Dès le retrait surprise de Vincent Peillon, annoncé sur France 2 pour une émission politique réunissant également Eric Besson et Marine Le Pen, les épithètes ont commencé à pleuvoir. Indignation tout d'abord d'Arlette Chabot, animatrice de l'émission A vous de Juger et directrice générale adjointe de France 2 chargée de l'information, qui a appris la défection en cours d'émission. Peu après la diffusion du communiqué de l'eurodéputé, la rédactrice en chef, Nathalie Saint-Cricq, qualifiait son geste de "méthode de voyou", exprimant son "immense étonnement qu'il n'ait pas pris la peine de téléphoner". Réagissant en direct à l'antenne, Arlette Chabot a dénoncé un "coup d'éclat regrettable" en assurant : "Ce n'est pas lui qui est piégé, c'est nous". Elle a déploré de ne pas avoir été avertie en amont car "M. Peillon n'est pas le seul socialiste" et a dit s'être entretenue avec lui mercredi et jeudi.
La gauche grande favorite en Pays-de-Loire
Le PS obtiendrait 30% au premier tour des régionales contre 32% pour l'UMP mais gagnerait largement au second tour, selon un sondage OpinionWay - Fiducial pour Le Figaro/LCI.
Publié le 03/03/2010
Les regrets de Vincent Peillon
L'eurodéputé socialiste déclare avoir commis des "fautes" à propos de sa demande de démission d'Arlette Chabot, patronne de l'information sur France 2 et animatrice d'A vous de juger, émission à laquelle il avait fait défection in extremis le 14 janvier.
Publié le 02/03/2010
Vincent Peillon - France Télévisions : le "débat" continue
La direction de la télévision publique s'est "indignée", samedi, "des propos injurieux et mensongers" tenus par l'eurodéputé PS, qui, dans le Monde, a accusé "certains" de ses dirigeants de "servilité".
Publié le 23/01/2010
Régionales: le PS prend de l'avance sur les écologistes
Selon un sondage CSA pour Le Parisien, le parti de Martin Aubry devance les écologistes de 7% dans les intentions de vote pour le premier tour des élections régionales de mars.
Publié le 17/01/2010
Volée de bois vert pour Vincent Peillon
Les éditorialistes éreintent l'eurodéputé et son "manque de panache".
Publié le 16/01/2010
Le retrait surprise de Peillon face à Marine Le Pen
Le député européen qui devait participer jeudi soir à "A vous de juger" (France 2), s'est décommandé au dernier moment, voyant dans ses modalités d'organisation une "dérive" "indigne et inacceptable".
Publié le 14/01/2010
Arlette Chabot : "Un délai de décence avant de ré-inviter Peillon"
Dans la Médiasphère de LCI Radio, la directrice de l'information de France 2 revient sur le coup d'éclat du député PS et aborde son avenir après le départ de Patrick de Carolis, prévu en juin 2010.
Publié le 18/01/2010
Mais l'eurodéputé cherchait précisément l'effet de surprise pour éviter d'être remplacé au pied levé. Et le "coup" était en réalité préparé, non pas depuis jeudi matin, mais de longue date, selon l'intéressé lui-même, qui est revenu sur ce geste spectaculaire vendredi sur RMC. Vincent Peillon a ainsi affirmé que son faux bond au débat sur France 2 n'avait pas été décidé à la dernière minute mais préparé "depuis longtemps". Et de justifier : "Je crois que si on n'attire pas fortement l'attention sur les choses, les choses ne se font pas. Si j'avais annoncé plus tôt ma décision que j'avais prise depuis longtemps, alors on aurait peut-être trouvé un remplaçant, il y en a toujours un pour venir à la télévision, et on aurait refait l'émission autrement".
"Je n'y ai pas réfléchi seul"
Ce geste, il assure ne pas l'avoir décidé seul. Et ce d'autant plus que ce coup d'éclat s'est accompagné d'une demande de démission d'Arlette Chabot elle-même pour avoir organisé un débat où lui-même ne devait intervenir "qu'en deuxième partie de soirée". Un débat qui avait déjà suscité des remous au sein même de la chaîne : mercredi, les journalistes CGT de France 2 avaient demandé la déprogrammation du débat qualifiant de "totalement inadmissible qu'un tel spectacle ait lieu sur les antennes du service public" qui "servira encore mieux à flatter les mauvais instincts".
D'où cette justification de Vincent Peillon : "Je pense qu'il fallait procéder comme ça et je n'y ai pas réfléchi seul, il y a des moments où il faut trouver des moyens de se faire entendre et des moyens d'entrer en résistance, je pense qu'on en est là. Si on ne comprend pas qu'il faut à un moment résister et se faire entendre fortement tant pis. Moi je suis en cohérence totale avec mes valeurs". S'il cherchait une tribune médiatique, c'est gagné : outre cette séance d'explication sur RMC, Vincent Peillon a eu l'occasion de faire entendre sa voix auprès de Rue89. "Je ne voulais pas qu'ils se rabattent sur un autre socialiste. La France doit s'arrêter de s'enfoncer dans la terreur. Eric Besson est en train de nous faire une catastrophe", a-t-il affirmé.
"Faux prétexte", pour Jean-Marie Le Pen
Du côté des réactions politiques, l'eurodéputé socialiste s'est attiré sur le moment l'ironie de Marine Le Pen. Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a estimé dans un communiqué "regrettable qu'une fois de plus le parti socialiste fuie le débat", en fustigeant : "L'attitude de Vincent Peillon ne trompe personne. Les socialistes ont toujours adopté sur les questions d'immigration la politique de l'autruche". Invité de Sud radio vendredi matin, Jean-Marie Le Pen a qualifié les arguments de l'eurodéputé de "faux prétexte", estimant que Vincent Peillon aurait mieux fait de dire "qu'il ne voulait pas discuter peut-être avec le traître au parti socialiste qu'était M. Besson".
Vincent Peillon a toutefois reçu un soutien clair à gauche : celui de Patrick Mennucci, qui avait, comme lui, soutenu Ségolène Royal durant la campagne présidentielle. "Je félicite Vincent Peillon de son attitude ce soir", a-t-il déclaré dans un communiqué. "En refusant de cautionner le débat nauséabond entre Marine Le Pen et Eric Besson, (Vincent Peillon) frappe un grand coup pour réclamer la fin de l'instrumentalisation de la peur de l'autre par le pouvoir sarkozyste". Une mention passable décernée par Georges Frêche, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon et ex-PS, qui a estimé vendredi que Vincent Peillon avait réussi "un coup médiatique" mais qu'il devait "encore se forger le caractère". Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, a qualifié pour sa part de "télé-poubelle" l'émission de France 2, le PCF déplorant "deux heures de publicité indigne et indécente aux thèses de la haine". Et Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles, a estimé qu'il ne fallait pas, "par principe", participer aux débats sur l'identité nationale, et que Vincent Peillon aurait dû refuser dès le début.
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