Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, veut calmer le jeu sur le débat sur l'identité nationale - un débat contesté par une partie de l'opinion, de l'opposition et même de la majorité. Alors qu'Eric Besson a annoncé lundi qu'il ferait un point d'étape sur ce débat le 4 janvier pour présenter la synthèse des premières réunions tenues dans les préfectures, et que le processus se poursuivrait jusqu'à la fin de l'année 2010, la "plume" du président français estime, dans un entretien publié sur le site internet du Figaro, qu'il "faut l'élever, l'élargir. L'immigration, la religion, cela fait partie du débat. Mais ce n'est pas tout le débat".
L'identité française "existe" mais "s'affaiblit" pour les Français
Selon un sondage TNS Sofres pour le ministère de l'Immigration présenté vendredi, 82% des Français estiment qu'il existe une "identité française". Pour 74% des sondés, elle a cependant tendance à "s'affaiblir".
Publié le 05/02/2010
Des voeux radio-télé... et Internet
La taxe carbone, annulée par le Conseil constitutionnel, sera-t-elle l'invitée de dernière minute des voeux présidentiels diffusés pour la première fois en simultané sur Elysée.fr ?
Publié le 30/12/2009
Ce débat lancé début novembre par le ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale, a donné lieu à plusieurs dérapages, sur le site internet ouvert par le ministère ou de la part d'élus. L'opposition, des membres d'associations et des personnalités de la société civile réclament son arrêt de ce débat, et les pétitions se multiplient. Pour beaucoup d'entre elles, outre les dérives qu'il suscite, ce débat demandé par l'Elysée n'a pas de raison d'être. A ces détracteurs, Henri Guaino répond : "Dire qu'il n'y a pas sujet à débat parce que tout le monde est d'accord pour dire que l'identité française, c'est la liberté, l'égalité, la fraternité et la laïcité, c'est un peu court".
Identité nationale, voile intégral : coïncidences dangereuses
Mais l'opposition au débat est encore nourrie par sa coïncidence avec plusieurs initiatives parlementaires portant sur les symboles religieux ou étrangers. Interrogé sur la proposition de loi sur l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public que le groupe UMP de l'Assemblée nationale veut déposer en janvier, Henri Guaino estime ainsi qu'il "ne faut rien accepter qui viole nos valeurs les plus fondamentales". Mais il estime aussi : "Il ne faut blesser personne. Attendons les conclusions de la mission parlementaire pour voir jusqu'où doit aller l'interdiction".
Prié de dire s'il est d'accord avec certains parlementaires qui veulent interdire les drapeaux étrangers dans les mairies, il répond : "C'est la première fois dans notre histoire que des jeunes Français définissent leur identité par opposition à l'identité française. C'est une question qu'il nous faut regarder en face tous ensemble". Selon un sondage publié lundi, la moitié des Français souhaitent que le débat sur l'identité nationale soit suspendu ou arrêté.
Bayrou : "le rôle du président c'est d'élever le débat" |
Le président du Mouvement démocrate (MoDem) a estimé mercredi sur Europe 1, à propos du débat sur l'identité nationale que "le rôle du président de la République c'est d'élever le débat et rassembler le pays". "Je souhaiterais que (Nicolas Sarkozy) le fasse (...) C'est très fragile un pays et rien de plus facile de faire se battre une partie du pays contre une autre", a ajouté François Bayrou. "C'est explosif, et normalement le rôle des dirigeants devrait être de rassembler, d'avoir des attitudes qui défendent les principes mais qui appellent au respect", a poursuivi le dirigeant centriste, appelant à une réflexion "sur ce qui est en train d'être ressenti à l'extérieur de l'image de la France". |
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