Identité nationale : les députés UMP commencent à râler

Par D.H. (d'après agence), le 08 décembre 2009 à 21h19 , mis à jour le 08 décembre 2009 à 22h55

Si le ministre de l'Immigration a justifié mardi le débat, qui a pris un tour convenu dans l'hémicycle après la tribune de Nicolas Sarkozy dans Le Monde, des voix de la majorité étaient critiques.

besson assemblée identitéEric Besson défend le débat sur l'identité nationale à l'Assemblée, le 8 décembre 2009 © TF1-LCI

"L'identité nationale ne se décrète pas. Raison de plus pour associer à la réflexion sur ses valeurs toutes les forces vives, tous nos concitoyens." Tout en plaidant pour le débat sur l'identité nationale qui a débarqué dans l'hémicycle, le ministre de l'Immigration devait se sentir un peu seul mardi soir. Seule une cinquantaine de députés étaient encore là quand il est monté à la tribune. Et c'est sous les huées du groupe PS, où il siégeait lors de la précédente mandature, qu'Eric Besson a regagné son banc après avoir avoir affirmé que "le débat se poursuivrait au cours de l'ensemble de l'année 2010", tandis que dans les rangs de la majorité, on commence à s'interroger voire à critiquer ouvertement... 

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Plus d'infos

Jean-François Copé, pour l'UMP, a salué "un rendez-vous de réflexion humaniste". Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, a "reproché" au président de la République "non d'avoir ouvert ce débat" car, a-t-il dit, "la France doute d'elle-même et de sa cohésion", mais de faire du débat sur l'identité nationale "un instrument de division nationale". "Le gouvernement aurait des visées électoralistes? La belle affaire... Citez-moi un seul gouvernement qui n'en ait jamais eu !", s'est exclamé l'orateur du Nouveau centre, Jean Dionis Du Séjour, avant de plaider en faveur d'un nouveau service civique.

Ayrault : "ce débat s'est retourné contre ses auteurs"

Le député communiste François Asensi a demandé "solennellement la suppression" du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale car on "ne peut présenter l'immigration comme une menace pour la France". "La tribune du président Sarkozy dans Le Monde ressuscite l'idée d'assimilation de funeste mémoire", selon M. Asensi. Dans ce texte, Nicolas Sarkozy se prononce clairement en faveur du "métissage" contre le "communautarisme" et appelle à la tolérance et au respect entre "ceux qui arrivent" et "ceux qui accueillent" (lire notre article).
 
D'autres orateurs ont ensuite pris la parole à mesure que les bancs se vidaient. En fin d'après-midi, Jean-Marc Ayrault a d'ailleurs dénoncé le départ de la plupart des élus UMP, estimant "que ce débat s'est retourné contre ses auteurs". L'historien Fernand Braudel et son "Identité de la France" et Ernest Renan, qui a défini après 1870 la Nation comme "un plébiscite quotidien", ont été régulièrement cités.

Ça grogne à l'UMP, Besson rétorque... au PS
 
Avant le débat, dans les couloirs de l'Assemblée, des voix critiques de la majorité avaient mis en cause la pertinence de ce débat. "A force de jouer avec l'identité nationale, il peut y avoir un effet boomerang dont on mesurera les premiers effets aux élections régionales: on ne joue pas avec le Front national !", a lancé Maurice Leroy, vice-président du Nouveau Centre de l'Assemblée. Pour Jean-Pierre Grand (UMP, villepiniste), ce débat est "un merveilleux appel d'air pour le Front national. Je le regrette profondément. L'identité nationale est un débat dangereux, inutile, qui ne fait pas honneur à la classe politique". Claude Goasguen (UMP) estimait en revanche que "c'est un véritable problème, l'islam et les mosquées (...) Il s'agit de prendre conscience de cette communauté (musulmane). Comment elle-même doit-elle évoluer? Comment les Français peuvent-ils évoluer avec elle?".

Face à cette amorce de grogne, le ministre de l'Immigration s'en est pris au camp adverse, finissant par dénoncer "les lâchetés individuelles" des députés PS. Argument qui a fait quitter les derniers députés PS encore présents en séance. "Je les connais bien : courageux quand il s'agit de crier collectivement, et bien moins quand il s'agit d'écouter les réponses. Je connais le courage grégaire. J'ai déjà eu le temps d'apprécier les lâchetés individuelles", a déclaré cet ex PS devant les derniers députés de la majorité encore sur les bancs.

"J'aurais aimé que M. (Henri) Emmanuelli soit là pour assumer ses insultes mais c'est courage fuyons", a-t-il ajouté. "Lorsque je propose un face à face sur notre politique d'immigration, d'asile (...), il ne s'est encore retrouvé personne pour relever le défi", a ajouté Eric Besson, ironisant sur le cas de Georges Frêche, reconduit mardi soir tête de liste PS en Languedoc-Roussillon pour les régionales malgré des dérapages verbaux (lire notre article). Le PS  a donné "l'investiture à quelqu'un qui a traité les harkis de sous-hommes et qui a estimé qu'il y a trop de blacks dans l'équipe de France", a dit Eric Besson, saluant en outre la tribune dans Le Monde de Nicolas Sarkozy.

Par D.H. (d'après agence) le 08 décembre 2009 à 21:19
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39 Commentaires

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  • syberya, le 09/12/2009 à 22h35

    @hanof--Nous descendons de source chrétienne?? je suis bouche bée!! en quelques phrases vos dites tout et son contraire, " soyez discret dans un pays laïc mais tolérant ", que je sache un laïc désigne toute personne ne faisant pas partie du clergé expliquez moi s'il- vous -plaît. De surcroît OUI il s'agit de couleur de peau, et pire encore, de Religion, et pour ce qui est de l'histoire je suis d'accord avec vous mais ce qui en à fait son prestige n'en fait pas aujourd'hui par le débat qu'elle soulève sa VALEUR.

  • syberya, le 09/12/2009 à 21h42

    Oups! mes humbles excuses pour ce bondoir qui se voulait vous l'aurez compris un Bonsoir, je vais changer de lunettes..ou les nettoyer lol.

  • syberya, le 09/12/2009 à 20h42

    Désolée mais à l'instant ou j'envoie ce commentaire je vois 43 votes mais aucun commentaire!! ça me désole à un point...car excusez du peu je ne vois mais alors pas du tout, et croyez moi je me creuse la cervelle depuis cet après-midi, le rapport entre vos propos et le débat sur l'Identité Nationale! Je dois être niaise..

  • syberya, le 09/12/2009 à 20h16

    Bondoir, Je pense avoir compris ce que cmouaa veut dire et dans l'absolu il à raison, et ludovic75015, avez apporté une partie de la réponse; en ce sens que l'identité nationale est un prétexte qui servira à tous nous diviser justement par rapport à ces questions sociales, car le débat sur l'Identité Nationale n'est que la partie visible de l'iceberg! puisque pour beaucoup de français les licenciements, les impôts, la crise économique les banlieues n'ont rien à voir avec ce faux débat, lequel ne dessert que celui qui l'a soulevé; point n'est besoin de le nommer..

  • syberya, le 09/12/2009 à 14h45

    Bonjour , Quoique je respecte ce que vous dites, je pense qu'en ce qui concerne son projet, son courage sera jamais s'il fallait le quantifier proportionnel, à l'incommensurable désastre qu'il risque si tant est qu'il aboutit, de créer. Cordialement.

  • syberya, le 09/12/2009 à 14h16

    Je ne comprends pas votre idée, pourquoi un vote? on ne peut voter pour une " appellation ", il ne s'agit pas de décider qui est d'AOC pour mettre tout le monde d'accord!!

  • pascalcaen, le 09/12/2009 à 14h15

    A.1.2.c.4 : Donc si on est contre Besson, on est socialiste. Sympa pour les élus REPUBLICAINS de droite partout en France.

  • syberya, le 09/12/2009 à 14h08

    "Il y a tellement de façons d'être français qu'il serait triste que le gouvernement nous dicte ce qu'est être français." Pap NDiaye, et je pense qu'il a raison! et qu'avant que tout dégénère, il serait sage qu'ils clôturent un débat qu'il me semble n'a pas lieu d'être.

  • alain-paris, le 09/12/2009 à 13h55

    Question à Ludovic : comment vous reliez l'identité nationale avec la crise économique et les licenciements ? Je dois être un peu c... mais j'ai pas compris. Merci de m'éclairer.

  • alain-paris, le 09/12/2009 à 13h53

    On n'est jamais trhai que par les siens, c'est bien connu

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