© AFPUne femme en voile intégral, une carte de France aux couleurs du drapeau algérien d'où s'élèvent des minarets : l'affiche du FN pour les régionales provoque une polémique qui dépasse aujourd'hui nos frontières. L'Algérie proteste, mardi "officiellement" auprès de la France. Pour le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci : "C'est à l'Etat français de prendre les dispositions qui s'imposent lorsque des symboles de pays étrangers sont mis à genoux".
Le FN recycle l'affiche "non à l'islamisme" interdite par la justice
L'affiche avait fait la controverse. En se montrant vendredi sur son blog vidéo devant l'affiche barrée cette fois d'un "censuré par le gouvernement Sarkozy", Jean-Marie Le Pen entend ainsi protester contre des poursuites judiciaires.
Publié le 19/11/2010
La justice ordonne le retrait d'une affiche du FN
Cette affiche électorale du Front national représente une femme en niqab devant une carte de France recouverte d'un drapeau algérien et de minarets.
Publié le 12/03/2010
- Le Pen : Ma dernière campagne ? "C'est le bon dieu qui le dira !" - 03 min 58 s
- Marine LE PEN : - 27 s
Le ministère français des Affaires étrangères donne, lui, raison à l'Algérie : "Les autorités algériennes ont fait part hier de leurs protestations légitimes quant à l'usage extrêmement choquant qui est fait du drapeau algérien" a en effet dit BernardValero, porte-parole du Quai d'Orsay.
Sur le plan judiciaire, le MRAP et SOS Racisme prennent le relais de la Licra après que celle-ci est essuyée le rejet d'une demande d'interdiction. Jean Marie Le Pen "devra comparaître pour une première audience devant le tribunal correctionnel de Paris le 6 mai", a indiqué SOS Racisme.
"On assimile l'Algérie à l'islamisme, donc au fanatisme"
L'affiche incriminée diffusée d'abord par le mouvement de jeunesse du FN en région Provence-Alpes-Côte d'Azur puis sur son site internet est désormais visible partout en France. " Sous couvert de dénoncer l'extrémisme religieux, le leader frontiste a très clairement marqué sa volonté de susciter la peur et le rejet à l'encontre de toutes personnes de confession musulmane, mais également des Français d'origine algérienne et des ressortissants algériens vivant en France", a jugé SOS racisme.
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a demandé lundi au tribunal de Nanterre, d'interdire les mêmes affiches. Le tribunal rendra sa décision vendredi, à deux jours du premier tour des élections régionales. A l'audience, l'avocat du MRAP, Me Khaled Lasbeur, a évoqué un risque d'"émeutes", de "manifestations" et d'"effusions de sang", si les affiches ne sont pas retirées par la justice, des déclarations qualifiées de "totalement exagérées" par l'avocat du FN, Me Wallerand de Saint-Just. "On assimile l'Algérie à l'islamisme, donc au fanatisme", a dénoncé Me Lasbeur. "L'affiche n'attaque en aucun cas l'islam où les musulmans. Elle attaque l'islamisme", lui a répondu l'avocat du FN.
" Le drapeau algérien brandi comme une provocation"
"J'ai le sentiment que le Mrap, le Cran (Conseil représentatif des Associations noires) et autres petites associations de censeurs professionnels se font, somme toute, les porteurs de valises du gouvernement français qui, à la demande du gouvernement algérien, veut interdire cette affiche", a pour sa part déclaré Marine Le Pen sur France Info, faisant référence à ceux qui pendant la guerre d'Algérie soutenaient et aidaient le FLN.
"Sommes-nous oui ou non libres et souverains ou sommes-nous à la botte des ordres du gouvernement algérien", a-t-elle demandé. "Nos drapeaux sont régulièrement souillés, brûlés même. A-t-on le droit, oui ou non, de trouver cela scandaleux, de dénoncer l'islamisme", a ajouté la responsable du FN. Elle a revendiqué "le droit de critiquer le fait que ce drapeau algérien est brandi comme une provocation", faisant allusion notamment à la manifestation, émaillée de violences, de supporters algériens à Marseille après la défaite de leur équipe face à l'Egypte en novembre dernier.
Retour MYTF1
Le FN recycle l'affiche "non à l'islamisme" interdite par la justice
Chargement en cours...





