Le foulard de la discorde dans les tribunes publiques de l'Assemblée

Par , le 24 novembre 2009 à 17h07 , mis à jour le 24 novembre 2009 à 20h49

Le port d'un foulard par une visiteuse il y a quelques jours à l'Assemblée nationale a créé un tollé chez certains députés qui ont demandé à Bernard Accoyer d'appliquer le règlement. Impossible, répond ce dernier.

Assemblée nationale hémicycle députésL'Assemblée nationale. Image d'archive. © TF1-LCI

"Pour être admis dans les tribunes, le public doit porter une tenue correcte. Il se tient assis, découvert et en silence." Voici l'article 8 du règlement de l'Assemblée nationale qui fait débat depuis quelques jours chez les députés. Les uns voulent l'appliquer à la lettre, les autres rappelent que la disposition est dépassée et donc devenue pour ainsi dire obsolète. Tout est parti de la présence le 12 novembre dans les tribunes ouvertes au public d'une jeune femme arborant un foulard islamique. Un foulard devenu incident. Car aussitôt, le député centriste François Rochebloine interpelle le président de séance. A leur tour, plusieurs députés protestent. Avant d'écrire au président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, pour que "le règlement soit appliqué" car le port d'un foulard en séance y "est formellement interdit".

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Dans une lettre adressée à tous les députés dont TF1News a eu copie, le président de l'Assemblée répond à ses collègues qui s'en "sont émus": "Certes, l'article 8 dispose (que le public) doit se tenir ‘découvert'". Mais ajoute deux arguments l'empêchant de l'appliquer à la lettre : rien dans le règlement "n'autorise le président de séance à refuser l'accès des tribunes du public à une personne pour ce motif". Et surtout, "cette prescription, vieille de plus d'un siècle, ne saurait (...) être opposée au port du foulard".

Imposé au couvre-chef des hommes

Et le président de rappeler que ladite règle voulait seulement à l'époque qu'un "homme retire son couvre-chef" en séance publique, et qu'elle "n'a d'ailleurs jamais trouvé à s'appliquer ni aux femmes portant une coiffure, ni au port de signes religieux", comme le voile des religieuses. Le président de l'Assemblée rappelle enfin aux députés que "si le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse a été interdit par la loi, c'est dans les seuls écoles, collèges et lycées publics, ce qui signifie bien, a contrario, qu'il est autorisé dans les autres lieux publics" et que "notre institution doit satisfaire à l'exigence constitutionnelle de publicité des débats". En clair, Bernard Accoyer affirme qu'en l'état actuel il ne peut refuser le port d'un foulard dans les tribunes.
 
Seulement voilà, l'argumentaire est retoqué par Jean-François Copé. Le président du groupe UMP s'est "joint" aux protestations de ses collègues. Et en a profité pour réaffirmer sa position en faveur d'une loi sur l'interdiction du port de la burqa. Une mission d'information a été mise en place à l'Assemblée, qui doit publier son rapport en janvier.

"C'est faux !"

Et la polémique s'est poursuivie mardi soir lors d'une réunion du groupe UMP à huis clos. C'est la députée UMP Françoise Hostalier, connue pour son engagement en faveur des droits des femmes et des sans-papiers, qui a pris le leadership du 'mouvement', faisant savoir qu'elle n'est pas d'accord avec l'interprétation du président de l'Assemblée devant ses collègues du groupe majoritaire, qui l'ont applaudie. Elle a réclamé la modification du règlement de l'Assemblée pour que le port du voile islamique soit interdit dans les tribunes du public dans l'hémicycle. "Alors qu'on tient un débat sur l'identité et les valeurs de la République, si on n'est pas exemplaire à l'Assemblée sur ces thèmes-là, où peut-on l'être ?", a-t-elle ensuite déclaré à l'AFP. "Ce sont les femmes musulmanes elles-mêmes qui nous demandent d'être fermes sur ces principes" face à "la montée des intégrismes", a-t-elle affirmé.

Pas mécontent de prendre le contrepied du président de l'Assemblée, Jean-François Copé a salué l'initiative de Françoise Hostalier, tandis que le député de l'Ain, Michel Voisin, répondait à l'argument avancé par Bernard Accoyer selon lequel le règlement concernait seulement les couvre-chefs et non les religieuses. "C'est faux !", a-t-il lancé, rappelant qu'en février 2000, un aumônier militaire et une religieuse qui l'accompagnaient avaient dû retirer, l'un sa croix, l'autre son voile. Réponse à toute cette polémique de Bernard Accoyer lors de cette réunion, selon son entourage : il fera "le point sur cette mesure ancienne".

Par Diane Heurtaut le 24 novembre 2009 à 17:07
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32 Commentaires

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  • unetrehumain, le 26/11/2009 à 11h13

    L'harmonie du coeur et de l'esprit, n'est-ce pas dans le coeur et l'esprit de chacun que cela situe, et qui peut décider pour l'autre ce qui est harmonieux pour lui?

  • legaulois560, le 26/11/2009 à 07h42

    Vous avez oublié la capuche et la cagoule c'est tout!.

  • lynanf13, le 25/11/2009 à 17h17

    Miloubruxelles "vous feriez bien prendre parce que " pas compris désoler par contre oui je c c quoi une syntaxe heureusement sinon il y'aurait longtemps que j'aurais abandonné la fac

  • twist1961, le 25/11/2009 à 12h00

    Madame,le problème n'est pas là,mais votre pays est laic,ce qui veut dire que les signes ostentatoires d'appartenance religieuse ('et le foulard islamique en est un) sont proscrits dans les endroits sensibles comme l'assemblée nationale;de mème le port de la kippa,ou du voile des religieuses .

  • cast12, le 25/11/2009 à 08h58

    Exact

  • titizom, le 25/11/2009 à 08h16

    Je ne vois pas le rapport, vous, elle travaille dans son cabinet pas a l'assemblée. Après la gentillesse n'a rien a voir. On peut être gentil et ne pas respecter les lois. J'ai une copine qui travaille dans la police qui est très sympathique pourtant elle téléphone en conduisant.

  • djinn66, le 25/11/2009 à 08h02

    Il faut être ferme:pas de foulard ni d'autre signe dans l'hémicycle! on n'a pas à négocier,les lois doivent être respectées par tous! les femmes Françaises en Iran doivent porter le voile là-bas,elles respectent les coutumes locales,qu'on fasse pareil chez nous,on applique les lois en vigueur

  • citizen31, le 25/11/2009 à 07h51

    Ah bon vous en voyez beaucoup des chrétiennes voilées dans la rue, même si "cela existe depuis 1000 ans" comme vous dites? Arrêtons l'hypocrisie, le voile est un instrument politique qui n'a qu'un lointain rapport avec la religion. Désolé mais votre "tolérance" s'apparente plus à du déni et à de l'aveuglement...

  • nicolasleroidec, le 25/11/2009 à 07h43

    Bel exemple de lâcheté. Lorsqu'un député refuse d'appliquer la loi et les règlements, il n'y a qu'une seule solution. Démission.

  • legaulois560, le 25/11/2009 à 07h27

    Et en 2012,le miroir aux alouettes,vous ne serez plus en liberté car déjà nous sommes dans la pensée unique de gauche bien entendu!

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