
Si Nicolas Sarkozy le qualifie de "lame" devant ses proches, c'est parce que le ministre de l'Identité nationale Eric Besson ne laisse rien au hasard. Il ne doute pas lorsqu'il faut passer à l'attaque. Il déteste l'improvisation, surtout face à la presse, et ne souhaite jamais être pris en défaut. Alors quelques heures après le début d'un buzz sur le net autour d'une vidéo montrant un maire UMP tenir des propos "xénophobes" sur France 2, il s'est fendu d'un communiqué dans lequel il "dénonce des propos inacceptables". André Valentin, maire UMP de Gussainville (19 habitants), dans la Meuse, avait déclaré publiquement : "Il est temps qu'on réagisse, parce qu'on va se faire bouffer. Y'en a déjà dix millions, dix millions que l'on paye à rien foutre". Une déclaration qui a suscité de nombreux commentaires sur le web, beaucoup d'internautes se déclarant choqués. Depuis, le maire a estimé qu'il "n'était pas raciste" car il ne parlait pas des immigrés mais... "des chômeurs".
L'UMP désapprouve les propos de l'élu de Gussainville, Lefebvre à part
Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a estimé jeudi sur LCI qu'André Valentin avait exprimé "l'inquiétude" de la France par ses propos controversés sur l'immigration. L'UMP, elle, réfléchit aux suites à donner.
Publié le 03/12/2009
Le vote suisse sur les minarets divise les politiques français
Le PS condamne, l'UMP réagit avec des variantes et le FN approuve le choix des Suisses dimanche.
Publié le 30/11/2009
Les Français boudent le débat sur l'identité nationale
Vrai enjeu, mais brouillé par des visées électoralistes : tel est le diagnostic que font 7 Français sur 10 à propos du débat lancé par Eric Besson.
Publié le 29/11/2009
L'identité nationale selon Rama Yade
La secrétaire d'Etat aux Sports prône une "République réelle" pour les Français d'origine étrangère, en opposition avec "une République formelle". Elle plaide pour des "mesures volontaristes".
Publié le 27/11/2009
Besson ne voit pas de raison quantitative d'encourager l'immigration
Tout en s'affirmant pour le "droit au regroupement familial", le ministre de l'Immigration ne voit pas de "besoin démographique" de l'immigration pour la France".
Publié le 20/11/2009
Toujours sur le web justement, où la parole se libère souvent dans tous les sens, le site consacré au grand débat sur l'identité nationale a lui aussi donné quelques sueurs froides à Eric Besson. "Si l'immense majorité des 40.000 contributions reçues sur le site internet sont parfaitement respectueuses de nos principes républicains, un petit nombre d'entre elles présentent un caractère raciste et xénophobe", a noté le ministre.
Il admet notamment qu'"une dizaine de ces contributions ont échappé aux efforts de l'équipe de modération, qui avait reçu la consigne de supprimer ces messages racistes et xénophobes tout en veillant à éviter les accusations possibles de censure". Le ministre "en a exigé le retrait immédiat, et a demandé qu'un onglet permettant aux internautes de signaler les contributions litigieuses soit inséré aujourd'hui même sur le site".
Quelques semaines après le lancement de ce thème de débat, en accord avec Nicolas Sarkozy, le ministre doit donc contenir des dérapages dans l'opinion mais surtout, et de plus en plus, affronter les critiques publiques de dirigeants de l'UMP. Certains apprécient peu la tournure des choses. L'un des risques majeurs tient au téléscopage entre la question de l'identité nationale et celle de l'immigration, et ce d'autant plus qu'Éric Besson cumule les deux intitulés dans son portefeuille ministériel. Qui plus est, le résultat de la votation suisse risque de provoquer un autre amalgame, cette fois avec l'islam et sa place dans notre société.
Des thématiques désormais chères au FN
Jeudi matin, Jean-Pierre Raffarin a estimé sur Canal + qu'il fallait "plus de rigueur intellectuelle dans la menée du débat", jugeant que le gouvernement devait "évoluer sur ce sujet" et ne pas en faire un enjeu des régionales. "La question de l'identité ça ne peut pas être une réflexion de comptoir". "Notre identité est métissée (...) Il faut donc "élargir le débat aux identités au pluriel et d'autre part il ne faut pas mettre les élections régionales dans ce débat" , a-t-il plaidé.
La veille, le député UMP François Baroin avait développé la même critique. Ce débat à "quelques encâblures" des régionales, c'est "gros comme un hippopotame dans une mare asséchée", avait-il ironisé. Et "tout le monde l'a vu comme tel !", a ajouté l'ex-ministre de Jacques Chirac. "Quand on lance un débat il faut déjà dessiner un l'objectif, or je ne vois pas l'objectif de ce débat", a ajouté le maire de Troyes. "Est-ce qu'on veut modifier la déclaration des droits de l'Homme ?", "changer la Constitution ?". "Si c'est ça, dans ce cas-là, il faut le dire", a-t-il poursuivi. Les socialistes ne s'expriment pas autrement.
Cette double salve de personnalités UMP, au ton certes souvent critique, en dit long sur un sentiment partagé par un nombre croissant de personnalités à droite. Ainsi, le patron des députés UMP Jean-François Copé se montre en privé critique contre la démarche d'Eric Besson. "Le truc est loupé. D'abord, parce que, avant les élections, ça fait opération. Ça ne peut pas marcher. Ensuite, le débat risque de se résumer à des gadgets", aurait-il déclaré à des journalistes, selon le Canard Enchaîné de mercredi. Le maire de Meaux réfléchit lui depuis longtemps à la question de l'identité mais raccroche toujours ce débat à la notion du "vivre-ensemble" et non à l'immigration. Plus inquiétant pour Eric Besson, le secrétaire général de l'Elysée aurait tenu dernièrement, toujours selon le Canard, des propos alarmistes qui n'ont pas été démentis par le Château. "Besson nous a entraînés dans un truc qu'on ne maîtrise plus", aurait-il confié à un ministre.
Initialement prévu vendredi lors d'un colloque sur l'identité organisé à Paris par l'Institut Montaigne, Nicolas Sarkozy a annulé sa participation, laissant le soin à son Premier ministre de s'exprimer. A l'Elysée, on a regardé de près le sondage Ifop paru dimanche dernier dans le JDD. Or, près de trois Français sur quatre perçoivent, selon cette enquête, le débat sur l'identité nationale comme une stratégie pour gagner le scrutin de mars. Et les thématiques en cours peuvent aussi avoir pour effet de renforcer le FN dans certaines régions. Conséquence, lundi dernier, c'est sur l'économie et la relance que le chef de l'Etat a préféré consacré son discours.
Retour MYTF1
L'UMP désapprouve les propos de l'élu de Gussainville, Lefebvre à part
Chargement en cours...





