Marie NDiaye "persiste et signe"

Par TF1 News (D'après agence), le 12 novembre 2009 à 19h22 , mis à jour le 12 novembre 2009 à 19h33

Elle maintient ses propos sur "la France de Sarkozy" mais, selon son éditeur, elle considère la polémique close après l'intervention de Frédéric Mitterrand.

Marie Ndiaye GoncourtImage d'archives © ABACA

Marie NDiaye maintient ses propos sur "la France de Sarkozy" mais, selon son éditeur, elle considère la polémique close après l'intervention de Frédéric Mitterrand, qui a toutefois refusé jeudi d'arbitrer le différend l'opposant au député UMP Eric Raoult sur un éventuel "devoir de réserve" des écrivains.

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"Je ne vois pas ce qui depuis le mois d'août a changé pour que je veuille revenir sur ces propos. Je persiste et signe", a déclaré sur France Inter la romancière, Prix Goncourt 2009 pour "Trois femmes puissantes".
 
Dans un entretien publié cet été par le magazine Les Inrockuptibles, elle avait notamment qualifié de "monstrueuse" la France de Nicolas Sarkozy : "Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité... Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux", déclarait-elle. Avant même le début de la polémique, Marie NDiaye avait toutefois accordé un entretien lundi à Europe 1 dans lequel elle estimait ses propos "très excessifs".

"La polémique close" 
 
Jeudi, Eric Raoult a lui même nuancé son propos en suggérant à Marie NDiaye non plus de respecter un "devoir de réserve", mais un "principe de modération". L'élu de Seine-Saint-Denis avait interpellé mardi le ministre de la Culture sur les propos, selon lui "insultants", de la romancière, soulevant un tollé dans les milieux littéraires.
 
Pressés à la fois par Marie NDiaye et Eric Raoult de réagir, Frédéric Mitterrand a finalement estimé que l'un et l'autre avaient le droit de dire ce qu'ils pensent. "Je n'ai pas à arbitrer entre une personne privée qui dit ce qu'elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu'il a sur le coeur (...) Ca me regarde en tant que citoyen, ça ne me concerne pas en tant que ministre", a-t-il déclaré. "Après l'intervention du ministre, Marie NDiaye estime la polémique close", indiquait-on jeudi chez son éditeur, Gallimard.
 
L'affaire a continué en revanche d'agiter les milieux politiques. Martine Aubry, Première secrétaire du Parti socialiste, a condamné la "volonté de censurer la parole libre d'une écrivaine" et a demandé à Eric Raoult de "présenter ses excuses" à Marie NDiaye. Et Ségolène Royal (PS) a estimé que "dans une démocratie il doit être possible de critiquer le pouvoir en place".

"C'est un devoir de liberté"
 
"Le devoir d'un écrivain, c'est de s'exprimer en toute liberté. Ce n'est pas un devoir de réserve, c'est un devoir de liberté", a réagi M. Bayrou. "Mais je dis qu'un responsable politique UMP qui veut faire taire un intellectuel, c'est ne rien comprendre à ce qu'est la démocratie de l'esprit dans un pays", a ajouté leader centriste.
 
Le PCF a demandé pour sa part au ministre de la Culture de condamner les propos du député UMP et dénoncé un gouvernement qui "cherche maintenant à museler les artistes et à censurer leur liberté d'expression". Et l'eurodéputé Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit, a fustigé "la République des fayots", estimant qu'"il ne doit y avoir aucun devoir de réserve pour un intellectuel,
comme pour toute autre personne".
 
A l'UMP, le porte-parole adjoint, Dominique Paillé, s'est déclaré opposé à la "censure", tout en appelant Marie NDiaye à "la mesure" : "Je rappelle à Mme NDiaye que tout ce qui est excessif est insignifiant. Et ce qu'elle a écrit ne correspond pas à la France de Nicolas Sarkozy. C'est à cent lieues de la réalité", a-t-il ajouté, estimant que l'écrivain avait "entamé sa propre crédibilité". "Si Marie NDiaye doit demander au ministre de la Culture ce qu'elle peut dire sans manquer de respect à Nicolas Sarkozy, quelle sera la prochaine provocation destinée à réveiller le ralliement de l'extrême droite à la majorité présidentielle", s'est enfin interrogée la Ligue des Droits de l'Homme.

Par TF1 News (D'après agence) le 12 novembre 2009 à 19:22
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14 Commentaires

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  • lise-cerise, le 14/11/2009 à 17h50

    De quel droit vous osez affirmer cela ?

  • cfj12, le 13/11/2009 à 09h17

    Elle critique mais elle est aussi fausse que eux .....

  • bebedabelle, le 13/11/2009 à 09h00

    Au delà de l'entendement et de la comprehension je trouve qu'il est deplorable de vouloir deformer et interpreter les propos d'autrui. cela dit : ecrire n'est pas une chose gratuite celà demande une relexion et une concentration. cependant comprendre ce que vous avez lu ne veut pas dire se faire comprendre soi-meme. alors essayer de vous mettre à la place de l'auteur et posez vous la question du "pourquoi simple" pour se faciliter une "compréhension simple." cordialement votre

  • cliodangers, le 13/11/2009 à 08h21

    CLIO 49 tout à fait d'accord tous les 2 quand-ils peuvent polémiqués contre le gouvernement!!!!! ils vont certainement se marié!!!!!

  • peterpan1664, le 13/11/2009 à 07h11

    Peu importe les propos de cet écrivain, qui par ailleurs seraient passés inaperçus si Mr Raoult ne s'en était pas tant offusqué. Ce qui fait froid dans le dos, c'est le retour de l'ordre moral, non pas seulement en France, mais internationalement. On ne peut plus rien dire, et a fortiori lorsqu'on est artiste: ni critique de la religion, ni critique d'un gouvernement. La liberté d'expression des artistes est toujours à questionner mais jamais à remettre en cause: et Mr Raoult a bien montré avec son "devoir de réserve" un désir de limiter une liberté fondamentale. Il est essentiel de pouvoir critiquer les gouvernements en place pour faire avancer la démocratie. Et dans cet affaire, Mr Raoult a voulu se faire bien voir de son patron en lui cirant les bottes, il n'a pas réalisé sa bêtise.

  • manila07, le 13/11/2009 à 06h20

    Les propos de cette dame sont non seulement ridicules mais ils sont surtout insultants pour tous ces etre humains qui vivent dans des pays ou malheureusement les regimes en place sont "monstrueux" alors s'il vous plait madame l'ecrivaine émérite, vous pouvez critiquer tant que vous voulez mais de grace, gardez votre raison. Et a tous ces soit disant politiciens qui "beuglent", vos reactions sont a peines dignes des "peoples" que vous etes devenus, quand la démagogie vous tient ..................................

  • mustang51, le 13/11/2009 à 00h43

    "Monstrueux"? Je suggère à cette dame qu'elle aille s'établir au Soudan, en Arabie Saoudite ou en Afghanistan. Quand les intégristes locaux lui auront montré le respect qu'ils attachent à la liberté d'expression, nous serons impatients d'entendre son point de vue sur la République Française et ses ELUS. Ce ton de réfugié politique ayant échappé à la pire des dictature serait simplement comique s'il ne sous-tendait pas, dans le même temps, une bêtise insondable de la part des cotoyens qui ont élu le guvernement de ced pays. Un simple conseil, restez où vous êtes.

  • didierbretagne, le 13/11/2009 à 00h16

    Surprenante Ségolène qui dit que dans une démocratie on doit avoir le droit de critiquer le gouvernement en place (ce contre quoi je ne suis pas en désaccord à partir du moment ou les termes sont mesurés) alors qu'elle engage des procédures dès que des journalistes la photographie. Pour Martine AUBRY c'est différent et normal elle est totalement dépassée et se rallie à tout ce qu'elle peut critiquer quant à Mr BAYROU bien sur il essaie de surnager mais sans grand succès. Il faut dire que ces propos, dans la bouche d'une romancière, prennent une autre tournure que ceux que l'on souhaite entendre d'un écrivain.

  • riendutoutiste, le 12/11/2009 à 23h27

    Peut le prochain texte de loi ?

  • 61clementine, le 12/11/2009 à 22h47

    Si elle considère que la polémique est close ... que l'on referme cette page très vite ... car on se moque de ce qu'elle peut bien raconter depuis Berlin !!! Qu'elle y reste et qu'elle critique le gouvernement allemand ! point.

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