Les régionales en Rhône-Alpes

Par Sylviane MOUKHEIBER, le 25 février 2010 à 11h17 , mis à jour le 09 mars 2010 à 15h55

Découvrez les enjeux du scutin.

Lyon sous la neige Les quais de Saône à Lyon © TF1 News/Pierre Picard
  • - Nombre d'habitants: 2e région de France - plus de 6 millions d'habitants
  • - Capitale régionale: Lyon
  • - Départements de la région: 8 départements: Ain (01) - Ardèche (07) - Drôme (26) - Isère (38)- Loire (42) - Rhône (69) - Savoie (73) - Haute-Savoie (74).


Enjeux de la campagne 
 
La région Rhône-Alpes à été longtemps une région de tradition centriste. Elle a été présidée par Charles Millon de 1992 à 1999, puis par Anne-Marie Comparini (UDF) de 1999-2004, avant d'être conquise par le socialiste Jean-Jack Queyranne. En une décennie le paysage politique s'est transformé. Progressivement toutes les grandes villes Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse ont été gagnées par le PS, seule Annecy est encore à droite. Quatre départements sur huit sont aujourd'hui dirigés par la gauche.
 
Depuis 2004, c'est un socialisme de centre gauche que pratique Jean-Jack Queyranne le président sortant (PS), qui cogère la région avec les Verts, les communistes et le PRG. Favorable dès le premier tour à une liste « arc en ciel » ouverte même au MoDem de François Bayrou, mais il n'a pas réussi à convaincre d'une alliance. Son bilan positif est son premier atout. Dans son programme : que « la Région soit utile aux Rhônalpins ». Il leur propose un « nouveau contrat », avec les entreprises, les jeunes, les chômeurs etc. et appelle à s'opposer à la politique d'inégalités menée par le gouvernement.
 
Venu de la société civile, Philippe Meirieu, professeur de sciences de l'éducation à l'université Lyon-II, a beaucoup fréquenté les Verts, avant de se décider à faire son entrée en politique. Il est tête de liste d'Europe Ecologie, fort des résultats aux élections européennes (18,2%). Les objectifs annoncés : conversion écologique de l'économie, aide systématique à l'économie sociale et solidaire, mise en œuvre d'une formation tout au long de la vie, actions fortes en faveur des jeunes et repenser le travail. Quant aux communistes ils se sont alliés au Front de gauche, lui cédant la tête de liste, menée par la conseillère régionale sortante Elisa Martin.

Au MoDem,  Azouz Begag, l'ancien ministre délégué à l'égalité des chances de Dominique de Villepin qui avait rejoint le parti de François Bayrou à l'élection présidentielle de 2007, est tête de liste régionale. Son objectif, le retour de la confiance, la proximité des citoyens avec les  élus, car  s'inquiète t-il « seuls 20% des Rhônalpins connaissent le nom de leur président de région ». La campagne électorale a été ternie par des divisions et des désaccords des centristes.
 
La droite unie semble avoir de maigres chances de reconquérir la région. Elle est emmenée par la députée européenne UMP Françoise Grossetête qui a remporté les primaires internes de l'UMP face à Jean-Claude Carle et Etienne Blanc, preuve que la page Charles Millon est bien tournée. La chef de file de la majorité présidentielle sait que la conjoncture n'est pas bonne pour son camp, mais affirme la force de sa liste « unie dès le premier tour ». Elle axe sa campagne sur le bilan du président socialiste, critique les « dérapages financiers » de l'exécutif sortant, pointe « une hausse de 23% de la fiscalité et 300 % d'augmentation de l'endettement » en six ans et promet de ne « pas augmenter les impôts durant les quatre ans à venir ».

Le score de la liste du FN conduite par Bruno Gollnisch est incertain. Jean-Marie Le Pen avait obtenu 6,81% aux élections européennes. Et les triangulaires ne sont pas souhaitées.
 
Atouts et faiblesses

La région Rhône Alpes se place en deuxième position derrière l'Ile de France pour son dynamisme économique. C'est une région industrielle, spécialisée dans des secteurs traditionnels comme l'équipement mécanique, la métallurgie, la  chimie ou l'électronique. Elle est aussi dotée de 15 pôles de compétitivité et mise sur les nouvelles technologies et sur la recherche.

L'emploi. La crise à été brutale. En un an, 20 000 emplois industriels ont été perdus. Le chômage est la première préoccupation des élus. Avec plus de 250 000 demandeurs d'emploi, le taux de chômage bien qu'inférieur à la moyenne nationale est passé de 6,4 % en 2008 à 8,6 % fin 2009.

Le chômage des jeunes a augmenté de 37% en un an. La Région met en place de nombreux  dispositifs d'aide au retour à l'emploi, de formation et d'accompagnement. Mais aussi des dispositifs de soutien des entreprises. Elle mise sur les secteurs de pointe.

L'Université est un atout stratégique de la région qui accueille deux des sept pôles de  compétitivité mondiaux : « Lyonbiopôle » spécialisé dans la santé et « Minalogic » à Grenoble spécialisé dans les micro et nanotechnologies. La région finance de nombreux projets de développement et accompagne le plan Campus lancé par le gouvernement en 2008.

 

Listes et résultats des régionales en Rhône-Alpes

Par Sylviane MOUKHEIBER le 25 février 2010 à 11:17
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2 Commentaires

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  • phil_grenoble, le 26/02/2010 à 16h56

    Rhône Alpes a toujours été une place économique forte et ne le doit en rien à ses politiques contemporains, surtout à l'échelon d'un scrutin régional. Cet enjeu est plus perceptible sur les aménagements urbains: routes ou transports en communs? mais Personne ne comprendrait des apprentis sorciers qui vous annonceraient "vous BAYER, vous polluez, alors Stop! suivi de: les petit poids bio, c'est mieux!"

  • jeffcc, le 25/02/2010 à 12h19

    Cette élection est intéressante à gauche car pour la première fois il y a une concurrence pour savoir si c'est le PS ou Europe Ecologie qui sera "aux manettes". Aux Européennes les résultats étaient d'ailleurs de 19% pour Europe Ecologie dans cette région et de 14% pour le PS, donc la bataille fait "rage". Sur le programme, la principale différence entre les deux listes c'est la stratégie économique : le PS veut continuer à aider toutes les entreprises, alors que les écolos veulent cibler sur des entreprises qui produisent des biens utiles et favoriser la conversion des filières polluantes ou condamnées à fermer vers des secteurs d'avenir. Il y a aussi la question du budget transport, le PS veut en garder une partie pour créer de nouvelles autoroutes alors que les écolos veulent mettre le paquet sur les transports en commun. Ce débat a vraiment lieu d'être et c'est bien d'avoir le choix.

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