Un trader dans une salle de marché © TF1-LCIVoici donc la question des bonus revenue au premier plan. Cette fois, par le biais de leur taxation. A présent que les fameux bonus sont de retour dans les poches des traders à la suite d'un regain de santé des marchés financiers, une taxe extraordinaire a été décidée pour une seule année par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui annonce qu'elle rapportera 360 millions d'euros. Les primes de moins de 27.500 euros en seront exonérées, ainsi que celles des traders de banques françaises travaillant à l'étranger, les fonds de private equity et les fonds d'investissement. La taxe remplace un autre impôt destiné à financer un fonds de garantie des dépôts bancaires, pour 270 millions d'euros. La recette nouvelle est donc de 90 millions d'euros.
Un bonus au goût amer pour les Britanniques
Alors que le Royaume-Uni est en pleine cure d'austérité, la banque RBS a annoncé que son directeur général, Stephen Hester, bénéficierait d'un bonus de 1,15 million d'euros. C'est moitié moins que l'an dernier. Mais le bonus fait débat.
Publié le 28/01/2012
Fabius et la "taxounette" sur les bonus
"C'est de la poudre aux yeux. On nous a fait tout un cinéma sur le bonus des banquiers qu'on allait taxer", s'est indigné l'ex-Premier ministre socialiste jeudi sur LCI.
Publié le 14/01/2010
C'est en constatant ce faible montant que l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a ironisé cette semaine sur l'impôt provisoire. "C'est de la poudre aux yeux. On nous a fait tout un cinéma sur le bonus des banquiers qu'on allait taxer et ce qu'on fait, c'est une taxounette", a-t-il dit jeudi sur LCI. Le PS prône une imposition plus large afin de financer, a-t-il dit, une prolongation de la durée d'indemnisation des chômeurs, alors que le taux de chômage français a augmenté de près d'un quart l'année dernière et un million de personnes arrivent en fin de droit en 2010.
"Faites ce que je dis, pas ce que je fais"
Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a répliqué samedi dans un communiqué, où il ironise en parlant de Laurent Fabius comme le "représentant de la mégalopposition". Il dit contester qu'il puisse recevoir des leçons de celui qui fut le ministre de l'Economie du gouvernement Jospin entre 1999 et 2002. Et il déclare que Laurent Fabius a décidé à ce poste l'allégement de la taxation des stock-options par la loi du 15 mai 2001 relative aux nouvelles régulations économiques. Leur période d'indisponibilité a été ramenée de cinq à quatre ans et les taux d'imposition qui s'établissaient à 30% et 40% ont été respectivement ramenés à 16% et 30%. "Faites ce que je dis, pas ce que je fais !", ironise Frédéric Lefebvre.
Le débat a été relancé avec l'annonce jeudi par Barack Obama d'une taxe qui entrerait en vigueur en juin pour un minimum de dix ans, avec pour but affiché de récupérer les 117 milliards de dollars de fonds publics versés aux banques américaines pour les sauver de la crise. Commentant la disproportion avec la fiscalité ordonnée en France, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a expliqué que la situation n'était pas identique, car Paris n'avait pas selon elle à récupérer de telles sommes.
L'Etat a consenti un double soutien aux banques en 2008-2009, d'abord par une garantie des prêts interbancaires jusqu'à 320 milliards d'euros, et ensuite par une recapitalisation de six grands réseaux, pour laquelle l'Etat a débloqué 40 milliards d'euros. Les banques ont le plus souvent remboursé, avec des gains pour l'Etat, mais ont reconstitué leurs marges grâce à ce soutien. Elles ne s'en voient pas moins reprocher d'avoir repris leurs pratiques de "bonus" versés aux dirigeants, cadres et traders. Ainsi, le journal Le Monde a calculé que les banques françaises et les filiales françaises de banques étrangères verseraient en mars environ un milliard d'euros à leurs traders, l'équivalent de ce que touchent 62.000 smicards pendant un an. Le bonus moyen par trader, selon le quotidien, s'établit à 285.700 euros par trader, soit 17 fois le smic annuel. Pour les "stars" du trading, au nombre de 150 à 200 personnes, la prime est entre 550.000 et 650.000 euros. Le gros des équipes de trading des banques françaises est cependant basé à l'étranger, notamment à Londres, où l'impôt français ne s'applique pas.
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