Après le vote suisse, Sarkozy prend position

Par TF1 News (avec agence), le 08 décembre 2009 à 11h41 , mis à jour le 08 décembre 2009 à 15h05

Dans un texte publié par le Monde, le chef de l'Etat prône le respect "pour ceux qui arrivent" et "ceux qui accueillent" mais appelle à "comprendre" le vote suisse, loin "des réactions excessives".

[Expiré] [Expiré] Sarkozy Nicolas © AFP

Henri Guaino, la plume du chef de l'Etat, a dû choisir ses mots avec grande précaution tant la question de l'identité nationale devient explosive, quatre mois avant les régionales. Objectif de cette tribune présidentielle publiée dans Le Monde :  remettre du rationnel dans un débat qui menace désormais de déraper à tout moment, surtout après la votation suisse interdisant la construction de minarets. Dans ce texte, Nicolas Sarkozy se prononce donc clairement en faveur du"métissage", contre le "communautarisme" et appelle à la tolérance et au respect entre "ceux qui arrivent" et "ceux qui accueillent".  Mais la tribune obéit à un fragile équilibre. "Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation", précise le chef de l'Etat dans le même temps.  

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"Conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, il doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre", ajoute-t-il, rappelant solennellement l'importance de la laïcité comme pilier de la République. Cette prise de position en faveur d'une religion discrète s'éloigne un peu plus de la "laïcité positive" qu'il défendait pourtant dans les premiers mois de son quinquennat.

"Essayons de comprendre le vote suisse"

Cette tribune, spoupesée, intervient juste avant le débat sur l'identité nationale prévu en fin d'après-midi à l'Assemblée et alors que l'action du ministre de l'Immigration Eric Besson fait l'objet de nombreuses critiques, à gauche comme à droite, des voix dénonçant son manque d'organisation. S'il n'intervient pas dans cette polémique proprement dite, Nicolas Sarkozy apporte une réponse claire à ceux qui lui reprochent ce débat  : il ne regrette rien, affirmant que "l'identité nationale, c'est l'antidote au tribalisme et au communautarisme".

Fidèle à sa stratégie de scrutation des couches populaires qui lui avait réussi lors de sa campagne présidentielle, le chef de l'Etat le dit tout aussi clairement. Après la polémique sur le vote suisse interdisant la construction de minarets : "rien ne serait pire que le déni". "Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, essayons aussi de comprendre ce qu'il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français (...) ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience", affirme le président de la République. "Les peuples d'Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés", juge le chef de l'Etat, estimant que le vote suisse traduit des "préoccupations, des aspirations" partagées par de nombreux Européens. 
 
Cette tribune de Nicolas Sarkozy s'adresse enfin autant à sa majorité qu'à l'opinion. Après François Fillon vendredi dernier, Nicolas Sarkozy tient à montrer à des élus inquiets et en campagne qu'il est bien conscient des risques de boomerang contenus dans le débat sur l'identité nationale s'il n'est pas cadré. Mais il prévient les amateurs de petites phrases ou les dirigeants de l'UMP (Raffarin, Juppé, Copé, Yade) qui ne veulent pas voir leur image associée à un débat qu'ils jugent mal engagé : sur ce sujet comme sur d'autres, il ne se déjugera pas.

Par TF1 News (avec agence) le 08 décembre 2009 à 11:41
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26 Commentaires

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  • moicontribuable, le 09/12/2009 à 12h21

    BRAVO! Ca c'est une definition de l'identite nationale! Vous auriez mon buletin de suite.

  • fredo83240, le 09/12/2009 à 11h55

    Bravo!!moi aussi!vivement 2012!!!!

  • poopy13, le 09/12/2009 à 11h44

    Réflexion sur l'Islam. Cette religion n'est pas compatible avec la démocratie, ni avec la laïcité, parce que c'est une doctrine à la fois politique, économique et même civilisationnelle. C'est donc un absolu, non seulement religieux, mais global, comme le montre l'évolution de la communauté musulmane en France, avec le voile, le haïk, les drapeaux exhibés lors des mariages, les prénoms donnés aux enfants : Oussama ou Djihad, par référence à Ben Laden et à la guerre sainte? Baptiser son enfant « Guerre sainte » témoigne d'une conception tout à fait remarquable de l'intégration ! Or, la République française est une république d'intégration. Elle a montré sa compétence pour intégrer pratiquement tout le monde, mais elle bute sur l'intégration des musulmans parce que leur religion n'est pas intégrable, ni compatible avec l'Occident. Il suffit de lire le Coran pour s'en convaincre : à côté de sourates souples et tolérantes, y figurent des sourates autoritaires, un Coran totalitaire avec une clé de lecture que les lecteurs ne connaissent généralement pas : quand deux sourates se contredisent, c'est celle qui a été écrite en dernier qui a autorité sur la précédente. Or toutes les sourates autoritaires ont été écrites après les sourates complaisantes? Voilà pourquoi l'Islam n'est pas intégrable. Rappelons aussi qu'il est formellement interdit de construire des églises en terre d'Islam, que l'importation d'une Bible y est punissable de la peine de mort, et que lorsque nos soldats sont allés se battre contre l'Irak pour les Etats du Golfe, il a été interdit à la Croix-Rouge d'arborer son emblème? Moyennant quoi, nous devrions, quant à nous, tout tolérer ! Le premier ministre de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a dit : « les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les croyants nos soldats ». Même si l'on est tolérant, on comprend dès lors pourquoi il doit y avoir le moins possible de mosquées et pas du tout de minarets : nous n'avons pas besoin de baïonnettes. Quant aux croyants, il faudrait qu'ils croient un peu à autre chose pour pouvoir être intégrés. Quand on n'intègre pas, on est désintégré, et c'est ce qui se passe en France. La désintégration de la société française est extrêmement marquée dans les quartiers où la population est en majorité musulmane, puisque ce sont les Européens qui s'y intègrent à l'Islam ? nous recevons à la mairie des mères de famille, d'origine musulmane parfois, ou qui ont fait des mariages mixtes, et qui se plaignent des très fortes pressions qu'elles et leurs enfants subissent, du fait de l'intégrisme religieux. Lorsqu'on se trouve devant des problèmes graves, ce qui est le cas, la loi de la Ve République prévoit que l'on saisisse par référendum les citoyens, qui ont le pouvoir en démocratie. L'Islam pose un vrai problème et nous demandons, comme en Suisse, l'organisation d'un référendum sur ces questions et tout particulièrement sur les minarets.

  • envol68, le 08/12/2009 à 21h04

    Il a trouvé les mots justes et pour une fois je pense qu'il a entièrement raison. Le pen aurais fait mieux en tapant le poing sur la table sans essayer de trouver les mots qui font croire au rascisme.

  • didierbretagne, le 08/12/2009 à 20h41

    Une bien grande explication dans laquelle on se pose la question de savoir ce quI est réalité et ce qui est fable. Pour ce qui est de la conclusion celles de LA FONTAINE étaient beaucoup plus liées au texte. Et puis entre nous il n'aurait jamais terminé par Yes we Can (même avec le sourire). Tout cela pour dire que l'on ressent un manque de crédibilité certain.

  • rf92, le 08/12/2009 à 20h39

    Le probleme avec ce president, c'est qu'il dit tout et son contraire en fonction de l'air du temps et de l'interet que cela peut lui apporter, tout passait pendant 2 ans mais la supercherie du dieu eole est de plus en plus éventée ! ou les limites du storytelling quand la plebe commence à se réveiller

  • emilielovejon, le 08/12/2009 à 20h10

    Questionnée sur son prénom "Malika", elle a expliqué sur RTL qu'elle était "100% française. Je suis surtout le symbole de la tolérance de mes parents. Ils trouvaient que c'était un joli prénom, avec une jolie signification. Il n'y a pas d'origine, c'est un symbole d'ouverture d'esprit".

  • poopy13, le 08/12/2009 à 19h43

    Malika Ménard a confirmé aux médias qu'elle n'avait aucune origine maghrébine La rumeur est tenace mais fausse

  • fabrice93300, le 08/12/2009 à 19h18

    Critiquer pour critiquer... rien de plus

  • libre-arbitre, le 08/12/2009 à 18h19

    On ne peut mieux dire.

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