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> Les Français pour le débat, les politiques divisés
Le débat sur l'identité nationale doit débuter lundi dans les préfectures et les sous-préfectures selon des modalités mises en place par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Eric Besson, qui présentera ses conclusions fin février. Une initiative qui ressemble à une "manipulation" de la droite, selon le Parti socialiste qui est réticent à y participer tout en affirmant n'avoir rien à craindre sur le fond dudit débat. Pour le porte-parole Benoît Hamon, "c'est la droite qui a un problème avec les valeurs de la République". "L'objectif politique de l'opération (d'Eric) Besson et de (Nicolas) Sarkozy, c'est d'expliquer que la gauche aurait un problème avec la Nation et l'identité nationale", a déclaré Benoît Hamon lors du Grand Rendez-Vous Europe 1-Le Parisien. C'est même "une pauvre opération de communication politique et de récupération électorale" avant les élections régionales de mars 2010, a-t-il estimé.
"Nous n'avons aucun problème avec les valeurs qui sont inscrites au fronton de la République. C'est la droite qui a un problème avec ces valeurs et aujourd'hui elle utilise la question de l'identité nationale avec une seule fonction : limiter la casse aux régionales et mobiliser l'électorat de l'extrême-droite en sa faveur", a dénoncé le porte-parole du PS. A gauche, "nous n'avons pas de problèmes avec la liberté -celle-ci recule aujourd'hui-, avec l'égalité -l'affaire Jean Sarkozy a montré toute l'idée que se faisait le président de cette idée-, et avec la fraternité -des charters d'Afghans renvoyés dans un pays en guerre montrent comment ce gouvernement a un problème avec la fraternité", a-t-il attaqué. "Aujourd'hui, ce que je redoute c'est (qu') il y ait une volonté de définir négativement cette identité nationale par rapport aux étrangers là où cela a toujours été pour notre pays une construction positive", a-t-il mis en garde.
Royal : "la Nation à l'origine est un concept de gauche"
Le PS doit décider cette semaine à quel niveau politique il participera au débat national mais pour Benoît Hamon, ce "débat est faussé par excellence". Il a déploré que le chef de l'Etat ait choisi de s'exprimer sur ce thème, début décembre lors d'un colloque organisé par l'Institut Montaigne, soit avant la fin des consultations lancées par Eric Besson. "Nous irons défendre les valeurs de la France éternelle", a dit Arnaud Montebourg sur i-Télé. "Je crois qu'il faut affronter ce débat et y aller avec l'intention de montrer en quoi les éléments fondateurs de notre nation, de notre pays, qui sont les éléments de son identité, sont aujourd'hui piétinés par le pouvoir", a ajouté le député de Saône-et-Loire.
Dans un entretien publié par Le Parisien Dimanche, Ségolène Royal dénonce quant à elle sur la forme une "opération de diversion" mais approuve sur le fond le débat annoncé par la droite. "La gauche ne doit pas rejeter ce débat et encore moins le craindre (...) Il faut reconquérir les symboles de la Nation", souligne l'ancienne candidate à l'Elysée en 2007 qui avait fait chanter la Marseillaise lors de ses meetings. "Les socialistes étaient gênés, c'est un comble", fait-elle valoir. "La Nation à l'origine est un concept de gauche".
Moscovici dénonce les attitudes de Besson et Royal
"C'est une manoeuvre grossière (du gouvernement) et Ségolène Royal semble faire écho à Eric Besson", a réagi le socialiste Pierre Moscovici, invité dimanche soir du grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. "Révulsé" par la façon dont Eric Besson posait les termes du débat, il a annoncé son intention de s'interroger sur l'apport de l'immigration à la France. Attention aux "dérives xénophobes", a-t-il mis en garde. Le député du Doubs a également déploré l'attitude de Ségolène Royal qui, selon lui, "cède à la diversion". "Je dis 'ne tombons pas dedans' et je trouve un peu étrange quand même que Ségolène Royal semble faire écho à Eric Besson, qui l'a pourtant tellement maltraitée", a-t-il déclaré.
Jack Lang a réaffirmé dimanche son attachement à l'apprentissage de La Marseillaise à l'école, sur France 5, rappelant qu'il était déjà favorable à la mesure lorsqu'il était ministre de l'Education, dans le cadre de l'éveil musical des élèves. Pour Malek Boutih, membre du Bureau national du PS, la droite ferait mieux de s'occuper des Français frappés par la crise. "Quel est l'objectif ? S'il s'agit de cultiver tous les Français autour de l'identité nationale, oui, avec plaisir, mais on a d'autres chats à fouetter", a estimé l'ancien président de SOS Racisme sur France Inter. Face à Malek Boutih, Eric Besson a défendu le calendrier de son initiative, qu'il a prise tout seul, affirme-t-il. "J'ai eu très fort la tentation de lancer le débat avant les élections européennes, a-t-il dit. Imaginez ce qu'on aurait dit : 'Ce sont les élections européennes, il vient nous parler d'identité nationale, on voit bien pour quoi c'est'. Si je l'avais fait après les élections régionales, on aurait dit : ça y est, la campagne de 2012 est lancée."
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