© SXC.HULe sujet divise à droite comme à gauche, et jusqu'au sein du gouvernement. Nicolas Sarkozy s'est prononcé mercredi dernier pour le vote par le Parlement d'une résolution interdisant le port du voile intégral, qui serait suivi d'une adaptation de la législation. Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a pour sa part proposé un projet de texte interdisant le port du voile intégral dans tout l'espace public, sans attendre les conclusions d'une mission parlementaire chargée de ce dossier. Hervé Morin, plus modéré, a proposé pour sa part une démarche plus consensuelle. Il a estimé ainsi que le port de la burqa ne peut être interdit ni au nom de la laïcité, ni en celui de la dignité de la femme. Une étude réalisée il y a une semaine a toutefois révélé chez les Français une adhésion forte au principe d'une interdiction : le vote éventuel d'une telle loi est approuvé par 74% des personnes interrogées pour ce sondage Ipsos pour Le Point. L'approbation de la loi est particulièrement forte chez les sympathisants du MoDem (75%), UMP (69%) et Front national (74%).
Voile intégral : à Sarkozy et au gouvernement le dernier mot
François Fillon a réitéré samedi qu'il y aurait un recours à la loi pour interdire son port et qu'elle serait votée au printemps après les élections régionales.
Publié le 30/01/2010
Fillon saisit le Conseil d'Etat pour bannir la burqa
le Premier ministre souhaite soumettre au Parlement d'ici la fin du mois de mars un projet de loi et demande au Conseil d'Etat d'étudier des "solutions juridiques" permettant l'interdiction "la plus large et la plus effective possible".
Publié le 29/01/2010
Alors, faut-il interdire ? Ne pas interdire ? Entre résolution, annonce de proposition de loi et polémiques, c'est peut-être la mission parlementaire sur le voile intégral, un peu oubliée jusqu'à présent, qui pourrait mettre tout le monde d'accord. Présidée par le communiste André Gerin, elle doit rendre son rapport le 26 janvier. Mais d'ores et déjà, son président, interviewé dans Le Figaro, dévoile la teneur de ces conclusions. "Une chose est sûre : dans les lieux ouverts au public (...) l'interdiction du voile intégral sera absolue". Il se dit à titre personnel pour une telle interdiction en ajoutant : "D'ailleurs, au sein de la mission parlementaire, personne n'est opposé à cette idée".
Copé, "un éléphant dans un magasin de porcelaine"
André Gerin avoue dans les colonnes du quotidien avoir découvert des situations qui l'ont choqué à l'occasion de cette mission parlementaire : "Dans certaines entreprises du CAC 40 se constituent des syndicats religieux ou communautaristes qui remettent en cause la mixité au travail, ou la tenue vestimentaire des femmes. Dans certains établissements scolaires, 50% des jeunes filles mineures sont exonérées de gymnastique ou de piscine, et des gamins contestent les cours d'histoire ou de sciences naturelles. Les enseignants nous supplient de les aider. En milieu hospitalier, des médecins hommes sont menacés individuellement par des gourous qui accompagnent des femmes voilées et qui exigent que leurs médecins soient des femmes".
Pour autant, reconnaît-il, l'élaboration d'une loi ne se fera pas sans difficultés : "Le problème, c'est le contenu de la loi, qui doit être élaborée de façon pluraliste, en prenant le temps nécessaire. J'espère que nous obtiendrons un point de vue partagé par toutes les sensibilités de l'Assemblée nationale". Il faudra pour cela "prendre en compte les notions d'ordre public, de dignité de la femme, de relations avec autrui. Pour être efficace, cette loi doit aller dans le sens de la libération des femmes contraintes". Et ne pas, à l'instar de Jean-François Copé, épinglé au cours de cet entretien, "confondre vitesse et précipitation" et se comporter "comme un éléphant dans un magasin de porcelaine".
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