Philippe Séguin, parcours d'un gaulliste convaincu

Par S.M (d'après agence), le 07 janvier 2010 à 10h40 , mis à jour le 07 janvier 2010 à 15h32

Dossier : La mort de Philippe Séguin

Retour sur la carrière politique et le tempérament de feu du premier président de la Cour des Comptes, ancien président de l'Assemblée nationale et du RPR mort à l'âge de 66 ans d'une crise cardiaque.

Philippe SéguinPhilippe Séguin © J. Naegelen / Reuters

Il a autant marqué les Français par son parcours politique que par sa forte personnalité et ses coups d'éclats. Philippe Séguin, premier président de la Cour des Comptes, ancien président de l'Assemblée nationale et du RPR, qui est mort jeudi dans la nuit d'une crise cardiaque à l'âge de 66 ans, s'était retiré de la vie politique après son échec aux élections municipales de Paris en 2001. L'ancien ministre avait alors été confronté à la candidature "dissidente" du maire sortant Jean Tiberi, et finalement devancé par le socialiste Bertrand Delanoë.

Plus d'infos

 
Ancien ministre des Affaires sociales et de l'Emploi (1986-88), il a présidé l'Assemblée nationale (1993-97) et le RPR (1997-1999) après avoir été l'un des inspirateurs de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995. Gaulliste social, il lui avait notamment inspiré le discours sur la "fracture sociale avant de prendre ses distances avec le chef de l'Etat. En 2002, Philippe Séguin avait renoncé à se représenter aux législatives, puis abandonné son siège au Conseil de Paris. La même année, il avait réintégré la Cour des comptes, où il avait été auditeur dès 1970 à sa sortie de l'Ecole nationale d'administration (ENA, promotion Robespierre), puis avait été nommé délégué du gouvernement français au conseil d'administration du Bureau international du travail (BIT) à Genève. 
 
Pourfendeur du traité de Maastricht
 
Né le 21 avril 1943 à Tunis, Philippe Séguin est promu conseiller référendaire en 1977. Il est notamment chargé de mission au secrétariat général de l'Elysée (1973-74) sous Georges Pompidou, puis au cabinet du Premier ministre Raymond Barre (1977-78). Député des Vosges durant 24 ans à partir de 1978, il devient maire d'Epinal en 1983. Mais en 1997, il abandonne son mandat de maire pour se consacrer à la présidence du RPR, où il succède à Alain Juppé après la défaite de la droite aux élections législatives anticipées.
  
Le 16 avril 1999, Philippe Séguin démissionne avec fracas de la présidence du mouvement gaulliste, en raison d'"un désaccord politique profond" avec le président Chirac sur la place du RPR en période de cohabitation. Il renonce simultanément à conduire la liste RPR-DL aux élections européennes. Il s'agit là de sa plus retentissante démission. Déjà en 1990, il s'était opposé à Jacques Chirac, s'alliant alors à Charles Pasqua, pour dénoncer une certaine "dérive" du RPR et appeler à "un nouveau Rassemblement".
  
En 1992, Philippe Séguin avait gagné une stature nationale, en prenant la tête de la campagne contre le traité de Maastricht, contre une majorité de son camp. Illustration de sa "personnalité forte, capable de résister, de dire non", comme le dit Jean-Louis Debré. En 2007, il est nommé président du Comité des commissaires aux comptes de l'ONU puis de l'Organisation de l'aviation civile internationale (0ACI) et, en 2008, commissaire aux comptes d' l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
 
Le football pour passion
 
Son fort tempérament a aussi marqué la vie politique française. "Il passe du plus charmant au plus odieux", a d'ailleurs écrit Nicolas Sarkozy. "C'était un homme à caractère exceptionnel, il n'avait peur de personne, il résistait à tout, il avait de fortes convictions et beaucoup de courage, beaucoup d'audace", selon Jean-Pierre Raffarin. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, évoque, lui, son "talent incomparable, des convictions extrêmement fortes et un caractère extrêmement attachant même si ce caractère était l'objet de courroux aussi brusques qu'inattendus".
 
On retiendra aussi sa voix jupitérienne, sa haute stature, passant au fil du stress et des régimes de la taille L à XXL. Philippe Séguin entretenait une culture fine portée sur l'histoire, le cinéma, le sport, ne reculant devant aucun subjectif. Dans son bureau de l'Hôtel de Ville de Paris trônaient des maillots de footballeur, ce sport étant une de ses passions. En 2008, il devient président de la commission "Grands Stades Euro 2016". Publié en décembre, un des derniers rapports de la Cour des comptes préconisait la privatisation des stades. Affaire "à suivre", comme les derniers mots de ses mémoires.

Son action à la Cour des Comptes 

Plus connu du grand public que ses prédécesseurs à la Cour des Comptes, il profite de son poids médiatique pour renforcer l'influence de l'institution et cultive son indépendance. Cet été, en présentant son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, il n'hésite pas à faire entendre une autre voix que celle du gouvernement et pointe les dangers du déficit croissant. "L'idée selon laquelle la France s'en tirerait mieux que certains de ses voisins est trompeuse", alerte-t-il alors, 'la France supporte peut-être mieux les effets de cette phase de la crise, mais les lendemains risquent d'y être pire qu'ailleurs". Plus récemment, son institution avait critiqué sévèrement les 171 millions d'euros dépensés par la France lors de sa présidence de l'Union européenne. Philippe Séguin avait aussi taclé il y a quelques jours la mise en œuvre de la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, chère à nicolas Sarkozy.

Par S.M (d'après agence) le 07 janvier 2010 à 10:40
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7 Commentaires

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  • da04lau, le 08/01/2010 à 10h45

    Peut-être avez-vous raison I.wallonie, mais je pense que pour certains hommes politiques, leur émotion était sincère. Et c'est, à mon avis, l'un des bons derniers gaullistes qui s'en va. Pourtant je suis socialiste mais ça ne m'empêche pas de penser qu'il était un homme politique bien. Chacun à sa façon de voir les choses.

  • legaulois560, le 08/01/2010 à 08h30

    Je voudrais dire,si je suis publié,à wallonie et à ceux qui ont aimé,que l'hommage unanime rendu à Philippe Seguin par la classe politique,démontre ,d'une part, le contraire de ce qu'il avance et, d'autre part, l'inutilité de son commentaire animé, de façon récurrente,par l'envie de nuire et de blesser!.

  • mberle, le 08/01/2010 à 02h12

    L.wallonie ..qu'il y est une unite autour d'un hommage a un grand Homme.. est une belle et bonne chose'.. pourquoi la 'salir'?.. savez vous ce qu'il y a dans le coeur des gens..?

  • humanoide56, le 07/01/2010 à 22h14

    Liberté....Egalité....Fraternité.....Humanité avec un coeur et de l'esprit à sa dimension

  • myrtille.7245, le 07/01/2010 à 17h16

    Un vrai gaulliste qui part une grande gueule mais un tres tres grand monsieur merçi monsieur. Seguin pour tout ce que vous avez pour votre pays LA FRANCE

  • ladysophie23, le 07/01/2010 à 13h21

    Et oui! c'est souvent comme ça.. Beaucoup de ces jeunes loups devraient pourtant prendre exemple sur ce Grand Monsieur..

  • l.wallonie, le 07/01/2010 à 11h47

    Et maintenant on a droit au défilé des hommages d'hypocrites...

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