Suivez à partir de 15h30 sur TF1 News Alors que le débat sur l'identité nationale est critiqué en raison de propos jugés racistes sur les immigrés, Le Nouvel Observateur révèle cette semaine qu'en 1924, le préfet avait ajourné la demandé de cet immigré grec. Officiellement baptisé "point d'étape", le séminaire de ce lundi à Matignon sur les débats sur l'identité nationale a, pour les éditorialistes, tous les aspects d'un enterrement. Selon un sondage TNS Sofres pour le ministère de l'Immigration présenté vendredi, 82% des Français estiment qu'il existe une "identité française". Pour 74% des sondés, elle a cependant tendance à "s'affaiblir". Après dix mois de travaux sur cette question controversée et plusieurs reports, le comité pour la mesure de la diversité et des discriminations a rendu son rapport. Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a signé un projet de décret refusant de naturaliser un étranger qui est marié à une Française et qui l'oblige à porter le voile intégral. Alors que selon un sondage, une majorité de Français estime que ce débat a été lancé à des fins électoralistes, le ministre de l'Immigration regrette de n'avoir pas créé un comité composé d'intellectuels de gauche comme de droite.
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l'intervention de François Fillon
A l'origine, c'est un "colloque final" qui était prévu le 4 février pour clôturer, en présence de Nicolas Sarkozy, trois mois de discussions dans les sous-préfectures et les préfectures autour de la question "Qu'est ce qu'être français ?". Mais il n'est plus question aujourd'hui de colloque final et le séminaire gouvernemental qui va se dérouler ce lundi à Matignon ne sera qu'un "point d'étape" du débat sur l'identité nationale. Le Premier ministre "va dire ce qu'il retient" de ce débat, a expliqué vendredi Eric Besson, soucieux de montrer que cette péripétie ne signifie pas un échec. "Un séminaire gouvernemental, c'est un honneur", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse consacrée à une enquête de TNS Sofres montrant que pour une écrasante majorité de Français (76%), il existe une "identité nationale française".
Reste que depuis son lancement il y a trois mois, ce débat n'a cessé de déchaîner les passions. Alors que la gauche et certains membres de la majorité reprochent au gouvernement d'avoir agi dans la précipitation et voulu jouer sur les terres de l'extrême droite à des fins électoralistes, l'exécutif avait à plusieurs reprises tenté de calmer le jeu. Le 4 décembre déjà, François Fillon était venu au secours du débat en assurant qu'il n'était pas de "circonstance", c'est-à-dire non relié au contexte électoral. Reste qu'après avoir été rapidement marqué par une réflexion xénophobe tenue par un élu local UMP en marge d'une réunion publique, le débat a ensuite été rythmé par les polémiques : propos controversés de la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano, virulentes attaques contre Eric Besson, coup d'éclat de Vincent Peillon autour d'un débat télévisuel...
Premières propositions
Pour mettre au point le séminaire de ce lundi, le chef de l'Etat a réuni vendredi matin à l'Elysée, selon une source gouvernementale, Eric Besson, qui revendique son soutien face aux critiques venant même de la majorité, ainsi que plusieurs autres membres du gouvernement. Le président de la République interviendra encore dans le débat, mais dans un délai et selon des modalités que le ministre de l'Immigration déclare ignorer pour l'instant. De même, Eric Besson s'est refusé à dévoiler les propositions qu'il compte soumettre à l'arbitrage du Premier ministre. "Il n'y aura pas nécessairement adéquation entre ces propositions et celles qui seront retenues", a-t-il prudemment averti.
Lors de ses interventions dans les discussions publiques, le ministre a par exemple plaidé pour une charte des droits et devoirs que les Français signeraient au moment de leur majorité. Certaines propositions émanant des 350 réunions publiques ou des 55.000 contributions sur le site dédié semblent avoir retenu son attention. Il s'agit notamment de la mise en place d'un service civique pour les jeunes (une proposition de loi en ce sens, adoptée jeudi par les députés, devrait être soumise de nouveau au Sénat fin février ou en mars), de la valorisation des symboles de la République, de la mise en oeuvre des cérémonies et commémorations dans une perspective plus large et festive et de la lutte contre le communautarisme et les discriminations.
D'autres propositions sont centrées sur l'immigration et l'islam, deux thèmes omniprésents dans les discussions. Elles concernent la création d'une "autorisation de séjour à points" rendant plus effectives les sanctions se rapportant au non respect des lois et des valeurs de la République. Pour les étrangers souhaitant la naturalisation, est suggérée l'idée d'un "nouveau contrat avec la nation" considérant comme un défaut d'assimilation "une pratique radicale de la religion". A contrario, les efforts exceptionnels d'intégration devraient être récompensés. Après les élections régionales, Eric Besson souhaite faire un tour de France afin de "soumettre les propositions à la pédagogie et à la critique".
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