
Le nom du successeur de Philippe Séguin, décédé en janvier, à la tête de la Cour des Comptes, a été dévoilé mardi par le vice-président UMP de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Michel Bouvard : il s'agit du député socialiste Didier Migaud, qui était jusqu'alors à la tête de cette commission. Le nom de Didier Migaud était revenu en force lundi, plusieurs médias annonçant comme pratiquement acquise sa nomination. D'autant qu'il y a peu, le chef de l'Etat lui avait rendu un hommage public, le qualifiant même d'un "mon ami".
Migaud refuse l'idée d'être une "prise" de Sarkozy
Le socialiste Didier Migaud, nommé premier président de la Cour des comptes par Nicolas Sarkozy, refuse l'idée d'avoir été recruté par le président dans le cadre d'une supposée "ouverture".
Publié le 27/02/2010
Cette ouverture à gauche... qui fait des vagues à droite
Avec les nominations de Didier Migaud et Michel Charasse, Nicolas Sarkozy poursuit une stratégie d'ouverture qui fait des vagues au sein de son propre camp.
Publié le 24/02/2010
Conseil constitutionnel : le tiercé gagnant
Les arrivées de Michel Charasse, Hubert Haenel et Jacques Barrot au sein des Sages du Palais Royal sont officialisées.
Publié le 24/02/2010
Charasse ira au Conseil constitutionnel
Selon des sources parlementaires, confirmant des informations du Figaro, l'ancien ministre socialiste a été choisi par Nicolas Sarkozy pour siéger au Conseil constitutionnel.
Publié le 23/02/2010
Depuis le décès de Philippe Séguin le 7 janvier, la question de sa succession n'avait cessé d'alimenter les rumeurs. Parmi les noms cités figuraient l'ancien ministre des Affaires européennes, puis du Budget, Alain Lamassoure, ou la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, qui s'était récemment dite "disponible" pour le poste. Le choix de Didier Migaud entre dans la stratégie du président Sarkozy de poursuivre l'ouverture à gauche. La semaine dernière, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, avait d'ailleurs affirmé que l'ouverture se poursuivrait. Il intervient en outre en pleine campagne pour les régionales des 14 et 21 mars pour lesquelles les sondages sont sombres pour la majorité présidentielle.
Comment succéder au tonitruant Séguin ?
Orfèvre de la technique budgétaire, ce juriste de formation de 57 ans, respecté de tous, a montré qu'il pouvait travailler en bonne intelligence avec la droite. "Père" de la Lolf (loi organique, nouvelle architecture des lois de finances) avec le sénateur UMP Alain Lambert, Didier Migaud rêvait de devenir ministre du Budget dans le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002). Finalement, il exercera sa passion budgétaire comme rapporteur général du budget. Cette double expérience a été particulièrement utile à ce fabiusien, député de l'Isère, à la tête de la commission des Finances.
Le nouveau premier président, magistrat inamovible, aura la lourde tâche de succéder au tonitruant Philippe Séguin, qui s'était efforcé depuis sa nomination à la tête de l'institution en 2004, de la dépoussiérer et de la rendre plus proche des préoccupations des Français. Celui qui se voulait le "poil à gratter" de l'Etat ne s'est jamais privé de critiquer la gestion de ses amis au pouvoir, quitte à susciter la polémique. Deux des principales promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, la baisse de la TVA dans la restauration ou le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ont ainsi essuyé publiquement ses piques après avoir été jugées trop coûteuses ou inefficaces par la Cour. S'il n'a pas le charisme d'un Philippe Séguin, Didier Migaud a pour lui sa très grande connaissance des rouages budgétaires de l'Etat.
Le député Jérôme Cahuzac sera proposé mercredi par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale pour prendre la tête de la commission des Finances.
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