Ségolène Royal © REUTERSLe Mouvement démocrate de Charente-Maritime a décidé samedi de faire alliance dès le premier tour des élections régionales avec Ségolène Royal, présidente sortante de la région Poitou-Charentes. Cinq candidats du parti centriste figureront donc sur les listes socialistes dès le premier tour, en contradiction avec les consignes nationales de François Bayrou. Des militants et élus du MoDem opposés à cette stratégie pourraient cependant maintenir des listes autonomes du parti centriste dans les départements de la région.
Régionales: le PS prend de l'avance sur les écologistes
Selon un sondage CSA pour Le Parisien, le parti de Martin Aubry devance les écologistes de 7% dans les intentions de vote pour le premier tour des élections régionales de mars.
Publié le 17/01/2010
Sur 66 conseillers départementaux, 42 étaient présents lors du vote, 33 y ont pris part, deux se sont abstenus et deux ont voté contre, a expliqué Alexis Blanc, président départemental du parti centriste au cours d'une conférence de presse, ajoutant que la "main tendue" a été votée "à l'écrasante majorité", et commentant : "Je crois que ce matin le pragmatisme a prévalu, on est tous centristes de coeur, de motivation (...) Il est clair qu'aujourd'hui nous n'avons pas les moyens de constituer une liste autonome du MoDem au premier tour en Poitou-Charentes". Il a par ailleurs souligné "l'excellent bilan" de Ségolène Royal et le fait que "ses propositions sont parfaitement en ligne avec ce que nous aimerions proposer".
"Une entreprise de dénigrement et de déstabilisation"
"Ce type de vote n'est pas conforme à nos statuts", a pour sa part lancé devant la presse Elisabeth Blaizot-Delorme, seule élue sortante MoDem au conseil régional de Poitou-Charentes. Elle a également rappelé la décision nationale du parti de François Bayrou de présenter des listes autonomes au premier tour : en Poitou-Charentes, les instances nationales ont investi le charentais Pascal Monier comme tête de liste. "On a assisté à une entreprise de dénigrement et de déstabilisation et ceci devrait amener Alexis Blanc à démissionner de notre mouvement", a-t-elle par ailleurs souligné.
Une suspension ou une exclusion du mouvement que ne semble pas redouter ce dernier, qui a souligné qu'il était également membre de Cap 21 et que son exclusion serait rendue difficile en raison notamment de la complexité des procédures. Le conseiller municipal de Château d'Oléron s'est par ailleurs déclaré déçu par François Bayrou : si on a "une légère différence avec la position du chef, on est considéré comme un opposant ou un emmerdeur", a-t-il estimé. "Je suis triste de la manière dont François Bayrou m'a dénigré", a-t-il ajouté, tout en soulignant qu'il restait cependant fidèle à ses idées.
Une erreur en confondant débauchage et rassemblement
"C'est choquant et pas respectueux de la part de quelqu'un qui explique qu'elle entend faire de la politique autrement. C'est aussi le contraire de la transparence parce que cela tourne le dos aux électeurs à qui il revient de choisir les majorités futures et le point d'équilibre de ces majorités", a-t-elle expliqué. "A l'inverse de Ségolène Royal, je crois que les rassemblements futurs ne peuvent se construire que dans le respect mutuel des uns et des autres", a-t-elle ajouté.
Pour Ségolène Royal, qui a ainsi réussi à semer la zizanie dans le MoDem au niveau local, l'idéal serait désormais de réussir à être réélue dès le premier tour lors des régionales, pointant ainsi en bonne position dans le "grand chelem" que Martine Aubry a appelé de ses voeux : 22 régions dirigées par des socialistes à l'issue du prochain scrutin.
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