Réactions: Sarkozy entre "langage de vérité" et "avalanche de bêtises"

le 25 janvier 2010 à 23h08 , mis à jour le 26 janvier 2010 à 14h49

Dossier : Emission Spéciale Sarkozy sur TF1

Parmi les réactions à l'intervention en deux temps du président sur TF1 lundi soir, le PS dénonce un "nouveau numéro d'autosatisfaction", le PCF un président qui "ne connaît pas" la situation des chômeurs. Pour Olivier Besancenot, "c'était la parole du président de la République plutôt que la parole des Français".

Voici les réactions politiques à l'interview au 20h puis l'intervention face à 11 Français de Nicolas Sarkozy sur TF1 lundi soir.
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- Claude Bartolone, membre de la direction du PS et proche de Martine Aubry : "Je trouve cette émission totalement affligeante. Les Français n'ont eu une nouvelle fois qu'un numéro d'autosatisfaction, basé sur le principe maintenant éculé chez Nicolas Sarkozy : ‘ma politique est bonne, mais les Français n'y comprennent rien'". Selon lui, "les Français attendaient une émission où le président de la République tienne compte des échecs économiques et sociaux que nous avons connus depuis qu'il est au pouvoir. Ils espéraient qu'il allait leur annoncer une autre politique pour pouvoir sortir des difficultés". Quant à la déclaration de Nicolas Sarkozy se disant ouvert à une discussion avec Martine Aubry sur la question des retraites, Claude Bartolone a affirmé : "si le président de la République veut permettre un débat honnête, il faut que sur la question de la retraite, il prenne tout de suite des engagements".

- Benoît Hamon, porte-parole du PS : "J'ai trouvé ça surtout très décousu", un "discours qui reste démissionnaire par rapport aux grands problèmes des Français, la santé, l'emploi". Pour le porte-parole socialiste interrogé sur Europe1, "il y a d'un côté un pouvoir, qui au-delà des discours, reste démissionnaire par rapport aux grands enjeux - c'est le cas de la France et de l'Europe - et un pouvoir qui, malgré les critiques de Nicolas Sarkozy, aux Etats-Unis, s'attaque ou en tout cas essaie de s'attaquer aux vrais problèmes".

- François Hollande (PS) : "Je l'ai trouvé plus calme que d'ordinaire, en recherche de compréhension, je crois que c'est plutôt une bonne attitude, surtout venant de lui" car "il n'est pas toujours calme" ni "en recherche de compassion ou de compréhension", a déclaré l'ancien premier secrétaire du PS sur Europe 1. "Mais pour autant je l'ai trouvé en panne de cohérence et en incantation", a-t-il ajouté parce qu'"en définitive il a pris des décisions depuis deux ans et demi et elles ne sont pas lisibles, elles ne sont pas regardées comme un ensemble pouvant permettre une perspective". "J'attendais du président de la République qu'il donne sa cohérence, elle a  peiné à apparaître, sa vision, elle n'a pas été claire", a-t-il dit. François Hollande a toutefois jugé "bienvenu" que le président renonce à s'engager dans la campagne des régionales.

- Manuel Valls, député PS de l'Essonne: "Le président de la République ne manque pas de talent" mais "le sentiment que j'ai eu c'est que nous ne savons pas, et qu'il ne sait pas, où va le pays face à la crise économique que nous traversons", a déclaré Manuel Valls sur RTL. Nicolas Sarkozy "n'a plus de stratégie de rechange et donc, au fond, il est à la recherche d'une réconciliation entre lui et les Français. Mais on sent bien, depuis deux ans et demi, qu'il y a quelque chose de cassé, qu'il ne peut pas se reconstruire, qu'il ne peut pas renouer avec nos compatriotes", a ajouté le député de l'Essonne. Entre le chef de l'Etat et les onze Français qui lui faisaient face, "il n'y avait pas d'empathie au fond", a jugé Manuel Valls, parce qu'"il manque quelque chose de cardinal, d'essentiel dans sa politique, c'est le sentiment de justice".

- L'eurodéputé PS Vincent Peillon a reproché mardi à Nicolas Sarkozy d'avoir pris "tant de temps d'antenne" sur TF1 pour ne faire "aucune annonce" hormis celle qu'au lieu de "s'engager à fond" dans la campagne  des régionales, il resterait "au chaud à l'Elysée". "Généralement on s'exprime pour dire des choses. Là c'était uniquement pour  défendre ce qui a été fait et qui est déjà désapprouvé, d'où d'une certaine façon la déception des Français" qui faisaient face au président de la  République, a déclaré M. Peillon sur France Info. Selon lui, le chef de l'Etat "aurait pu venir à deux ans et demi  de mandat" annoncer "un deuxième plan de relance". "Normalement, la responsabilité politique c'est quand même de faire quelques propositions",  a-t-il jugé. "La seule information" de la soirée "c'est qu'il a changé d'un point de vue  politicien, c'est-à-dire qu'il nous avait expliqué qu'il s'engagerait à fond  dans la campagne électorale des régionales et qu'il nous a annoncé hier qu'étant  donné les difficultés, il allait rester au chaud à l'Elysée", a déclaré Vincent Peillon, assurant que le chef de l'Etat avait "annulé tous ses meetings" pour le scrutin de mars.

- Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts : a fait part sur LCI de sa "déception", "le président a été beaucoup dans le commentaire. Il n'y avait pas vraiment de contenu. C'était au final assez plan-plan. C'était très étrange."
 
picto-dossier-sarkozy- Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF : "Nicolas Sarkozy ne connaît pas ses dossiers... Non, M. Sarkozy tous les chômeurs ne toucheront pas le RSA (revenu de solidarité active, ndlr) ! La situation en est même dramatique : 600.000 chômeurs en fin de droits sont sur le point de ne plus avoir aucune rentrée d'argent". "Parmi ces 600 000 chômeurs en fin de droits, certains ne peuvent pas bénéficier du RSA. C'est ça la réalité M. Le Président", a-t-elle lancé dans un communiqué. "N'est-ce pas totalement indécent d'accuser la France et les Français d'assistanat alors que des centaines de milliers d'entre eux sont sur le point de tout perdre et que d'autres touchent 1,6 million d'euros", ajoute Mme Buffet qui demande au gouvernement de "prolonger les allocations pour les chômeurs arrivant en fin de droits".

- Olivier Besancenot, NPA, lance "un appel à la résistance sociale et politique". "C'était la parole du président de la République plutôt que la parole des Français". "Des annonces en cascade de tous les mauvais coups qui nous attendent après les régionales: retraites, santé, services publics". Nicolas Sarkozy "a raconté sa compassion à tous ceux qui sont victimes de sa politique".

- Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, a ironisé mardi sur une "boule de cristal" dans laquelle Nicolas Sarkozy aurait lu que le chômage allait baisser. "Sur un ton paternaliste, (le chef de l'Etat) a développé le refrain qu'il nous sert depuis son élection : 'la France n'a pas besoin d'assistanat'", écrit-elle.
 
- Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche : "l'inspecteur Jack Malone sur France 2 va avoir du travail. Est porté disparu Sarkozy le ‘président du pouvoir d'achat' qui voulait ‘que plus personne ne dorme dehors d'ici deux ans'". Selon lui "Henri Proglio a trouvé un bon avocat" mais "mauvaise nouvelle pour les salariés: le président approuve l'idée de Martine Aubry de passer la retraite à 62 ans. Mauvaise nouvelle aussi pour les chômeurs en fin de droits, ils devront se contenter des bons sentiments du président. Celui qui a multiplié les aides pour les riches, veut les limiter pour les pauvres". "Son bagout n'empêchera pas le dégoût", a-t-il lancé.

- Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris : "il n'y a pas de quoi être époustouflé par la prestation du président de la République". "Il se voulait sympathique voire didactique. Il a surtout été fuyant, incapable de donner un sens global et surtout il n'a indiqué aucune solution pour sortir de la crise. Et il est peu probable que les Français se laissent duper par cette fausse convivialité".

- Jean-Michel Baylet, PRG : Nicolas Sarkozy "s'entête dans ses choix alors que les services publics se dégradent et que la crise sociale s'accentue". Le chef de l'Etat a "essayé d'endormir les Français à la veille des élections régionales en donnant l'impression qu'il mène la seule politique possible, et que les sacrifices qui doivent être consentis par les plus modestes sont indispensables".

- Marine Le Pen, vice-présidente du Front national : Nicolas Sarkozy a été "un président qui perd pied", un président "jouant en fond de court". Il a "tenu un langage schizophrénique" en dénonçant "les banques, les constructeurs automobiles, l'Europe ou la grande distribution. C'est pourtant sur tous ceux-là qu'il a déversé des dizaines de milliards".
   
- Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) "aurait pu être déçu par l'émission de TF1. Bien au contraire, nous avons été heureux d'entendre enfin Nicolas Sarkozy avouer : ‘je ne fais pas tout bien, loin de là...'". "Entre l'avalanche de bêtises - notamment ‘Avec l'apprentissage, on a 100% de chance de trouver un emploi'- le programme n'a malheureusement pas donné une seule solution aux Français, une seule annonce intéressante".

- François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem) :  "Au fond, tous les problèmes abordés étaient des problèmes sur lesquels des promesses avaient été faites durant la campagne électorale et la confrontation,  c'était entre ces promesses et la réalité que vivent les Français", a affirmé François Bayrou sur Radio Classique. "Et il y avait un choc énorme qui faisait que l'on voyait bien que la politique suivie n'avait pas répondu aux questions qui se posaient déjà il y a plusieurs années", a-t-il estimé. "Ce qui était frappant, c'était les visages fermés des onze français  sélectionnés. Chaque fois que l'un d'eux exprimait les difficultés qui étaient les siennes, Nicolas Sarkozy disait je n'accepterai pas", a souligné François Bayrou. "Quand on n'est pas président, c'est une promesse. Mais quand on est président, cela sonne comme un constat d'échec", a-t-il lancé en regrettant "le manque d'envergure et de perspective" de l'intervention présidentielle.

- Le Premier ministre François Fillon : "Le président de la République s'est montré une nouvelle fois à l'écoute des préoccupations des Français et soucieux d'assumer ses responsabilités au service de la France". Selon lui, le chef de l'Etat "a su expliquer que la réforme était la condition indispensable à notre redressement économique et au progrès social. Il s'est montré fidèle à ses convictions, mais aussi sensible aux interrogations et aux difficultés de nos concitoyens, auxquelles il a répondu avec franchise".

- Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP : "L'emploi est la question prioritaire pour les Français" et "ce que le président de la République a montré ce soir, c'est que ses priorités sont les mêmes priorités (que celles) des Français", a-t-il déclaré sur France 2.
 
- Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP : "le Président de la République a tenu un langage de vérité, loin des polémiques artificielles entretenues par l'opposition mais proche des préoccupations des Français. Il a répondu avec précision aux questions sans concession des Français réunis par TF1 sur le plateau". Pour le porte-parole du parti présidentiel, "cet exercice de pédagogie est une réussite car il a permis aux Français présents mais à travers eux à tous les Français qui ont regardé l'émission d'obtenir des réponses claires et franches à leurs inquiétudes". "Nicolas Sarkozy a montré une détermination et une volonté sans faille de poursuivre les réformes et de continuer d'adapter notre pays aux défis de l'avenir. Il a répondu avec courage en assumant ses responsabilités".

- Jean-François Copé, président du groupe des députés UMP : le président, "à l'écoute des Français et leurs préoccupations, a dit les choses en toute franchise et sans faux-semblants, sur la réalité économique et sociale, sur la crise et ses conséquences et sur les réformes à conduire".

La question

sarkozy voeux

Nicolas Sarkozy a-t-il été convaincant ?

Oui
Non

 
Retrouvez les réactions des internautes de TF1News aux propos du chef de l'Etat en cliquant ici.

A noter : Martine Aubry sera l'invitée du 20h de TF1 mardi.

 

le 25 janvier 2010 à 23:08
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71 Commentaires

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  • carouf2010, le 27/01/2010 à 19h58

    ..."cette question des salaires est très importante..."..."ça ne me choque pas..."... ....enfin moi, j'aurais également posé la question, trouvez-vous normal ou est-ce-que ça vous choque Monsieur le Président qu'une infirmière qui soigne, soulage la souffrance et la douleur, réconforte, accompagne...touche 1300? par mois ?!? ou qu'un enseignant qui enseigne, éduque, forme...élève...touche 1300? par mois...?!? ou que la consultation d'un généraliste conventionné qui garde son patient une demi-heure demande 22? (sachant que 50% repart en frais...) ...!?! ...quel mépris de la Cour qui nous gouverne et du chef de l'Etat français pour la France d'en Bas...à travers, ce "ça ne me choque pas..."...et ses pirouettes verbales lors du JT avec Laurence Ferrero Roche d'Or et Pierre Le Menahes... ...il a sans doute la mémoire bien courte...et oublie que les enseignants de ce pays permettent à des milliers d'élèves de s'assurer un brillant avenir, comme celui de chef d'Etat ou de grand dirigeant d'entreprise...et que tout le personnel de santé s'évertue et concourt à maintenir les français en bonne santé physique, mentale ou sociale...sans quoi, rien n'est possible... ...ça me fait penser au système des castes en Inde... ...et trouvez-vous normal, Mister President...il a parlé des salaires des sportifs et des footballeurs, qui le choquaient...que Mauresmo, Tsonga, Loeb...qui porte le veste France lors d'une Coupe Davis ou d'une course...ne participent pas au système français de solidarité auquel il est si attaché (il l'a dit lui-même)...puisqu'ils payent leurs impôts en Suisse, à Monaco, au Luxembourg, en Belgique (Optic 2000)...système de solidarité qui permet de payer les retraites, construire des piscines, fait fonctionner le système de santé à la française, offre une scolarité obligatoire et "gratuite" jusqu'à 16 ans, fait tourner les service publics...enfin, bref...participe de l'Identité nationale de ce pays...!?! ... et 57% des 8.6 millions de français qui l'ont regardé l'ont trouvé convaincant...!?! ...c'est dire la fiabilité des sondages CSA.. dernier comment...ils nous font un buzz avec Pierre Le Menahes...ça permet à Sarkozy de nous ressortir l'éternelle phrase sur "les soviétiques"...j'ai beaucoup aimé moi, la productrice de lait qui a pris un crédit de 5 ans pour payer son salaire de cette année...!?! ...ou l'infirmière aux urgences à qui il a demandé de "se saigner" 5 ans de + pour gagner ques miettes de +...c'est tout bénèf pour les retraites puisque cette infirmière ne fera pas de vieux os vu la pénibilité de son travail...enfin bref, après avoir justifié, défendu et affirmé haut et fort que le salaire de Proglio était normal et ne le choquait pas...!?!...57% l'ont trouvé convaincant...?!? ...République bananière comme disaient les anglais après "l'affaire Jean Sarkozy" de l'EPAD...

  • zhip, le 27/01/2010 à 12h05

    Au Père Noël et aux Comptes de Fées .. ;) On finira bien par avoir un chef d'état qui saura fédérer toute cette pagaille ?

  • ceska2a, le 27/01/2010 à 11h33

    Félicitations ! Donc merci de ne plus commenter la politique de notre pays.

  • kilian0611, le 27/01/2010 à 09h12

    Comme vous caiman j'ai pu voir l'embarras de Fabius quand est venu la demande d'eclaircissement sur la déclarations d'Aubry sur la retraite

  • kilian0611, le 27/01/2010 à 09h09

    Si d'autres pouvaient en faire de meme ;-)

  • syberya, le 26/01/2010 à 19h16

    Trop fort!!!! mdr...:o))))

  • agesti, le 26/01/2010 à 17h10

    Au lieu de critiquer, la gauche devrait remercier les Français d'avoir élu N.Sarkozy et ainsi lui éviter (à la gauche)de faire le sale boulot en pleine crise économique, et surtout, surtout de prendre des décisions, mot banni du vocabulaire des multiples dirigeants de l'opposition .

  • vladkr, le 26/01/2010 à 17h06

    On peut ne pas avoir voté pour Nicolas Sarkozy et être d'accord avec lui; un jour il a dit "la France, tu l'aimes ou tu la quittes". J'ai effectivement quitté le pays en voyant ce qu'il devient.

  • vladkr, le 26/01/2010 à 17h02

    C'est le sujet du film "bouquet final" ça.

  • zhip, le 26/01/2010 à 16h54

    Tant qu'ils ne comprendront pas que "Opposition" veut dire opposer un autre projet et comparer, et non pas s'opposer parce qu'on est pas d'accord. Les choses n'évoluerons pas ... Quand j'écoute la gauche, ce n'est pas des arguments, mais des gémissements que j'entends.

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