racines correziennes se retrouvent aussi chez lui."
Jacques Chirac, une vie après l'Elysée (éditions Favre). Par Chantel Didier et Fréréric Delpech (collaborateur du groupe TF1)
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