© AFPHenri Guaino, la plume du chef de l'Etat, a dû choisir ses mots avec grande précaution tant la question de l'identité nationale devient explosive, quatre mois avant les régionales. Objectif de cette tribune présidentielle publiée dans Le Monde : remettre du rationnel dans un débat qui menace désormais de déraper à tout moment, surtout après la votation suisse interdisant la construction de minarets. Dans ce texte, Nicolas Sarkozy se prononce donc clairement en faveur du"métissage", contre le "communautarisme" et appelle à la tolérance et au respect entre "ceux qui arrivent" et "ceux qui accueillent". Mais la tribune obéit à un fragile équilibre. "Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation", précise le chef de l'Etat dans le même temps.
Identité nationale : stop ou encore ?
Une majorité de Français se disent pour un arrêt ou une suspension d'un débat dont beaucoup critiquent le déroulement. SOS Racisme a lancé une pétition interpellant Nicolas Sarkozy.
Publié le 21/12/2009
Identité nationale : un débat hors de contrôle ?
Le débat sur l'identité nationale risque "d'aggraver les fractures" dans la société française, estime Yazid Sabeg, chargé de la Diversité et de l'Egalité des chances, qui en appelle à Nicolas Sarkoy.
Publié le 12/12/2009
Identité nationale : les députés UMP commencent à râler
Si le ministre de l'Immigration a justifié mardi le débat, qui a pris un tour convenu dans l'hémicycle après la tribune de Nicolas Sarkozy dans Le Monde, des voix de la majorité étaient critiques.
Publié le 08/12/2009
Sarkozy mobilise ses troupes pour les régionales
Intervenant en clôture d'un conseil national de l'UMP samedi, le chef de l'Etat a lancé la campagne en vue des prochaines élections régionales en vantant sa politique d'unité de la majorité et de réformes.
Publié le 28/11/2009
Identité nationale : le malaise de Jean-François Copé
Mercredi sur RTL, Jean-François Coppé a bien du mal à réagir face aux propos xénophobes, tenus par le maire UMP de Gussainville dans la Meuse qui explique "... car on va se faire bouffer".
Publié le 03/12/2009
Identité nationale : Hamon répond à Sarkozy
Le porte-parole du PS a reproché au chef de l'Etat de vouloir détourner l'attention de sa propre "incurie" en brandissant le thème de l'identité nationale.
Publié le 13/11/2009
"Conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, il doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre", ajoute-t-il, rappelant solennellement l'importance de la laïcité comme pilier de la République. Cette prise de position en faveur d'une religion discrète s'éloigne un peu plus de la "laïcité positive" qu'il défendait pourtant dans les premiers mois de son quinquennat.
"Essayons de comprendre le vote suisse"
Cette tribune, spoupesée, intervient juste avant le débat sur l'identité nationale prévu en fin d'après-midi à l'Assemblée et alors que l'action du ministre de l'Immigration Eric Besson fait l'objet de nombreuses critiques, à gauche comme à droite, des voix dénonçant son manque d'organisation. S'il n'intervient pas dans cette polémique proprement dite, Nicolas Sarkozy apporte une réponse claire à ceux qui lui reprochent ce débat : il ne regrette rien, affirmant que "l'identité nationale, c'est l'antidote au tribalisme et au communautarisme".
Fidèle à sa stratégie de scrutation des couches populaires qui lui avait réussi lors de sa campagne présidentielle, le chef de l'Etat le dit tout aussi clairement. Après la polémique sur le vote suisse interdisant la construction de minarets : "rien ne serait pire que le déni". "Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, essayons aussi de comprendre ce qu'il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français (...) ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience", affirme le président de la République. "Les peuples d'Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés", juge le chef de l'Etat, estimant que le vote suisse traduit des "préoccupations, des aspirations" partagées par de nombreux Européens.
Cette tribune de Nicolas Sarkozy s'adresse enfin autant à sa majorité qu'à l'opinion. Après François Fillon vendredi dernier, Nicolas Sarkozy tient à montrer à des élus inquiets et en campagne qu'il est bien conscient des risques de boomerang contenus dans le débat sur l'identité nationale s'il n'est pas cadré. Mais il prévient les amateurs de petites phrases ou les dirigeants de l'UMP (Raffarin, Juppé, Copé, Yade) qui ne veulent pas voir leur image associée à un débat qu'ils jugent mal engagé : sur ce sujet comme sur d'autres, il ne se déjugera pas.
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