Gérard Longuet © eTF1Malek Boutih est "un homme de grande qualité mais ce n'est pas le bon personnage" pour la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, a déclaré Gérard Longuet, invité de "Questions d'Info LCP/France Info/AFP". "La Halde, cela veut dire que c'est la France qui s'ouvre aux populations nouvelles. Schweitzer, c'est parfait ! Un vieux protestant, parfait ! La vieille bourgeoisie protestante, parfait !", a-t-il souligné. A la question de savoir pourquoi M. Boutih ne correspondait pas, à ses yeux, au poste, il a répondu : "Parce qu'il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. Si vous voulez, les vieux Bretons et les vieux Lorrains - qui sont d'ailleurs en général Italiens ou Marocains - doivent faire l'effort sur eux-mêmes de s'ouvrir à l'extérieur". "Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération", a insisté M. Longuet.
Malek Boutih amer
Malek Boutih estime dans le Journal du Dimanche qu'en ne le nommant pas à la tête de la Halde, Nicolas Sarkozy a cédé face à "une droite conservatrice" qui a voulu "faire plier un président en situation de faiblesse".
Publié le 28/03/2010
Longuet : "j'ai appelé Malek Boutih"
Le patron du groupe UMP au Sénat s'est expliqué sur LCI à la mi-journée sur ses propos sur Malek Boutih, avec lequel il a conversé par télephone. La gauche multiplie de son côté les condamnations .
Publié le 11/03/2010
Interrogé plus avant, le sénateur de la Meuse a déclaré qu'il n'y avait "pas de Français de souche". "Je dis seulement que c'est la France qui doit s'ouvrir à l'extérieur, voilà, c'est tout", a-t-il affirmé. Dans un communiqué publié mercredi après-midi, M. Longuet a précisé qu'il "souhaite que le futur président de la Halde ne soit pas d'abord un militant politique mais bien une personnalité exemplaire de mesure et de sérénité au regard des changements de la société française enregistrés depuis plusieurs générations déjà". Plus généralement, s'agissant de l'ouverture, il a approuvé à l'émission Questions d'info la récente nomination du député socialiste Didier Migaud à la présidence de la Cour des comptes, un "signal fort", selon lui, en vue d'une "république apaisée". Mais, selon lui, ce sont "des signaux qui méritent d'être expliqués". M. Longuet "comprend très bien que ça ne plaise pas aux députés UMP, qui ne sont pas très contents, ni à notre électorat, qui se dit : +Mais de quoi s'agit-il ?+".
Harlem Désir, numéro deux du PS, s'est dit "scandalisé" mercredi et a demandé à l'UMP de "condamner" ces propos. "Ces propos sont, bien plus qu'un dérapage, une véritable théorie raciale totalement contraire à l'idée de la Nation républicaine et à l'égalité des droits entre les citoyens de toutes origines", a-t-il affirmé. "Cette hiérarchisation délirante des Français selon leurs origines est d'une gravité extrême et ne peut être tolérée de la part d'un parlementaire, président de groupe d'un grand parti au Sénat", juge M. Désir. "Il n'y a pas de Français de seconde catégorie, qui seraient moins fondés que d'autres à occuper des responsabilités qu'elles soient publiques ou privées". Pour M. Désir, "en assimilant les Français d'origine étrangère à des citoyens de second rang, Gérard Longuet tient un discours intolérable, aux relents racistes et qui justifie et légitime les discriminations". "Il ne propose rien de moins que d'écarter un citoyen d'une responsabilité publique à raison de son origine", estime Harlem Désir.
A l'extrême gauche de l'échiquier, les réactions sont également fortes. Ainsi, Olivier Besancenot, leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), a accusé mercredi soir le gouvernement et l'UMP, à travers les propos de Gérard Longuet sur Malek Boutih, de tout faire pour "siphonner les voix de l'extrême droite". Dans un communiqué, le parti communiste a qualifié quant à lui le commentaire du patron des sénateurs UMP de "choquant et raciste".
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