Ce fut la surprise générale. Le Sénat a voté lundi soir la suppression du texte sur redécoupage électoral. A l'origine de ce couac : une erreur de vote au sein du groupe Union centriste, où on a cru que le vote portait sur le texte global et non sur un amendement communiste supprimant l'article unique du texte. "L'adoption de cet amendement a de fait abouti au rejet de l'ensemble du texte. En conséquence, je lève la séance", a déclaré Mme Tasca, vice-présidente PS du Sénat, provoquatn la colère du gouvernement. "Je rappelle que ce texte va poursuivre sa vie et qu'il n'y aucune raison de faire un drame de cette situation", a-t-elle ajouté faisant allusion à la possibilité de renvoyer le texte devant l'Assemblée nationale pour reprendre le processus législatif, après l'adoption surprise en fin de journée d'un amendement qui supprime son seul et unique article.
Soutenus par le gouvernement, les groupes UMP et Union centriste ont demandé une "réunion immédiate" du bureau du Sénat, qui pourrait avoir lieu ce mardi, ont indiqué leurs deux présidents, Gérard Longuet et Nicolas About. Gérard Longuet a dénoncé à la presse "l'attitude parfaitement inacceptable de la présidente de séance, une attitude méprisante à l'égard des règles, de la procédure, des faits et de l'institution". Nicolas About a invoqué une "erreur humaine" au sein de son groupe. Le secrétaire d'Etat aux Collectivités locales, Alain Marleix, qui défendait le texte au nom du gouvernement, a déploré que Catherine Tasca ait refusé sa demande d'une seconde délibération sur l'amendement. Il estime que cette demande est "de droit". "Le sénateur qui a commis l'erreur n'a pas pu s'expliquer", a-t-il ajouté, précisant que le gouvernement allait demander officiellement ce mardi à 14h30 une nouvelle délibération. Le nouveau vote, s'il est acté en conférence des présidents, pourrait avoir lieu jeudi matin.
Le projet de loi sur le redécoupage, déjà adopté à l'Assemblée fin octobre, vise à ratifier l'ordonnance présentée par le gouvernement et qui modifie, à partir de 2012, les circonscriptions actuelles. La gauche dénonce un "tripatouillage politique" visant à favoriser l'UMP.







