© SXC.HUGrand emprunt : "Pas moins de 25, pas au-delà de 50 milliards d'euros"
Nicolas Sarkozy décidera de son montant précis "au début du mois de décembre", a annoncé mercredi l'Elysée.
Publié le 04/11/2009
Combien l'Etat doit-il emprunter auprès des Français pour financer des investissements d'avenir ? La commission Juppé/Rocard doit remettre ses propositions à Nicolas Sarkozy "vers la mi-novembre" et d'ici-là, les options de montants se multiplient. Compte tenu de la dette abysalle que la France laissera déjà aux générations futures, certains prônent un emprunt modeste, comparativement au premier chiffre lancé par le chef de l'Etat il y a quelques semaines, environ 100 milliards. Au sein du groupe UMP, des députés UMP veulent freiner la spirale de l'endettement. De son côté, la semaine dernière, Michel Rocard avait jugé que le montant de l'emprunt pourrait atteindre 40 milliards d'euros mais certainement pas 100, chiffre avancé selon lui "par des gens sans responsabilité". Selon lui, le montant de cet emprunt devrait plutôt se situer "entre 20 et 30, 35, 40" milliards d'euros et "peut-être un peu plus" si la commission mettait en évidence "des urgences scientifiques, de création du savoir et de rénovation de l'université"."La France a emprunté en 2008 environ 220 milliards d'euros, elle va en emprunter en 2009 environ 250, là-dedans, un paquet de 10%, c'est l'épaisseur du trait, ça se voit peu", a-t-il argué.
Faisant fi des recommandations de Michel Rocard, 63 députés de la majorité ont pris le contre-pied lundi dans une tribune publiée par Le Monde. "Nous devons pouvoir mobiliser une masse critique de plus de 50 milliards d'euros, voire, pourquoi pas, aller, si les projets le justifient, jusqu'à 100 milliards d'euros d'investissements publics supplémentaires, qui seront dépensés sur les cinq à dix ans à venir", affirment ces députés UMP et NC. Selon eux, "si nous n'investissons pas massivement pour prendre une option sur l'avenir, nous risquons de prendre un retard que nous mettrions plusieurs décennies à rattraper. Ce serait une erreur historique".
Le grand emprunt ne doit pas devenir "un petit emprunt"
Les députés affirment que "le grand emprunt ne doit pas devenir un +petit emprunt+, au moment même où l'Allemagne décide de donner la priorité à la croissance en programmant des baisses d'impôts". Pour ces élus, les fonds levés "doivent être isolés du budget général" et "ne pas servir à financer les dépenses courantes". Alors que la dette publique doit atteindre 84% du PIB en 2010, ils estiment qu'ils doivent être "investis selon des critères rigoureux" et "concerner des programmes rentables, susceptibles de générer des retours sur investissement sous forme de croissance, d'emploi et de développement durable, à un horizon raisonnable".
Les députés relèvent qu'"année après année, les investissements publics de l'Etat ont reculé pour s'établir à quelques milliards d'euros annuels seulement", alors que "notre pays dispose de réserves de prospérité et d'un potentiel de croissance dans des secteurs d'excellence". Ils soulignent que "travailler sur le grand emprunt, c'est préparer la sortie de crise et l'avenir, qui se jouera sur la sélection des projets et des investissements", citant la "croissance verte", la "révolution numérique", les "grandes métropoles de premier rang mondial de demain". armi les députés signataires de cette tribune, figurent David Douillet, Yves Jégo, Jean-François Lamour, Maurice Leroy et André Santini.
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Grand emprunt : "Pas moins de 25, pas au-delà de 50 milliards d'euros"
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