Lionel Jospin lors de la soirée présentant le documentaire "Lionel raconte Jospin" © TF1/LCIComme d'autres figures de la gauche, Lionel Jospin a-t-il été lui aussi approché par Nicolas Sarkozy ? C'est ce qu'il affirme ce jeudi dans Le Monde. Il assure avoir refusé de prendre la tête d'une mission de réflexion sur le modèle de la commission sur le grand emprunt, comme le lui proposait Nicolas Sarkozy. "Il a évoqué des possibilités de ce genre, je lui ai dit en souriant que je n'avais pas l'intention d'être un scalp de plus à sa ceinture", explique l'ancien Premier ministre socialiste dans les colonnes du quotidien.
Lionel Jospin, acteur de cinéma
Selon Le Parisien, l'ancien Premier ministre socialiste donne la réplique à Jacques Gamblin et Sara Forestier dans un film qui sera projeté au festival de Cannes.
Publié le 05/05/2010
Il précise avoir rencontré le chef de l'Etat deux fois "à sa demande dans le cadre de consultations républicaines", au printemps 2008 pour parler de la présidence française de l'Union européenne et en septembre dernier lors d'un dîner de préparation du G20 de Pittsburgh.
"Le rôle d'un président n'est pas de semer le trouble"
Toujours dans les colonnes du Monde, Lionel Jospin juge sévèrement la pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy, "qui nous noie sous les discours". Pour lui, le chef de l'Etat "ne théorise pas, il verbalise". Dans les conditions économiques actuelles, il estime que le président de la République est "condamné à la fuite en avant" parce qu'il "ne veut pas modifier sa politique en demandant plus d'efforts à ceux qui ne souffrent pas de la crise".
"Le réveil risque d'être brutal", prévient le dernier chef du gouvernement de gauche en date. A ses yeux, "l'équipe au pouvoir gouverne mal. L'obsession de l'effet d'annonce et la prise de décision sans débat, dans un cercle restreint tout en haut à l'Elysée, font négliger le sérieux et la préparation des textes", déplore Lionel Jospin, citant en exemple la taxe carbone, défendue par Nicolas Sarkozy avant d'être annulée par le Conseil constitutionnel. "Le nombre de projets qui ont été censurés faute de solidité juridique, hâtivement transformés devant les réactions hostiles ou abandonnés en route parce que non praticables, commence à faire masse".
Le dirigeant socialiste dénonce également le débat sur l'identité nationale lancé par la droite "mal engagé et pour de mauvaises raisons, avec des arrière-pensées électoralistes". "Le rôle d'un président et d'un gouvernement n'est pas de semer le trouble (...) d'introduire des ferments de divisions mais de permettre à chacun de se sentir Français", souligne-t-il.
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